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#Metoogay: des gays racontent à leur tour les violences sexuelles sur Twitter

#Metoogay: des gays racontent à leur tour les violences sexuelles sur Twitter

Image d’illustration Africa Studio - stock.adobe.com

Des milliers de gays témoignaient vendredi sur Twitter, sous le hashtag #Metoogay, des violences sexuelles qu’ils ont subies, dans la lignée des mouvements #Metoo et #Metooinceste et après des accusations de viol contre un élu de Paris et son conjoint.

Apparu jeudi dans la soirée, #Metoogay est utilisé pour témoigner de violences sexuelles. «J’avais 20 ans, lui plus de 30, il m’a invité chez lui après avoir donné une master class dans mon cours de théâtre. J’étais tétanisé. Il a dit ‘qui ne dit mot consent’. J’ai pleuré tout au long du rapport et il m’a dit ‘J’avais pas vu. Tu as aimé quand même?’«, écrit ainsi un internaute.

«A 16 ans, c’était l’un de mes meilleurs amis. À 21, c’était mon petit ami qui refusait mes ‘non’. À 26, c’était un plan cul qui m’a fait le combo violence, contrainte et menace», raconte un autre homme.

Ces témoignages surviennent quelques jours après le mouvement #Metooinceste, qui a vu des milliers de personnes raconter les violences sexuelles subies au sein du cercle familial dans l’enfance ou l’adolescence, dans la foulée des accusations portées par Camille Kouchner contre Olivier Duhamel.

Le hashtag #Metoogay a été également partagé après qu’un élu de Paris, Maxime Cochard (Parti communiste), et son conjoint ont été accusés de viol et d’agression sexuelle, ce qu’ils nient. Le parti leur a demandé de se mettre en retrait de leurs responsabilités au sein du PCF.

Un jeune homme a affirmé sur Twitter avoir été violé par eux à l’âge de 18 ans alors qu’il était dans une «situation particulièrement vulnérable».

Vendredi matin, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, a assuré de son «plein soutien» les victimes de violences sexuelles. «Si vous le souhaitez, des policiers, gendarmes et psychologues sont disponibles pour vous via http://arretonslesviolences.gouv.fr 24h/24», a-t-elle écrit sur Twitter. «Nous sommes de votre côté. Aucune violence sexuelle n’est excusable!»

Pour SOS Homophobie, «le mouvement #Metoogay marque une nécessaire libération de la parole de victimes de violences sexuelles». «Ces personnes doivent être entendues et protégées. On vous croit et on vous soutient», a écrit l’association.

«Ce n’est pas forcément spécifique à la communauté gay. Le nœud du problème, c’est le patriarcat. Nous n’avons pas réglé la question de la domination?», interroge Sébastien Tüller, en charge des questions LGBTI pour Amnesty France.

Depuis 2017 et une première libération massive de la parole des femmes autour du mot-dièse #MeToo, les témoignages brisant le tabou des violences sexuelles se multiplient et se structurent, portés par des personnalités publiques ou des secteurs de la société comme le sport, la restauration, ou le monde de la culture.

Dans son enquête «A la recherche du MeToo gay» pour le magazine Vice, le journaliste Matthieu Foucher concluait en septembre dernier que ces agressions restaient «l’un des plus grands tabous et impensés de la communauté».

Pour David Malazoué, président de SOS Homophobie, il y a une urgence à créer une culture du consentement dans les relations et modes de rencontre LGBT. «Dans l’imaginaire de certains dans la communauté gay, à partir du moment où il y a un début de drague, c’est comme si ça justifiait tout ce qui se passe après». «Il est parfois difficile d’être entendu comme victime, de dire: ‘Je suis allé au sauna mais les choses sont allées beaucoup plus loin que ce que je voulais’ «, explique-t-il.