NAMUR-DINANT

Assises de Namur: Linda Weber condamnée à 5 ans avec sursis pour le meurtre de son mari

Assises de Namur: Linda Weber condamnée à 5 ans avec sursis pour le meurtre de son mari

Linda Weber, 56 ans, est reconnue coupable de meurtre ÉdA – Florent Marot

Le jury n’a pas retenu l’excuse de provocation plaidée par la défense. Il considère que l’accusée a eu une réaction disproportionnée face à la violence de son mari, qu’elle a tué de sept balles de revolver dans le thorax. Par contre, l’arrêt rendu sur la peine lui permet de sortir de prison.

Après environ cinq heures de délibération ce vendredi, le jury de cour d’assises de Namur a reconnu Linda Weber (56 ans) coupable du meurtre de son mari Richard Piron, le premier mai 2019 dans leur maison de Sorinnes (Dinant). Le jury n’a pas suivi les arguments de la défense de l’accusée, qui plaidait l’excuse de provocation. Les faits s’étaient produits dans un contexte d’alcool, de violence et de maltraitance qu’exerçait depuis de nombreuses années Richard Piron sur son épouse. Ce jour-là, alors que tous les deux étaient sous l’influence de la boisson, ils s’étaient disputés et il l’avait poussée violemment contre un meuble, ce qui lui avait occasionné une ecchymose au genou. Elle avait alors «vu noir» selon ses mots, et était allée chercher un revolver dans une armoire de leur chambre. Elle lui avait tiré six balles dans le thorax puis était allée recharger l’arme avant un 7e et dernier tir. Ses avocats avaient avancé que ce geste devait être compris dans le contexte de violence récurrente et «excusé» au sens légal du terme. Ce qui aurait eu pour conséquence de réduire la peine maximale encourue à 5 ans de prison. Mais le jury a écarté cette excuse de provocation, considérant que la réaction de l’accusée avait été disproportionnée. Les attendus du verdict relèvent notamment le nombre de coups de feu et la zone visée, le thorax, comme autant d’éléments démontrant la volonté de tuer.

Au terme ensuite d’une délibération sur la peine, les jurés ont condamné Linda Weber à cinq ans de prison, mais avec un sursis total, qui lui permet de sortir de prison. Le ministère public avait requis dix ans.