LIÈGE

Fornieri et Meyers libérés sous conditions: le parquet ne fait appel

Fornieri et Meyers libérés sous conditions: le parquet ne fait appel

La chambre du conseil a rendu son ordonnance: Fornieri est libre. Photo News

François Fornieri, ancien président du comité de rémunération de Nethys, a été libéré sous conditions, ainsi que Pierre Meyers. Le parquet général a décidé de ne pas interjeter appel.

La chambre du conseil de Liège a donc rendu son ordonnance ce mardi, dans l’après-midi. Son président a décidé de libérer sous conditions François Fornieri et Pierre Meyers.

Le ministère public a décidé de ne pas interjeter appel. «La chambre du conseil a confirmé les indices de culpabilité à l'égard de Messieurs Forneri et Meyers et les a remis en liberté sous conditions consistant notamment à ne pas rentrer en contact avec différentes personnes», a indiqué le procureur général Christian De Valkeneer. «Cette décision garantit le bon déroulement de l’instruction. Pour cette raison, le parquet général de Liège a décidé de ne pas interjeter appel de ces décisions. La position du parquet général tient compte également de l’âge de M. Meyers.»

L’homme d’affaires liégeois François Fornieri, le CEO de l’entreprise pharmaceutique Mithra et ancien président du comité de rémunération de Nethys, a comparu ce mardi en fin de matinée devant la chambre du conseil de Liège, qui devait statuer sur la prolongation ou non de son mandat d’arrêt. Tout comme Pierre Meyers (ancien président du CA), lequel a aussi comparu détenu et qui est inculpé des mêmes préventions.

Placés sous mandat d’arrêt jeudi dernier par le juge d’instruction Frédéric Frenay et incarcérés à la prison de Marche-en-Famenne, François Fornieri et Pierre Meyers sont inculpés de détournement par personne exerçant une fonction publique et abus de biens sociaux dans le cadre du dossier pénal lié aux rémunérations de l’ancien management de Nethys.

« D’abord, la chambre du conseil s’est déroulée de manière sereine », a expliqué l’avocat Me Philippe Culot, entouré de ses collègues Mes Georges-Albert Dal, Marc Dal et Jean-Dominique Franchimont, ce dernier assurant la défense de Pierre Meyers. « Le juge d’instruction a fait un rapport particulièrement long et objectif de l’ensemble des devoirs qui avaient été effectués, de ceux dont il envisage la réalisation dans les jours à venir. »

Lors de l’audience, l’avocate générale Séverine Masson a sollicité le maintien en détention préventive des deux inculpés «en expliquant quels étaient, selon elle, les éléments qui permettaient de considérer qu’il y avait des indices d’infractions».

«Des indices d’infractions que nous avons ensuite contesté», souligne Me Culot. «Parce que nous pensons que tant pour M. Fornieri que pour M. Meyers, il n’existe pas de participation à une quelconque infraction dans leur chef. C’était la première partie de notre plaidoirie. Ensuite, nous avons considéré que quand bien même il y aurait des indices, il n’y avait pas d’absolue nécessité de maintenir ces deux personnes en détention préventive. La meilleure preuve étant qu’avec des inculpations qui sont identiques, avec un souci du juge d’instruction qui est identique, celui de ne pas avoir de collusion entre les personnes. Il a été possible pour deux des inculpés de retrouver la liberté, moyennant des conditions très strictes de ne pas entrer avec des tiers. Ce qu’à quoi M. Fornieri s’est évidemment engagé» si jamais la chambre du conseil devait le libérer.

 

C’est compliqué pour M. Forneri de se savoir loin de son bébé, son entreprise.

 

«M. Fornieri est combatif, comme toujours», ajoute l’un de ses avocats, Me Philippe Culot, après avoir plaidé pendant deux longues heures devant la chambre du conseil de Liège «Il est heureux d’avoir pu prendre connaissance hier lundi d’un dossier qui est déjà particulièrement important mais qui dans aucune des pièces ne le met en difficulté. Sur quasiment 18 heures d’auditions, pas une seule fois dans les auditions des autres intervenants, les pièces saisies, il n’est en difficulté dans ce dossier. Cela le rassure, il est heureux. Par ailleurs, d’un point de vue humain, il est affecté par la situation actuelle. Il est détenu. Il est loin de l’entreprise qui est la sienne.»

Et l’un de ses conseils d’ajouter: «Son entreprise, son bébé, c’est Mithra. Mithra a besoin de M. Fornieri mais je pense que M. Forniera a besoin de Mithra. C’est compliqué pour lui de se savoir loin de son entreprise. Et puis il est éloigné de tous ses proches, une situation difficile à gérer.»

Toujours selon les avocats des inculpés, «cette instruction est poreuse». «Les personnes qui comparaissaient ce mardi ne sont pas les bénéficiaires des indemnités. Ces indemnités ont participé à l’élaboration de conventions… Le public voulait des mandats d’arrêts et des mandats ont été décernés.»

Selon Me Jean-Dominique Franchimont, l’avocat de Meyers, son client est combatif, mais affecté par le mandat d’arrêt. «La pertinence du mandat d’arrêt est en soi contestable dans la mesure où il n’y avait pas de risque de disparition de preuves, pas plus qu’il risquait d’y avoir la moindre collusion entre les personnes suspectées », dit-il.

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Pour rappel, c’est le 22 mai 2018 que le comité de rémunération de Nethys, composé de l’homme d’affaires François Fornieri (président), de Pierre Meyers et de Jacques Tison, validait le principe d’indemnités de départ octroyées aux anciens dirigeants de Nethys. Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer sont partis avec 15 millions d’euros.

Le conseil d’administration de Mithra a décidé de confier la fonction de CEO ad interim à Christophe Maréchal, qui occupe la fonction de Chief Financial Officer (CFO) chez Mithra depuis 2017.

Le conseil d’administration de la société biotech belge se dit convaincu que la poursuite des activités opérationnelles de l’entreprise «se déroulera de manière optimale» avec la nomination de M. Maréchal.