POLITIQUE

VIDÉO | Pierre-Yves Jeholet: «Le nord du pays ne peut pas nous imposer ce qu’on va faire dans le sud»

VIDÉO | Pierre-Yves Jeholet: «Le nord du pays ne peut pas nous imposer ce qu’on va faire dans le sud»

La fermeture des écoles doit être le dernier recours pour le ministre-président. -

Le ministre-président de Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet, était l’invité de la matinale sur Bel-RTL. Il a appelé au calme et à ne pas paniquer face à l’évolution de la pandémie.

Alors que la Flandre a décidé d’imposer une semaine de cours en distanciel la semaine précédent le congé de carnaval, Pierre-Yves Jeholet, ministre-président de Fédération Wallonie-Bruxelles, a affirmé que ce n’était pas le moment de restreindre la présence à l’école.

ll a confirmé que la stratégie entre le nord et sud du pays était différente.

«On ne peut pas sans arrêt dire que l’on se préoccupe de nos jeunes et prendre une mesure comme des fermetures d’école si les chiffres ne sont pas objectivés. C’est vraiment en dernier recours que la fermeture des écoles doit être sur la table. J’ai une crainte qu’on arrive à une fermeture des écoles alors peut-être que la situation sanitaire va entraîner d’autres décisions. Mais aujourd’hui, tous les experts affirment que les écoles ne sont pas le moteur de la contamination.»

Frank Vandenbroucke? «Il a été alarmiste, anxiogène»

 

Il tacle en passant le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke.

«J’en appelle au sang froid, y compris du ministre de la Santé. Il a été alarmiste, anxiogène, dimanche. Il ne mesure pas la panique qu’il crée auprès des acteurs de l’école, auprès des enfants et des parents» insiste Pierre-Yves Jeholet, évoquant les propos du socialiste sur l’importance potentielle des contaminations dans le cadre scolaire.

«La fermeture des écoles cela signifie que 900 000 enfants vont se retrouver à la maison. Je ne sais pas comment les parents pourront s’organiser. Tout cela aura des conséquences sur le travail, j’en appelle donc à une objectivation.»

Une réunion entre ministres fédéraux et des entités fédérées consacrée à la jeunesse aura lieu jeudi, mais le ministre-président francophone appelle surtout au calme.

«La Flandre a voulu prendre cette mesure de cours à distance, mais la semaine dernière nous ne sommes pas tombés d’accord. Mais bon, c’est comme le couvre-feu, la Flandre n’en voulait pas, c’est son choix. Mais on ne peut pas toujours nous imposer dans le nord du pays ce qu’on va faire dans le sud», affirme Pierre-Yves Jeholet.

Moins d’activités pour les plus jeunes au profit des plus grands

 

Pierre-Yves Jeholet a abordé également les activités pour les jeunes de plus de 13 ans. Il plaide pour la reprise d’une activité en plein air pour les plus de 12 ans tout en diminuant les activités pour les moins de 12 ans qui ont plus d’alternatives.

«Je m’inquiète de la situation des adolescents et des étudiants. Moi je souhaiterais qu’on puisse équilibrer la situation comme réduire les activités des moins 12 ans au profit des plus grands. Il faut leur donner des perspectives, une bouée d’oxygène. C’est de la solidarité.»

Cette ouverture pourrait déjà être d’application cette semaine ou la semaine prochaine si les ministres se mettent d’accord.

Un retour partiel dans les auditoires en mars ?

 

Même son de cloche du côté de la ministre Valérie Glatigny, interrogée sur La Première (RTBF). Comme le ministre-président, elle aborde également la nécessité de «donner des perspectives» aux jeunes, que ce soit les 12-18 ans via une future reprise de certaines activités extrascolaires (sport, etc.) ou les 18-25 via un retour partiel dans les auditoires.

«Je pense qu’une extrême prudence pourrait conduire à sacrifier la jeunesse, et que les mesures qu’on prend pourraient avoir à terme des conséquences beaucoup plus dramatiques que le mal qu’elles sont censées combattre», souligne la ministre.

«Il est difficile de continuer à regarder les étudiants dans les yeux et de leur dire que s’ils ont un mal-être, ils peuvent appeler un numéro vert. La vraie mesure pour leur permettre d’aller mieux, c’est de permettre par exemple une reprise du chemin des auditoires (pour les étudiants du supérieur), et une reprise des activités en extérieur ou avec protocole pour les 12-18 ans». Sur ce dernier point, «on n’y est pas encore», cependant, nuance-t-elle. On attend «une stabilisation des chiffres», d’être «rassuré par rapport aux variants».

Pour l’enseignement supérieur, Valérie Glatigny espère en revanche que les étudiants puissent revenir partiellement sur le campus dès mars.