CAPTURE

Les «mailles de la mort» de centaines de requins

En Afrique du sud, sur 300 km de côte, 37 plages sont équipées de filets anti-requin. L’animal a mauvaise réputation. Pourtant, aucune attaque mortelle n’est à déplorer depuis 67 ans. Par contre, les filets, eux, tuent…

Ce sont de longs filets de 200 mètres de long sur 6 mètres, ancrés face aux côtes sud-africaines. Ils ressemblent à de banals filets de pêche et sont censés protéger les êtres humains des attaques de requins.

En 2019, 690 animaux ont été capturés dans ces filets anti-prédateurs qui capturent indifféremment requins, dauphins, tortues, baleines… Et selon le comité requins, l’organisation qui gère ces systèmes dans la région, au moins 400 requins meurent chaque année, tués par les dispositifs anti-prédateurs.

Le requin, un vrai danger?

Il existe 480 espèces de requins répertoriées à travers le monde. Seules 5 espèces (parmi les 480) ont été impliquées dans des attaques sur l’homme (dont le requin blanc). Très médiatisées, ces attaques sont pourtant très rares: une centaine ont été confirmées dans le monde en 2019, selon l’Université de Floride qui les répertorie.

En tout, seules cinq espèces de requin, sur les 480 recensées, sont réputées dangereuses pour l’homme, requin-bouledogue et requin-tigre en tête.

En Afrique du sud, il n’y a plus eu aucune attaque mortelle dans les zones protégées par les filets depuis 67 ans. Mais cette sécurité a un prix. Parmi les centaines de requins tués, une cinquantaine d’entre eux sont issus d’espèces menacées, comme les grands requins blancs et les requins marteaux.

Déjà victimes de la destruction de leur habitat, les requins sont aussi menacés par la surpêche et le commerce juteux de leurs ailerons.

Des espèces à protéger

Le saviez-vous? Ces poissons existaient déjà il y a plus de 350 millions d’années, soit bien avant les dinosaures! Leur morphologie (allure) s’est modifiée plusieurs fois pour prendre l’aspect des requins d’aujourd’hui.

Huit espèces sur les quelque 480 répertoriées sont désormais protégées par la Convention internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction (Cites). Mais la terreur qu’ils génèrent éclipse souvent leur déclin.

En protégeant les requins, on protège tout un milieu car ils sont à la tête de tout un écosystème (un ensemble d’espèces vivantes).

Pour Jean Harris, directrice de l’ONG sud-africaine Wild Oceans, c’est «l’état d’esprit des gens» qui doit changer. Car «ces filets n’empêchent pas les gros requins de s’approcher des plages». De fait, rien n’empêche les prédateurs de passer en dessous ou à côté de ces filets.

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