SPA

À l’agonie, le secteur horeca de Spa écrit aux ministres

À l’agonie, le secteur horeca de Spa écrit aux ministres

Laurent Dethier, président de l’Association Hôtelière des Hautes Fagnes. ÉdA Philippe Labeye

Le secteur horeca de la région de Spa lance une pétition et écrit aux ministres du Fédéral et de la Région.

Après six mois de fermeture, le secteur de l’horeca est «à l’agonie». L’Association Hôtelière des Hautes Fagnes (AHHF) et l’Association Restaurants et Hôtels de Spa et Environs (ARHSE) écrit une seconde lettre aux ministres des gouvernements fédéral et de la région wallonne. Les associations lancent une pétition, aussi, qui a déjà récolté plus de 1000 signatures en quelques jours (www.petitionenligne.net/laurent_dethier).

Voici leur cri de détresse, l’appel rédigé par Laurent Dethier, président de l’AHHF:

«Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre des Indépendants, Madame la ministre wallonne du Tourisme, Monsieur le ministre wallon de l’Économie,

Depuis mi-octobre, tout le secteur est à l’arrêt et aucun lien de cause à effet ne peut être imputé au secteur horeca comme étant vecteur de transmission du virus… Les établissements horeca ont fait beaucoup d’efforts pour respecter les mesures imposées par notre gouvernement: distance entre les tables, plexi, désinfection du mobilier, registre des clients, masques… Malgré toutes ces mesures, nous avons été contraints de fermer nos établissements.

À ce jour, et depuis le début du confinement du 15 mars 2020, nos établissements ont été fermés 184 jours, soit plus de six mois de fermeture administrative sur l’année. Les pouvoirs politiques ne semblent pas prendre conscience de notre souffrance. Ni de celle de nos salariés. Ni de celle de nos fournisseurs. Cette situation devient difficile à vivre aussi bien d’un point de vue financier, émotionnel que psychologique.

Les aides perçues par le Fédéral et la Région sont les bienvenues, certes, mais ne nous permettent plus de survivre, ni de payer les factures, les loyers, les charges fixes (téléphone, eau, gaz, électricité, chauffage, assurance, terminaux de paiement, Sabam, contrôle de sécurité incendie, expert-comptable, secrétariat social, entretient général du bâtiments, cadastre, taxes communales et provinciales…) auxquelles nous devons néanmoins faire face tous les mois. La situation du secteur est dramatique. Jour après jour, on s’approche dangereusement du précipice. Demain, nous ne serons plus en mesure de garder nos établissements en vie. Nous sommes à l’AGONIE! Encore un mois de fermeture et on parlera de PRJ et de faillites en cascade. Nous devons rouvrir rapidement, c’est une question de survie….

Mais rouvrir aujourd’hui, n’est malheureusement plus suffisant… Nous avons besoin d’un plan de relance, car le secteur est exsangue. C’est pourquoi nous réclamons: un gel de la TVA à 6% pour la nourriture et les boissons non-alcoolisées; une annulation de cotisation sociale et des charges patronales pour l’année 2021; le salaire garanti à 100% pour le personnel; une harmonisation des primes pour toutes les régions du pays; un gel des loyers pour les locataires ou un remboursement pour la période de fermeture; une exonération du cadastre pour les propriétaires; un moratoire sur l’obligation des reports de crédits; un prêt d’état à 0% d’intérêts pour les crédits caisses et pour les investissements; l’obligation des assurances de prendre en charge nos pertes d’exploitations; une déductibilité à 100% des frais de restaurants pour les sociétés; une prolongation de moratoire sur les faillites, jusque fin 2021; promouvoir les vacances chez nous et faire vivre l’économie de notre pays; une déductibilité fiscale (IPP) pour les citoyens belges pour un séjour en Belgique dans un établissement horeca reconnu.

Le secteur horeca en Belgique représente 58 000 commerces et 128 000 employés! Autant de familles qui souffrent et se sentent abandonnées. Notre métier, c’est notre passion: nous travaillons 15 heures par jour, 7 jours sur 7, au prix de nombreux sacrifices, afin de procurer du plaisir aux gens.

Nous aurions pu opter pour une manifestation mais, soucieux du protocole sanitaire à respecter, nous préférons exprimer notre désarroi de façon épistolaire, évitant ainsi toute propagation du virus. Mais la colère gronde et la marmite risque d’exploser bientôt…

En espérant être entendus, écoutés, soutenus…

Seul on va vite, Ensemble on va loin…»