Faux test coronavirus: une pratique marginale mais dangereuse

Faux test coronavirus: une pratique marginale mais dangereuse

S’il est possible de se procurer un faux test PCR négatif en ligne, c’est au prix d’informations sensibles à confier aux faussaires. Robert Leßmann – stock.adobe.com

Les faussaires en ligne vous proposent de faux tests PCR négatifs contre 50 à 70€.

Oui, il est possible d’acheter sur les réseaux sociaux un faux test PCR négatif. Non, les faussaires ne sont pas légion sur Snapchat, Instagram et Facebook. Oui, il est facile de les neutraliser… temporairement. Décryptage.

Entre légende urbaine et exagération de la loupe médiatique, il est de bon ton de croire que les faussaires se bousculent sur les réseaux sociaux à l’heure de vous vendre à distance un certificat de faux test coronavirus crédible.

Certes, si vous lancez sur Snapchat une recherche sur les mots «corona test» ou «corona lab», le service vous renvoie des dizaines de résultats. Mais en poussant le test plus loin, vous découvrez bêtement que l’écrasante majorité de ces comptes sont muets.

Une seule proposition

Concrètement, nous avons contacté vingt comptes Snapchat répondant aux critères de recherche «corona test» avec le texte suivant: «Salut! J’ai besoin rapidement d’un test corona négatif d’un laboratoire belge. C’est possible? Merci».

En vingt-quatre heures, nous n’avons obtenu qu’une seule réponse, émanant du même compte qui a servi de base à un reportage de la RTBF.

Cette «structure» très peu discrète officie sur Snapchat, Instagram et WhatsApp. Elle ose même afficher un numéro de mobile français. Elle prétend être en mesure de fournir en trente minutes un test PCR négatif valable en Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas ou aux Émirats Arabes Unis. Prix: 50€.

Faux test coronavirus: une pratique marginale mais dangereuse
Sur vingt comptes suspects contactés sur Snapchat, un seul nous a répondu, celui qui assure aussi sa promotion sur Instagram. Captures d’écran

Infos sensibles réclamées

Dans la négociation nouée via le «chat» (conversation écrite), prix et délais prennent une autre tournure. Le tarif de 50€ est valable uniquement si vous acceptez de patienter plus de 12 heures avant de recevoir le précieux sésame. Pour une réception en moins de 12 heures, il est nécessaire de débourser 70€.

Si le mode de paiement (Paypal) n’est pas la plus dangereuse des options, le faussaire vous réclame par contre des données très sensibles : photo du passeport ou le nom, le prénom, le numéro du passeport, la date et le lieu de naissance, les dates du voyage, l’adresse email.

Pour mettre un terme temporairement aux agissements d’un tel compte, il suffit d’alerter le réseau social via une procédure classique de signalement. Nous l’avons fait sur Snapchat et Instagram et les deux réseaux ont rapidement fermé les comptes incriminés.

Coauteur du faux

Évidemment, les faussaires n’ont besoin que de quelques minutes pour renaître sous une autre identité, sous un autre nom de compte. C’est un jeu du chat et de la souris entre les faussaires et les autorités qui voudraient les traquer.

Comme le souligne le reportage de la RTBF, l’acheteur d’un faux test PCR est considéré comme coauteur du faux et de l’usage du faux. Avec en ligne de mire, la perspective d’une lourde sanction: un mois à cinq ans de prison, une amende de 26 à 3 000€.