SAINT-GILLES

«La crise aiguë du logement étouffe les plus précaires»: les occupants de la clinique Depage peuvent y rester

«La crise aiguë du logement étouffe les plus précaires»: les occupants de la clinique Depage peuvent y rester

Les occupants sont entrés à la clinique Depage, abandonnée, pour s’y loger. ÉdA – Mathieu GOLINVAUX

Les occupants de l’ancienne clinique Depage peuvent y rester jusqu’au 30 juin au moins. C’est ce qu’ont conclu les associations avec le conseil de l’action sociale du CPAS de Bruxelles.

Le conseil de l’action sociale du CPAS de la Ville de Bruxelles a approuvé ce mercredi matin la convention d’occupation temporaire avec les quatre collectifs de personnes sans-papiers et sans logements qui sont entrés dans l’ancienne clinique Depage le 18 décembre dernier. Elle sera signée dans les jours à venir par les différentes parties.

Le document autorise l’accueil d’un maximum de 80 personnes jusqu’au 30 juin prochain, date espérée pour la conclusion d’une vente initiée en ce début d’année.

Le CPAS de la Ville de Bruxelles a acquis le bâtiment en 2012. La clinique Depage, qui était locataire, a fermé il y a environ un an, après une opération de liquidation de l’ASBL en charge du fonctionnement de l’institution de soins. En conséquence, le CPAS de la Ville a décidé de procéder à la vente du bâtiment, qui a récemment été placé dans les mains d’un notaire pour trouver un acquéreur.

Crise aiguë du logement

Le CPAS a autorisé l’occupation durant les procédures de vente en raison du manque de places d’hébergement qui est criant en cette période hivernale marquée par la crise sanitaire. «Autant je suis convaincu que l’organisation de squats ne peut être admise dans un État de droit, autant je pense que c’est dans le dialogue et le respect que l’on peut dégager des solutions», estime Khalid Zian, président du CPAS de la Ville de Bruxelles. «La crise aiguë du logement à Bruxelles étouffe littéralement les personnes les plus précaires. Dans ce contexte, j’entends exploiter toujours plus systématiquement toute opportunité de convertir une inoccupation d’un immeuble en solution de logement temporaire.»

Le lieu a été baptisé «L’hospitalière» par ses occupants.

La Fébul, Fédération bruxelloise de l’Union pour le Droit au Logement, participera à la gestion du lieu. D’autres intervenants sociaux et médicaux participent à l’accompagnement des collectifs.

Le CPAS ajoute que la Région a accordé deux subsides pour l’accompagnement et l’aménagement.