BRUXELLES

Action pour rendre la protection de réfugié aux parents des fillettes menacées d’excision

 Action pour rendre la protection de réfugié aux parents des fillettes menacées d’excision

Manifestation boulevard Botanique, à Bruxelles. BELGA

Quelques dizaines de personnes ont manifesté symboliquement, au nom d’une trentaine d’associations, devant le cabinet de la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances Sarah Schlitz, boulevard Botanique à Bruxelles, vendredi à 11h30, à la veille de la journée mondiale contre les mutilations génitales féminines.

Elles dénoncent le changement de pratique du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), qui ne reconnaît plus, depuis fin 2019, le statut de réfugié aux parents des mineures menacées d’excision.

Des pleurs de bébés ont été diffusés. Des poussettes et des poupons occupaient la place. «Bienvenue à l’orphelinat juridique de Sarah et Sammy» et «Bébé protégé + Parents refusés = Famille en danger» étaient lisibles sur des banderoles. Les manifestants portaient différents messages sur des pancartes, à commencer par le slogan «Ta maman ou ton clito».

Une délégation a été reçue virtuellement en amont de l’action par le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Sammy Mahdi, et à la suite de la manifestation par Sarah Schlitz. Cette dernière a pris la parole au rassemblement et a fait savoir qu’une étude sur les mutilations génitales féminines avait été demandée.

«Des deux côtés il y avait clairement une ouverture, car je pense qu’ils n’avaient pas spécialement conscience des implications pratiques du problème, étant donné que les parents finissent quand même par obtenir un statut», estime Marie Doutrepont, avocate au cabinet Progress Lawyers Network, qui a organisé la mobilisation avec le Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS). «On leur a demandé de rencontrer le CGRA pour trouver une solution concrète. Dans l’attente de cette solution, on a demandé à Sammy Mahdi de faire en sorte que des ordres de quitter le territoire ne soient plus délivrés à ces mamans et qu’elles puissent être hébergées dans des centres.»

Le CGRA a changé de politique fin 2019, ce qui a été entériné par des arrêts du Conseil du contentieux des étrangers (CCE). «La fillette est toujours protégée et la maman reçoit désormais une décision négative accompagnée d’un ordre de quitter le territoire», explique Marie Doutremont. «Elle devrait alors retourner dans son pays d’origine sans ramener sa fille qui est protégée. Ce qui arrive généralement c’est qu’elle reste ici en séjour illégal. Le CGRA lui dit d’aller voir l’Office des étrangers pour faire une demande de régularisation, qui est purement discrétionnaire. Ce n’est donc pas un droit. C’est conditionné au fait de trouver un travail, d’avoir un passeport, de payer 363 euros par adulte... Il y a une pratique à l’Office des étrangers de finalement leur accorder une régularisation, mais ces mamans vont alors devoir passer 6 mois, un an ou même deux ans dans la plus grande précarité, qui est aussi subie par les enfants». Elle pointe encore le coût de ces procédures.


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