COURSE À PIED

L’âge n’a pas d’emprise sur Patrick Philippe

L’âge n’a pas d’emprise sur Patrick Philippe

Où sont les limites de Patrick Philippe? Lui seul le sait. Léva

Du haut de ses 51 ans, Patrick Philippe affiche toujours une volonté de fer et une motivation sans faille. Le jogging, c’est sa vie.

Au départ d’un jogging, en observant les athlètes qui sont placés en première ligne, son visage détonne. À ses côtés, on retrouve des adversaires qui lui rendent dix, quinze, vingt et même parfois trente ans. Mais Patrick Philippe n’en a cure. Une fois la course commencée, son sourire s’efface et son esprit de compétiteur reprend le dessus. «Tout en gardant un bon esprit, je ne fais pas de cadeau. Si je cours, c’est pour être devant», assome l’athlète de l’AT Crisnée.

D’ailleurs, après ses débuts en course à pied, il ne lui a pas fallu longtemps pour jouer aux avant-postes, lui qui a découvert cette discipline alors qu’il avait déjà 27 ans. « Je me souviens très bien de mon premier jogging. C’était un 10km à Liège et je l’avais bouclé en 40 minutes, c’est plutôt pas mal, rigole Patrick Philippe. Ma première victoire remonte à une manche du Condrusien, en 2000. J’avais couru 3km seul devant, tout en n’arrêtant pas de regarder derrière. Je n’y croyais pas.»

Désormais, le Liégeois n’a plus besoin de se pincer lorsqu’il est aux avant-postes, lui qui a accumulé un nombre impressionnant de victoires sur les joggings de la région ainsi que des titres de champion de Belgique de marathon et semi-marathon, mais aussi un titre LBFA chez les Masters 50 en cross. Un palmarès acquis grâce à une hygiène de vie irréprochable. «On va dire que je suis comme le bon vin, j’ai bien vieilli, image ce comptable dans la vie de tous les jours. Je suis végétarien depuis plus de 20 ans. Au départ, j’ai arrêté la viande parce que j’avais lu qu’elle contenait pas mal d’acidité, ce qui provoque des blessures. Je me suis senti de mieux en mieux, j’ai perdu du poids et je n’étais jamais blessé, donc j’ai continué.»

Le tout en s’infligeant une énorme charge de travail, lui qui avale plus de 180km par semaine avec trois séances quotidiennes. «Une le matin, une à midi et une le soir, résume Patrick Philippe. Si je dis ça à un médecin, il va me prendre pour un fou (rires). Mais j’ai façonné mon corps pour ça. Et moi, je suis un adepte du volume. C’est simple, pour être performant, il faut courir. Non par pour optimiser mon entraînement, j’ai tout simplement envie de courir, de sortir. Par exemple, sur mon temps de midi, je vais juste faire 5-6 kilomètres tranquille. Mais ça me suffit, j’ai pris l’air. »

Une motivation à toute épreuve qui trouve aussi écho dans le couple qu’il forme, aussi bien dans la vie que durant ses entraînements, avec Irène Tosi. «Au moment de notre rencontre, il y a trois ans, j’étais un peu sur le déclin au niveau sportif. Et cela ma’reboosté, elle est arrivée au bon moment dans ma vie, abonde celui qui travaille également chez MJ Sport à Rocourt. Je suis d’ailleurs très fier d’elle, de sa progression. Elle est passionnée et a beaucoup de volonté. Elle a un caractère sans faille. Pour l’instant, je suis encore devant elle, mais elle va me dépasser un jour, c’est certain.» Ne dit-on pas que l’amour donne des ailes? L’histoire des deux Liégeois en est une belle preuve!