FLORENNES

Petite révolution à la base de Florennes: des techniciens civils pour entretenir les F-16

Petite révolution à la base de Florennes: des techniciens civils pour entretenir les F-16

Petite révlution au sein de la base aérienne de Florennes. BELGA

Les F-16 de la base militaire de Florennes seront désormais entretenus par des techniciens civils. Une première.

Deux industriels partenaires de longue date de l’armée, la Sabca et PBEC (l’ex-FN Moteurs), ont franchi une étape supplémentaire dans le soutien qu’ils apportent à la composante Air en détachant une quinzaine de techniciens aéronautiques qualifiés sur la base aérienne de Florennes pour pallier les départs de militaires à la retraite et permettre aux autres de se préparer à l’arrivée du futur avion de combat F-35A.

«Il a fallu faire preuve de créativité car ce n’est pas dans les traditions» militaires d’intégrer ainsi du personnel civil qui travaille sur des systèmes d’armes pointus aux côtés de techniciens militaires, a reconnu jeudi le commandant de la base, le colonel Philippe Goffin, en présentant cette collaboration élargie, qualifiée de «gagnant-gagnant» par les différents partenaires.

D’autres forces aériennes dans le monde, notamment aux Etats-Unis, sont nettement plus coutumières de sous-traitances poussées pour l’entretien de leurs systèmes d’armes par le secteur civil.

Le groupe aérospatial belge Sabca, qui a assemblé sous licence plus de 300 chasseurs F-16 dans les années 1970 et 1980, assure toujours les entretiens majeurs des avions belges et néerlandais ainsi que régulièrement américains dans son usine de Charleroi-Gosselies. Il a détaché depuis début janvier des techniciens à Florennes, au sein d’un «dock» dédié à la maintenance plus légère des 22 avions de la base, avec des «Flight Inspections» prévues toutes les 300 heures de vol.

Le motoriste Patria Belgium Engine Center (PBEC, anciennement FN-Moteurs), de Herstal, a fait de même pour assurer l’entretien des réacteurs F-100 PW-220E, dont 28 exemplaires sont attribués au 2e wing tactique de Florennes.

Cette collaboration sera étendue en 2022 au 10e wing tactique, opérant depuis Kleine-Brogel (Limbourg).

La composante Air est, comme l’ensemble de l’armée, confrontée aux départs à la retraite massifs de la génération des militaires «baby-boomers» - les personnes nées jusqu’en 1964 -, dont de nombreux techniciens, ce qui crée un «manque à court terme». Le recrutement de leurs successeurs a débuté «mais cela prend du temps» en raison de la durée de la formation de «quelques années, a souligné le colonel Goffin devant quelques journalistes.

La base de Florennes doit aussi, avant celle de Kleine-Brogel dans la foulée, entamer les préparatifs en vue de l’arrivée en 2025 des premiers chasseurs F-35 sur le sol belge. La livraison prévue des huit premiers appareils en 2023 et 2024 se fera aux Etats-Unis pour une période de formation des pilotes et des techniciens au sol.

Lors de cette transition, qui débutera dès fin 2021 et se poursuivra en 2022, toute une série de techniciens ne seront pas disponibles, a pour sa part expliqué le colonel Luc Cruysberghs, qui est gestionnaire de tout le matériel volant au sein de l’état-major de la Défense.

Celle-ci s’inspire en fait d’un projet pilote mené depuis deux ans sur la base de Beauvechain, où deux techniciens de la Sabca épaulent les militaires pour effectuer les visites 300 heures des hélicoptères Agusta A109.

«On (les militaires) a besoin de l’industrie», a ajouté le colonel Cruysberghs. Il a toutefois souligné que l’armée souhaitait conserver la capacité de mettre en œuvre, seule, les avions envoyés en opération - comme les quatre F-16 actuellement déployés en Jordanie pour combattre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Du côté de l’industrie, le CEO du groupe aérospatial Blueberry (issu du rachat de la Sabca par Sabena Aerospace), Stéphane Burton, a souligné que ce contrat représentait une «étape supplémentaire» dans les relations qui existent depuis plus de 40 ans autour du F-16 entre la Sabca et la Force aérienne.

Son homologue de PBEC, Menelaos Sidiropoulos, a pour sa part souligné que ce partenariat entre la Défense et son entreprise lui avait permis de gagner des clients pour l’entretien des réacteurs d’une quinzaine de forces aériennes étrangères et une certification par l’US Air Force.


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