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Marius Gilbert prend ses distances avec le film «Ceci n’est pas un complot»

Marius Gilbert prend ses distances avec le film «Ceci n’est pas un complot»

Marius Gilbert estime aussi que «Ceci n’est pas un complot» est un film «orienté». Reporters

À l’instar de Jacinthe Mazzochetti, anthropologue à l’UCLouvain, l’épidémiologiste Marius Gilbert ne cautionne pas le travail de Bernard Crutzen, réalisateur du documentaire «Ceci n’est pas un complot».

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Dénoncé par plusieurs observateurs neutres depuis sa sortie, le film « Ceci n’est pas un complot » de Bernard Crutzen fait désormais réagir plusieurs de ses intervenants.

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Ainsi, dans un post publié ce mercredi matin sur les réseaux sociaux, Marius Gilbert a décidé de prendre ses distances avec les sous-entendus et autres demi-vérités avancées par Bernard Crutzen.

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«Suite à de nombreuses interpellations, il m’apparaît nécessaire de préciser que mes interventions dans le documentaire de Mr Crutzen («Ceci n’est pas un complot») ne signifient en rien que j’accrédite les thèses qui y sont défendues», assure Marius Gilbert.

«J’ai été interviewé pendant près d’une heure en août et mes propos ont été conformes à ceux tenus durant cette période dans d’autres médias: tenter d’expliquer ce qui se passe, sans dissimulation, alarmisme ou banalisation, explique l’épidémiologiste de l’ULB. Sous le couvert d’une légitimité incontestable à réaliser une critique des médias sur la couverture de la crise, cette vidéo divise au lieu de rassembler et ne propose rien d’autre qu’un alignement d’éléments de dénonciation traités de manière orientée et superficielle.»

Et le chercheur du FNRS de préciser que Bernard Crutzen «a conservé les éléments qui alimentent sa thèse, c’est son choix et sa liberté».

Comme une anthropologue de l’UCLouvain

Dans un post privé cité par le journal «Le Soir», Jacinthe Mazzochetti, une anthropologue de l’UCLouvain également interrogée par le réalisateur verviétois, confirme également avoir été flouée.

«Si j’avais été informée du sujet véritable du film et/ou si j’avais eu l’occasion de le voir avant sa sortie, j’aurais refusé d’y apparaître», explique-t-elle. D’une part, parce que «le film pose, non pas l’hypothèse (avec questions, arguments, contre-arguments), mais la thèse d’une propagande médiatique consciente, malveillante, unilatérale». Et d’autre part, parce qu’il lui apparaît évident «que la manière dont le film est conçu ne peut qu’alimenter les groupes complotistes, aider à basculer ceux et celles, qui sur le fil, se posent de bonnes questions, mais risquent de trouver réponse du côté de groupes complotistes et/ou extrémistes».

«Contrairement à la conclusion énoncée, je ne pense pas que ce film participe à ouvrir un débat démocratique nécessaire, mais au contraire qu’il participe à cliver davantage et à alimenter non pas le doute et une pensée critique salutaire, mais la défiance généralisée», conclut Jacinthe Mazzochetti.

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