BELGIQUE

Activités extrascolaires: «Ce n’est pas ça que les ados demandent», déplore Bernard De Vos

Activités extrascolaires: «Ce n’est pas ça que les ados demandent», déplore Bernard De Vos

Dusan Kostic - stock.adobe.com

Bernard De Vos affiche une certaine amertume après la décision des Communautés de restreindre quelque peu les activités extrascolaires pour les moins de 12 ans et de les rouvrir aux adolescents, pour autant qu’elles aient lieu en extérieur.

«Oui, le sport, c’est bien, mais ce n’est pas la priorité. Ce n’est pas ça que les ados demandent. Encore une fois, le monde politique pense savoir ce dont les ados ont besoin, mais sans le leur demander!», fustige le délégué général aux droits de l’enfant, interrogé mercredi matin par Belga.

«Ce dont les jeunes ont besoin, c’est de reconnaissance, de participation, de respect. Ils ont besoin d’être entendus. Or, depuis le début de cette crise, le politique ne les écoute pas», selon Bernard De Vos.

«Ce dont ils ont besoin, c’est de compensations pour les pertes endurées: qu’on dise aux jeunes qui ont perdu leur job à cause de la crise qu’ils ont droit aux allocations de chômage, qu’on offre la gratuité des droits d’inscription à l’unif à ceux qui vont rater leur année. C’est ça des mesures qui disent aux jeunes: On s’intéresse à vous!».

Quant à la réduction des activités pour les moins de 12 ans, Bernard De Vos ne la comprend pas pleinement. «On entend dire qu’il faut donner priorité à l’école, mais on devrait plutôt dire qu’on veut donner priorité au système éducatif. Or, l’école ce n’est pas tout le système éducatif. Les activités extrascolaires, les loisirs, les contacts sociaux, c’est aussi de l’éducation!», insiste-t-il.

De plus, imposer aux parents de limiter les activités extrascolaires de leur enfant à une seule occupation par semaine va les placer face à des choix difficiles à expliquer ou à prendre avec leur enfant. Il pointe aussi la difficulté à vérifier le respect de cette limitation.

Pour M. De Vos, la réduction des bulles de contacts à dix enfants maximum va en outre poser de sérieux problèmes aux mouvements de jeunesse, habitués à fonctionner avec des groupes plus larges.

Quant à la logique derrière cette réouverture partielle des activités pour les ados, le délégué général aux droits de l’enfant regrette que le politique ait finalement choisi d’opérer ce rééquilibrage à l’intérieur même de la sphère ‘jeunesse’, sans chercher à dégager de la marge auprès d’autres secteurs, comme les entreprises notamment.

«On aurait par exemple très bien pu augmenter le budget de contacts des jeunes en contrôlant plus sévèrement le respect de l’obligation du télétravail», selon lui.