L’Internet par satellite d’Elon Musk: où en est-on en Belgique?

L’Internet par satellite d’Elon Musk: où en est-on en Belgique?

La fusée Falcon 9 se charge de mettre en orbite, mission après mission, les centaines de satellites de la constellation Starlink. SpaceX

Le milliardaire excentrique vous réclame 81€ pour précommander un accès Internet Starlink en Belgique.

Le milliardaire Elon Musk entend connecter le monde à Internet via une constellation de 11 943 satellites. Nom de code: Starlink. Ce projet pharaonique porté par son entreprise SpaceX passe la vitesse supérieure. En ligne de mire, l’ouverture des précommandes au grand public à cette adresse. Surprise, la Belgique est concernée… dans des conditions financières surprenantes. Explications.

Visionnaire excentrique, Elon Musk est l’homme de tous les défis : le véhicule autonome avec Tesla, la conquête de Mars avec SpaceX, l’implant neuronal avec Neuralink. Fondée en 2002, la firme aérospatiale SpaceX est également en charge du développement du réseau d’accès Internet par satellite Starlink.

En soi, la technologie de l’accès Internet par satellite n’est pas neuve. Susceptible de résoudre le problème des zones blanches, elle n’a jamais démontré sa viabilité. Plusieurs opérateurs se sont cassé les dents. Le cas le plus célèbre chez nous: Mobistar.

Pour réussir là où d’autres ont échoué, Starlink table sur le déploiement progressif de milliers de satellites appelés à couvrir les quatre coins du globe. Les chiffres donnent le tournis. Le réseau compte déjà 1 025 relais placés en orbite terrestre basse par 21 missions de la fusée Falcon 9.

L’Internet par satellite d’Elon Musk: où en est-on en Belgique?
La fusée Falcon se prépare à mettre en orbite 60 satellites censés renforcer le maillage du réseau d’accès à Internet Starlink. SpaceX

À raison de 60 satellites par lancement, c’est une inexorable marche en avant. La constellation Starklink devrait compter 4 425 satellites d’ici 2024. Aux USA, la Federal Communications Commission a approuvé dès novembre 2018 un plan de déploiement global de 11 943 appareils.

Acompte obligatoire

Titulaire de 10 000 clients privés, Starlink ouvre doucement ses portes au grand public à cette adresse. Après avoir encodé une adresse belge, le site vous indique que la firme vise «une couverture de votre zone en 2022». «La disponibilité est limitée», insiste la plate-forme avant de vous réclamer un acompte remboursable de… 99$ (81,63€). Starlink enfonce le clou: «Les commandes seront honorées sur la base du premier arrivé, premier servi.»

Bref, l’entreprise d’Elon Musk ose vous réclamer 81,63€ pour sécuriser votre accès en 2022 à une technologie aux performances encore floues. Pour l’instant, Starlink promet Internet à une vitesse oscillant entre 50 et 150 Mbps (mégabits par seconde) et une latence suffisante pour surfer, travailler et jouer.

Plus basiquement, Starlink sera-t-il vraiment disponible en Belgique l’année prochaine? Des autorisations majeures seront nécessaires. La firme américaine a noué fin 2020 un premier dialogue avec l’IBPT (Institut belge des services postaux et des télécommunications). Le gendarme des télécoms a répondu avec sa propre salve de questions, dont elle attend encore les réponses.

La révolte en France

Sur le terrain, le déploiement de Starlink peut poser de sérieux problèmes locaux, comme le démontre ce reportage diffusé sur France 2:

Par défaut, l’abonnement Starlkink s’appuie sur une antenne satellite, un trépied, un routeur. C’est la version élémentaire de la connexion, qui exige «une vue dégagée vers le ciel».

Pour contourner cette difficulté, Starlink peut également aménager des stations terrestres dont les grands capteurs sphériques récupèrent le signal satellite avant de l’injecter dans un réseau câblé. C’est exactement ce genre d’installation qui crée la polémique en France dans la commune de Saint-Senier-de-Beuvron (Normandie).

Starlink se prépare à construire en rase campagne une station composée de neuf dômes de 2,86 mètres de haut pour 2 mètres de large.