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Italie: un ex-eurodéputé visé lors d’un coup de filet anti-mafia

Italie: un ex-eurodéputé visé lors d’un coup de filet anti-mafia

Image d’illustration Shjmira - stock.adobe.com

La justice italienne a annoncé jeudi l’arrestation de plusieurs dizaines de membres présumés de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, dans une affaire impliquant aussi deux responsables politiques, dont Lorenzo Cesa, ancien eurodéputé et chef du parti démocrate-chrétien UDC.

L’opération «Profil Bas» est pilotée par Nicola Gratteri, célèbre procureur anti-mafia à l’origine du «maxi-procès» de la ‘Ndrangheta dans lequel plus de 350 personnes comparaissent depuis le 13 janvier en Calabre.

Selon un communiqué du parquet calabrais de Catanzaro, 13 membres présumés de la ‘Ndrangheta ont été incarcérés tandis que 35 autres personnes ont été assignées à résidence au cours du coup de filet mené jeudi.

Ces personnes sont accusées de fraude fiscale, à travers des fausses factures, d’association de malfaiteurs et d’avoir obtenu illégalement des marchés publics, essentiellement dans le domaine des équipements de protection individuels (masques, casques, gants, etc.), selon le communiqué.

Parmi les personnes assignées à résidence figure Francesco Talarico, secrétaire régional de l’UDC en Calabre et «ministre des Finances» du gouvernement régional.

Il est soupçonné d’avoir accepté «un paquet de votes» promis par la ‘Ndrangheta lors des législatives de mars 2018, promettant en échange de faciliter au groupe criminel visé l’obtention de marchés publics.

M. Talarico, inconnu du grand public, a entraîné dans sa chute Lorenzo Cesa, chef de l’UDC, bien plus connu et sur le devant de la scène politique depuis plusieurs décennies, élu à plusieurs reprises à la Chambre des députés italienne et au Parlement européen.

M. Cesa est soupçonné, selon le communiqué, de «médiation» entre les deux parties, Talarico et le groupe criminel, ce qu’il a immédiatement nié. Il a néanmoins démissionné de son poste de chef de parti.

«Comme toujours, j’ai une pleine et totale confiance en l’activité de la magistrature», a assuré M. Cesa, qui demande à être interrogé «le plus rapidement possible par le parquet compétent», selon les médias italiens.

Les enquêteurs ont examiné 1.800 comptes et 388.000 opérations bancaires pour un chiffre d’affaires estimé à 250 millions d’euros. Ils ont également intercepté 266.500 conversations téléphoniques, précise le communiqué du parquet de Catanzaro.