BELGIQUE

Accord interprofessionnel 2021-2022: pas de grève à l’ordre du jour, mais l’idée n’est pas exclue

Accord interprofessionnel 2021-2022: pas de grève à l’ordre du jour, mais l’idée n’est pas exclue

Le président du syndicat chrétien, Marc Leemans, met déjà en garde contre d’autres actions à venir. BELGA

«Les grèves ne sont pas encore à l’ordre du jour, mais elles ne sont pas exclues non plus», a déclaré le président de la CSC/ACV, Marc Leemans, alors que les syndicats ont mené une action en front commun jeudi matin devant la Banque nationale de Belgique (BNB) pour réclamer un accord interprofessionnel juste.

Les négociations entre syndicats et employeurs sur les salaires et les conditions de travail dans le secteur privé ont été suspendues mercredi. La pierre d’achoppement? Une marge salariale plafonnée à 0,4% pour les deux prochaines années. Ni acceptable, ni justifiée aux yeux des syndicats. Tandis que le patronat fait valoir la faible marge de manœuvre en cette période de crise sanitaire et économique.

Les syndicats se sont mobilisés ce jeudi, notamment devant la BNB, pour faire du bruit et crier leurs revendications. D’après eux, les secteurs qui obtiennent de bons résultats financiers devraient accepter une augmentation salariale supérieure 0,4%.

Le président du syndicat chrétien Marc Leemans met déjà en garde contre d’autres actions à venir, dans les semaines qui viennent, pour «informer le grand public et faire pression sur les employeurs, mais aussi le gouvernement».

Quelles formes pourraient prendre ces actions? L’idée de la grève n’a pas encore été évoquée, mais il ne faut pas l’exclure, prévient le syndicaliste.

Dermagne: aucun partenaire n’a officiellement et définitivement rompu les négociations

«Aucun partenaire n’a officiellement et définitivement rompu les négociations» sur l’accord interprofessionnel 2021-2022 et la répartition de l’enveloppe bien-être, a indiqué jeudi le ministre de l’Emploi et de l’Economie, Pierre-Yves Dermagne (PS), à la Chambre. «Je reste persuadé qu’un accord et des accords sont possibles», a-t-il ajouté, basant son propos sur les nombreux contacts entrepris ces derniers jours et dernières heures.

«Depuis hier (mercredi) après-midi, j’ai multiplié les différents contacts avec les deux bancs (patrons et syndicats, ndlr) et avec le président du groupe des dix», a déclaré à la Chambre Pierre-Yves Dermagne indiquant que deux réunions avaient pu être organisées. «Et aucun des deux bancs n’a demandé la médiation du gouvernement telle que prévue par la loi.»

Le ministre a rappelé son intention de jouer un rôle de facilitateur dans ces négociations, ouvrant la possibilité de travailler par circulaires «en concertation avec les partenaires sociaux» et «pour donner un peu d’espace à la négociation». «D’après les contacts que j’ai eu, je reste persuadé qu’un accord et des accords sont possibles», a-t-il conclu.

En début de semaine, les députés Marc Goblet (PS) et Raoul Hedebouw (PTB) ont déposé une proposition de loi visant à rendre la marge salariale indicative. Dans sa réponse, Pierre-Yves Dermagne a admis que «la loi de 1996, renforcée ou durcie en 2007, c’est selon, rend les négociations plus difficiles aujourd’hui qu’elles ne l’étaient hier».

Dans la majorité, le député MR Christophe Bombled a averti ses partenaires que son parti ne soutiendrait pas une révision de cette loi.