LIÈGE

Stéphane Moreau caché derrière des parapluies et sous haute protection, le parquet demande son maintien en prison

Stéphane Moreau a comparu devant la chambre des mises en accusation, encadré par un important dispositif de sécurité policier.Eda Thomas LONGRIE

L’avocat de Stéphane Moreau a réclamé jeudi devant la chambre des mises en accusation de Liège sa libération sous conditions. Le parquet général a, lui, requis le maintien en détention préventive de l’inculpé.

L’ancien CEO de Nethys, Stéphane Moreau, a donc comparu sous haute protection policière, ce jeudi matin, dans la salle de la cour d’assises du palais des Princes-Evêques, au cœur de la Cité ardente.

Arrivé peu avant 9h dans l’enceinte du palais, l’ancien politicien est apparu derrière des parapluies cachant son visage aux nombreux médias présents.

Stéphane Moreau a été placé sous mandat d’arrêt il y a quinze jours 15 jours dans le cadre de l’instruction judiciaire du volet «rémunérations» de l’affaire Nethys. Il avait été libéré sous conditions par la chambre du conseil mais le parquet général avait décidé d’interjeter appel, prolongeant par cette démarche la détention de l’ancien bourgmestre d’Ans et ancien administrateur de Nethys.

BELGA L’avocat de Stéphane Moreau a longuement plaidé, jeudi matin. Sans surprise, son avocat, Me Adrien Masset, a sollicité sa remise en liberté sous conditions lors d’une audience qui aura duré près de trois heures. «Les débats ont été relativement longs», souligne Me Masset. «Lors de l’audience, j’ai mis en avant l’extrême faiblesse des indices de culpabilité. Cela devra faire l’objet de débats ultérieurs car on n’est pas ici pour cela. Pour le surplus, c’est de voir s’il y a un quelconque risque de collusion avec des tierces personnes qui existe et qui mériterait un maintien en détention préventive.» Des mesures alternatives existent et les six autres personnes inculpées en ont bénéficié. «Il faut donc confirmer la bonne décision qui avait été prise quinze jours plus tôt par la chambre du conseil.»

Le ministère public a, lui, demandé à la chambre des mises en accusation de prolonger la détention préventive de Stéphane Moreau.

On n’a assurément pas à faire à une association de malfaiteurs qui ont voulu toucher le jackpot.

Certaines zones d’ombre subsistent dans cette affaire, notamment par rapport aux «mains invisibles».

«Les zones d’ombre sont, en réalité, celles que la défense met en avant pour dire que tous les processus étaient parfaitement légaux», souligne Me Masset. «On n’a assurément pas à faire à une association de malfaiteurs qui ont voulu toucher le jackpot. Les indemnités de rétention, c’est un système parfaitement légal. C’est démontré par les meilleures études et les meilleurs bureaux d’avocat. On a pu démontrer également que la Région wallonne acceptait le principe de négociation pour éviter que des personnes partent suite à l’entrée en vigueur du décret gouvernance.»

À la sortie de l’audience de la chambre des mises en accusation, l’avocat de Stéphane Moreau dit regretter le climat détestable autour de cette affaire. «Il est jeté en pâture, il y a un déferlement médiatique extrêmement important qui donne un éclairage particulier au dossier.»

Inculpé d’abus de biens sociaux, de détournement par personne exerçant une fonction publique, de faux, d’usage de faux et d’escroquerie, Stéphane Moreau a été placé sous mandat d’arrêt le samedi 23 janvier dernier par le juge d’instruction liégeois Frédéric Frenay. Il est depuis lors incarcéré. Après avoir été écroué à la prison de Lantin, il se trouve désormais à la prison de Marche-en-Famenne.

Stéphane Moreau ne reconnaît aucun des faits qui lui sont reprochés et nie «avec force toute infraction. Stéphane Moreau affirme qu’il «est le bénéficiaire de décisions officielles des instances de Nethys, elles-mêmes les ayant adoptées sur la base des analyses, propositions et calculs effectués par un grand bureau spécialisé en la matière», ajoutant qu’il est «consterné par les reproches qui lui sont formulés».

Son avocat rappelle que «Stéphane Moreau est très combatif et ne baisse pas les bras. Il y a beaucoup d’arguments pour démontrer que le procès qu’on lui fait peut être qualifié de politique...»

Soulignons encore que la chambre des mises en accusation n’a pas pour mission de discuter du fond du dossier. Cette mission relève de la chambre du conseil.

L’arrêt de la chambre des mises en accusation est attendu cet après-midi.

Si la chambre des mises en accusation devait ordonner sa libération sous conditions, Stéphane Moreau pourrait quitter la prison de Marche-en-Famenne ce jeudi soir, voire ce vendredi matin.