LIÈGE

PHOTOS | Grosse colère des syndicats sur la place de l’Opéra, à Liège

Les syndicats ont manifesté en front commun ce jeudi matin place de l’Opéra à LiègeCSC

Jeudi matin, les organisations syndicales ont manifesté leur colère face à cette indécente marge salariale de 0,4% maximum que les employeurs veulent accorder pour 2021-2022.

Fin de matinée, à Liège, les organisations syndicales en front commun ont manifesté leur colère face à cette indécente marge salariale de 0,4% maximum que les employeurs veulent accorder pour 2021-2022! Afin de respecter les règles sanitaires, CSC et FGTB avaient investi chacune des lieux différents mais avec un même message: «il est temps de valoriser les travailleurs!»

Les militants présents sur les deux places arboraient tous des chasubles résumant l’insoutenable réalité actuelle: un carcan pour les salaires mais aucune limite pour les dividendes. Un «deux poids, deux mesures» insupportable.

«Pourquoi les augmentations salariales devraient-elles être limitées alors que la croissance des dividendes et des profits ne connait, elle, aucune limite?» a lancé Jean-Marc Namotte, secrétaire fédéral de la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien à la tribune montée par la CSC sur la place de l’Opéra. Et il a rappelé «qu’augmenter les salaires, c’est bon pour l’économie et bon pour la sécurité sociale».

Les travailleurs ont dit tout le mal qu’ils pensent de la loi de 1996 qui cadenasse les salaires, ce que Jean-Marc Namotte a résumé de la sorte: «C’est une loi pour les actionnaires qui fonctionne sur base d’un logiciel truqué! L’engagement doit être pris de la changer…»

Jordan Atanasov, secrétaire permanent CSC METEA, a insisté: «0,4%, ce chiffre est indécent et inacceptable pour tous ceux et celles qui ont soutenu l’économie en restant à leur poste de travail malgré la pandémie et les risques encourus. Ces hommes et ces femmes se sont révélées indispensables. La reconnaissance de ces travailleurs doit passer par une réelle revalorisation des salaires négociée librement dans les secteurs et les entreprises. La pandémie bouleverse notre quotidien mais elle ne doit pas être un prétexte pour forcer un confinement des salaires!»

Parmi les autres prises de parole, celle de Béatrice Bolland, déléguée dans les titres-services. Faisant écho à la situation de son secteur d’activité, elle s’est exclamée: «Pour une aide-ménagère, une augmentation de 0,4%, ça correspond en moyenne à 7 euros bruts par mois! Pour travail qui (à l’heure actuelle) est considéré comme essentiel, c’est un scandale!»

Le mot de la conclusion, c’est un artiste liégeois qui l’a délivré sur cette place de l’Opéra, haut lieu de la culture, un des secteurs en grande souffrance actuellement. «Battez-vous, croyez en vous parce que 0,4% pour un salaire, ce n’est pas assez, mais le même pourcentage d’un combat multiplié par le nombre de travailleurs mobilisés, ça va faire bouger les choses!»