MARCHE-EN-FAMENNE

VIDÉO et PHOTOS | Un catalogue pour partir sur les traces de l’artiste surréaliste Rémy Van den Abeele

Jean-Pol Van den Abeele, le fils de l’artiste Rémy Van den Abeele, publie un catalogue inventoriant les œuvres peintes par son père. Il l’a présenté au Famenne & Art Museum (FAM) de Marche-en-Famenne qui expose de manière permanente 37 de ses œuvres.

C’est à un véritable travail de bénédictin que se sont adonnés, depuis dix ans mais plus intensivement depuis quatre ans, Jean-Pol Van den Abeele, le fils de l’artiste Rémy Van den Abeele, et son collaborateur technique et ami Jacques Baudoux. Ensemble, ils ont tenté de recenser toutes les œuvres peintes par Rémy Van den Abeele, un artiste multiforme qui, bien qu’il ait toujours refusé qu’on lui colle toute étiquette, appartient au courant surréaliste.

Résultat de ce minutieux travail de recherche, souvent à travers le monde: un épais ouvrage, intitulé «Rémy Van den Abeele: catalogue de l’œuvre peint», répertoriant 849 de ses œuvres. sur 464 pages.

 

«Il a bien fallu s’arrêter à un moment donné, concède son Jean-Pol, venu présenter le fruit de son travail au Famenne & Art Museum (FAM) de Marche-en-Famenne, où un large espace du musée d’art contemporain est dédié à l’œuvre de Rémy Van den Abeele, depuis 2018. Ce fut un travail long et ardu. Ce catalogue donne un aperçu aussi complet que possible du travail de toute une vie. Mais, bien qu’il comprenne tout de même 849 des œuvres peintes par mon père, il ne tend pas malgré tout pas encore à l’exhaustivité. Mon père a travaillé pendant près de soixante-cinq ans. Établir un inventaire de ses œuvres comme celui-ci ne se réalise que grâce à la collaboration de nombreuses personnes. Ma mère avait heureusement conservé et classifié une part importante de documents qui m’a beaucoup aidé. Des appels furent lancés dans la presse afin que les collectionneurs se manifestent. De nombreux documents originaux (lettres, catalogues, revues, livres, articles de la presse écrite) ainsi que des souvenirs partagés avec mes deux sœurs Claudine et Chantal ont enrichi mes recherches. Tous ces renseignements récoltés m’ont permis de recouper, préciser, confirmer des informations précieuses. Le galeriste Isy Brachot avec lequel mon père a collaboré pendant près de dix ans m’a également ouvert les portes de ses archives. Sans compter des amis qui ont apporté leur pierre à l’édifice.»

Des amis au rang desquels on retrouve Jacques Baudoux, ancien collaborateur du Soir qui a accompagné Jean-Pol Van den Abeele, depuis quatre ans, dans la conception technique de ce catalogue. «un travail à la fois fastidieux mais o combien passionnant, témoigne ce dernier. Trouver une iconographie adéquate de toutes ces œuvres n’a pas été une sinécure.»

Un espace lui est dédié au Famenne & Art Museum

Rémy Van den Abeele, un artiste qui, depuis quelques années, a été adopté par la ville de Marche. «On peut même parler d’histoire d’amour, souligne Thibault Cassart, le conservateur du FAM. Il y a ainsi eu en 2009, une large rétrospective organisée à la Vieille Cense de Marloie, sous la direction du conservateur de l’époque Luc Templier. Depuis 2018 et l’ouverture de notre espace dédié à l’art contemporain, Rémy Van den Abeele a le privilège de disposer de son propre espace avec toute une série de pièces qui témoignent de sa production. Nous organisons également des expositions temporaires sur base de son œuvre. Nous détenons 37 de ses œuvres, soit normalement la plus grande collection publique d’œuvres de Rémy Van den Abeele.»

Le catalogue en format A4 est proposé au prix de 25€ (+ 5,70€ de frais d’envoi postal) à verser au compte BE15 0010 4032 8030 avec la mention (Catalogue R. Van Den Abeele ainsi que votre adresse. Ou peut être retiré au FAM à Marche (084/32 70 60)

 

L’œuvre multiple d’un artiste qui a traversé tout le 20e siècle

Qui était finalement Rémy Van den Abeele, cet artiste auquel un vaste espace est dédié au Famenne & Art Museum (FAM)? Artiste surréaliste peut-être moins connu qu’un certain Magritte, qui l’a bien connu, l’œuvre de Rémy Van den Abeele brasse une grande part du 20e siècle.

Né en 1918 à Dampremy, Remy Van den Abeele s’ouvre assez tardivement à l’art en s’inscrivant à l’Académie des Beaux­-Arts de Binche, puis de Mons À cette étape décisive, succèdent une distinction au prix de la Jeune Peinture belge, des rencontres avec des acteurs majeurs de l’intelligentsia hennuyère, en ce compris avec René Magritte avec qui il échange au sujet de techniques picturales.

VIDÉO et PHOTOS | Un catalogue pour partir sur les traces de l’artiste surréaliste Rémy Van den Abeele
Rémy Van den Abeele a exploré bien d’autres disciplines que la peinture. -

Son talent et son style l’amènent à être repéré par Isy Brachot, galeriste du même Magritte, qui l’expose et le promeut.

Remy Van den Abeele poursuit ensuite son parcours en toute indépendance. Ses créations séduisent alors un public de collectionneurs et de particuliers. Le doute et l’intérêt soutenu des évolutions de la scène artistique mondiale le mènent à délaisser la peinture pour d’autres techniques, à les combiner, à revenir à ses premiers amours pour à nouveau tenter de nouvelles expériences. Ses œuvres entrent alors dans les musées.

Véritable «touche-à-tout»

Au-­delà de cette lame de fond, les très nombreuses expérimentations picturales bien moins connues encore de Remy Van den Abeele, révèlent un parcours nettement plus complexe que celui des trois périodes (périodes bleue, brune et blanche) de créations auxquelles son œuvre est souvent résumée. Outre la peinture – 849 œuvres sont répertoriées dans le catalogue réalisé par son fils, Rémy Van den Abeele s’est adonné à bien d’autres disciplines artistiques. «Pour chaque réalisation, mon père partait toujours d’un dessin. Il en a donc réalisé un nombre incalculable, indique son fils Jean-Pol Van den Abeele. Il s’est également adonné à la sculpture, à la création de meubles et de bijoux. Il a réalisé de nombreuses empreintes (inks) à base d’encre ou de négatifs,… Mon père était un peintre à périodes, certes, mais qui collait avec la réalité de son temps. Il a traversé tout le 20e siècle au fil de ses 60 ans de travail artistique. Même s’il n’aimait pas qu’on le catégorise, on peut dire que l’œuvre de mon père est de la période dite du surréalisme tardif, que certains associent parfois à l’hyper réalisme ou au réalisme poétique.»

Une œuvre à (re)découvrir au Famenne & Art Museum de Marche.

 


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