LIÈGE

PHOTOS | Trois chevaux recouverts d’excréments et maltraités à Liège: ils ont été saisis

Trois chevaux maltraités et détenus dans un environnement inapproprié ont été saisis mardi à Liège.

À la suite de plaintes de riverains introduites auprès de la cellule du bien-être animal de la Ville de Liège, un contrôle a été réalisé dans une exploitation par le vétérinaire communal et la Société Royale de Protection Animale de Liège. Une saisie de trois chevaux a ainsi été ordonnée pour cause de maltraitance. Animaux en Péril, le Rêve d’Aby et Animal sans toi…t sont intervenus mardi pour prendre en charge les trois équidés.

À leur arrivée sur les lieux, les spécialistes du bien-être animal ont découvert des chevaux pataugeant dans un mélange de boue et d’excréments dont ils étaient également couverts. Ils se partageaient un terrain jonché de déchets, dont certains tranchants, qui auraient pu les blesser. Au sein de ce dépotoir, l’abri de fortune des chevaux était en ruine et menaçait de s’effondrer à tout moment.

«Suite au procès-verbal dressé par la police, le propriétaire a fait acte d’abandon volontaire. Toutefois, ce n’est pas cela qui lui permettra d’éviter les poursuites judiciaires ou administratives», insiste Sophie Locatelli, Vice-Présidente d’Animaux en Péril. Une intervention délicate en raison de l’agressivité du propriétaire.

Au vu de l’état sanitaire des équidés, ceux-ci n’ont pas bénéficié de soins vétérinaires depuis fort longtemps, selon l’association. Les sabots recourbés «en babouches» de l’un d’entre eux révèlent une absence totale de soins des pieds. Celui-ci a peine à mettre un pied devant l’autre. La preuve en est qu’il s’est directement couché, une fois embarqué dans le van du refuge d’Animal sans toi…t.

Un autre cheval a énormément de difficultés à se déplacer en raison de ce qui semble être une fracture de la hanche. L’animal boite, traîne la jambe derrière lui et manque de tomber à plusieurs reprises lorsqu’il tente de rejoindre le van d’Animaux en Péril.

Les rescapés ont rejoint les écuries respectives des trois sanctuaires afin d’y profiter des meilleurs soins et de conditions de détentions optimales. Ils seront rapidement pris en charge par les vétérinaires et les maréchaux-ferrants des refuges. Une fois revalidés, d’ici quelques semaines, ils pourront bénéficier pleinement des installations adaptées et de la bienveillance des soigneurs professionnels et des bénévoles. Ils partageront ensuite une vie en communauté en toute sécurité.

La police a dressé un procès-verbal pour acte de maltraitance manifeste. Le propriétaire pourra écoper d’une amende et être poursuivi au pénal ou administrativement. Si le parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer le propriétaire devant le tribunal correctionnel. Sur base de l’article D8 du Code wallon du Bien-être animal, celui-ci risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros. Si le parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.