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Yannick Bestaven, 3e à franchir la ligne d’arrivée, mais vainqueur du Vendée Globe 2020

Yannick Bestaven (Maître Coq IV) a franchi jeudi la ligne d’arrivée du Vendée Globe en troisième position mais a été déclaré vainqueur en raison de compensations dont il bénéficiait pour avoir participé au sauvetage de Kevin Escoffier.

Charlie Dalin (Apivia) a été le premier à boucler le tour du monde mercredi à 20H35, suivi de Louis Burton (Bureau Vallée 2) quatre heures plus tard, mais aucun d’eux deux n’était concerné par des compensations et ils terminent donc respectivement deuxième et troisième du tour du monde en solitaire.

Yannick Bestaven, qui participait à son deuxième Vendée Globe, a franchi la ligne d’arrivée dans une mer agitée à 4 heures 19 min et 46 sec. Il est donc arrivé 07 heures, 53 minutes et 59 secondes derrière Charlie Dalin.

Après le sauvetage de Kevin Escoffier, le jury du Vendée Globe avait décidé qu’une fois la ligne d’arrivée franchie, le temps de course de Yannick Bestaven serait décompté de 10 heures et 15 minutes.

L’Allemand Boris Herrmann (SeaExplorer-Yacht Club de Monaco) bénéficie lui aussi d’une compensation de six heures après ce sauvetage mais il a heurté un bateau de pêche mercredi soir et devrait désormais arriver «entre 10H00 et 11h00» jeudi, selon l’organisation de la course.

Le 8 novembre, 33 skippers avaient pris le départ. Huit ont abandonné durant cette course marquée par une météo difficile qui n’a pas permis de battre le record de 74 jours et 3 heures établi en 2017 par Armel Le Cléac’h.

 

«Une régate à l’échelle planétaire»

Yannick Bestaven dans une déclaration faite depuis son bateau aux organisateurs:

Yannick Bestaven, 3e   à franchir la ligne d’arrivée, mais vainqueur du Vendée Globe 2020
AFP
«On passe de la solitude totale à cette fête, ces lumières, ces gens qui sont là malgré le contexte compliqué. C’est un bonheur, je ne réalise pas encore ce qu’il se passe, je suis toujours dans ma course, alors que c’est terminé. C’est un rêve d’enfant qui se réalise.»

«Ça a été impressionnant ce Vendée Globe, ça n’a pas arrêté de faire le yoyo, c’est toujours revenu par derrière, ce n’était pas bon d’être premier en fait, quand moi j’étais premier, je me suis fait reprendre, là Charlie (Dalin, ndlr) je lui ai repris les heures suffisantes pour passer devant, avec le temps de compensation. On n’a pas chômé, ça a été une régate à l’échelle planétaire.»

«Ça a souvent été très serré, c’est encore très serré, quand on voit le nombre de bateaux qui arrivent dans le Golfe de Gascogne là en quelques journées, c’est énorme, c’est du jamais vu, c’est historique (...) Le Vendée Globe, c’est dur, on croit avoir pensé à tout, tout imaginer et on doit aller chercher des ressources bien profondes en soi. Ce qui est dur, c’est le stress avec ses bateaux qui sont violents, qui sont stressants, bruyants. Vivre en permanence sur le qui-vive, à l’écoute du bateau, dans des conditions difficiles. L’humidité, le froid, la solitude parfois aussi: il y a plein de choses qui sont difficiles dans le Vendée Globe.»