LIÈGE

Une scolarité compliquée pour les enfants aveugles et malvoyants en pleine crise du coronavirus

Une scolarité compliquée pour les enfants aveugles et malvoyants en pleine crise du coronavirus

Les mesures sanitaires en vigueur ne facilitent pas la tâche aux enfants pour qui, devant déjà se passer du canal visuel, le port du masque est contraignant. La Lumière

Une trentaine d’enfants aveugles et malvoyants sont accompagnés dans leur scolarité par l’ASBL liégeoise La Lumière.

Ils s’efforcent depuis des années d’amener les enfants atteints de déficience visuelle sur les bancs de l’école. Ces professionnels spécialisés accompagnent individuellement les enfants aveugles ou malvoyants, leur permettant de «suivre une scolarité traditionnelle», selon l’ASBL liégeoise La Lumière, qui oeuvre depuis 100 ans à l’encadrement médico-social des personnes déficientes visuelles afin de leur permettre de trouver l’autonomie, l’inclusion sociale et la citoyenneté.

Parmi les centaines de personnes qui la fréquentent, une trentaine d’enfants sont encadrés par l’association en maternelles, primaires et secondaires. «Une logopède spécialisée accompagne l’enfant dans l’école de son choix et dans les locaux de l’ASBL, en fonction des besoins», précise l’ASBL. «Un service de transcription des cours en braille est également assuré et les familles ont reçu des barrettes braille à relier aux ordinateurs.»

À la suite de la crise du Covid-19, «le travail des logopèdes a cependant été adapté». Ils ont dû s’ajuster à la modification des horaires «pour tenir compte des contraintes», à l’augmentation du prêt de matériel adapté «et ont dû mettre en place des conseils spécifiques ou un accompagnement à domicile pour faire face au travail en distanciel pour les élèves du secondaire».

Une scolarité compliquée pour les enfants aveugles et malvoyants en pleine crise du coronavirus
Juliette en plein travail au sein de son école. La Lumière
En maternelle et en première primaire, le port du masque est contraignant. «Les plus petits patients doivent déjà se passer du canal visuel alors si, en plus, le canal auditif est perturbé par le port du masque, cela ne facilite pas les apprentissages», précise Angéline, logopède spécialisée. «Les contacts physiques provoquent également du stress, ils sont pourtant indispensables pour les guider.»

«Pour limiter les contacts, nous remplaçons certaines séances prévues dans nos locaux par des séances en visioconférence mais c’est parfois très compliqué pour certaines matières, comme lors de la présentation de graphiques notamment», explique Lydie, logopède spécialisée. «Nous les retravaillons alors pendant les récréations.»

Estelle, la maman de Lucie et Simon qui sont inscrits en 4e secondaire, les travaux que

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Simon devant son ordinateur. La Lumière
reçoivent ses enfants en dernière minute sur leur plateforme de travail doivent être transférés à l’ASBL «pour qu’ils soient adaptés en braille». Ce qui «est fait directement», précise-t-elle. «L’association nous a également fourni des barrettes braille reliées aux ordinateurs et nous a expliqué à distance comment les utiliser. Grâce à ça, les enfants peuvent faire leurs tests de français à domicile plus facilement.»