WATERLOO

Lockdown party à Waterloo: citations directes contre les policiers

Lockdown party à Waterloo: citations directes contre les policiers

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Faux départ pour le dossier de la «lockdown party» du 18 décembre dernier. Les «organisateurs» annoncent des citations directes contre la police

En optant pour la procédure accélérée avec renvoi en correctionnelle du couple Simonis-Grosjean et de leur fille, le parquet avait misé sur le sprint court mais, au train où vont les choses, les protagonistes pourraient se retrouver sur la ligne de départ d’un marathon.

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Le 11 janvier, le tribunal accorda aux parties à la cause un rabiot de quinze jours pour demander et faire exécuter d’éventuels nouveaux devoirs d’enquête.

Elles se sont retrouvées ce mardi, audience fixée par le tribunal pour établir en théorie un calendrier d’échanges de conclusions entre avocats et fixer la date des plaidoiries. Tel n’a pas été le cas.

En effet, les avocats du couple ont annoncé le dépôt d’une citation directe contre des policiers coupables, selon lui, d’avoir été les premiers à porter des coups alors que, selon les rapports des forces de l’ordre, ils n’ont fait que leur devoir. Il fut même question d’un dépôt de plainte au Comité P.

La présidente Sophie Sterck, à qui, pour reprendre une expression familière, «on ne la fait pas», mit aussitôt les choses au point.

«Selon moi, le dossier peut être examiné en l’état. Une plainte devant le Comité P? Fort bien, je remets le dossier sine die. Des plaintes avec constitution de parties civiles contre des policiers? Je m’étonne qu’elles n’aient pas encore été déposées. Moi, je vois très clair dans ce dossier. J’invite les parties à lire ou à relire la circulaire du parquet général qui met en œuvre les mesures Covid. Elle définit de manière stricte ce qu’on doit entendre par Lockdown party et elle enclave les visites domiciliaires en flagrant délit.»

21 policiers se sont constitués parties civiles

La présidente entrouvrit également le second dossier mis à charge de Valérie Grosjean poursuivie pour avoir, en août 2020, porté des coups à sa fille. Une jonction des deux causes avait été évoquée le 11 janvier, mais rien ne dit que ce sera le cas si les choses devaient traîner dans le premier dossier.

«On verra», conclut-elle avant de fixer au 2 mars l’audience où on pourrait enfin établir le calendrier des conclusions et déterminer une date pour les plaidoiries. Elles pourraient se dérouler dans la salle de la cour d’assises bien plus vaste que celle où se tiennent habituellement les audiences correctionnelles. Il y aura en effet encombrement évident dans la mesure où on a appris ce mardi que 21 policiers se sont constitués parties civiles…

 

Le nez cassé: pas une chute accidentelle, selon le tribunal

Les images de l’intervention policière abondamment diffusées sur les réseaux sociaux, de manière tronquée d’ailleurs, tout le monde en convient, ont été commentées en sens divers selon les tenants de l’une ou l’autre partie.

Il fut notamment question des circonstances dans lesquelles éclata le nez de la mère, Valérie Grosjean. Pour les uns, elle avait en quelque sorte accroché une bordure et avait chuté d’elle-même.

Pour d’autres, le nez cassé était la résultante de l’échauffourée qui mit aux prises d’une part les policiers, de l’autre, le père, la mère et la fille. C’est cette seconde branche de l’alternative que retiendra le tribunal qui a également acté que trois policiers avaient reçu des coups.