THUMAIDE

De vieilles batteries de voitures pour réguler le réseau électrique

De vieilles batteries de voitures pour réguler le réseau électrique

Comment réguler le réseau: Thumaide a la solution. ÉdA

Que faire des batteries des véhicules électriques arrivées en fin de vie? Ipalle, avec une jeune start-up belge, lance un projet pilote au Centre de valorisation énergétique de Thumaide, permettant non seulement de donner une seconde vie à ces batteries mais également de stabiliser le réseau électrique. Le marché de l’électricité fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande.

Aussi des prévisions des consommations futures sont-elles établies… qui ne s’avèrent pas toujours conformes à la réalité, d’où un déséquilibre quasi constant. La production excède la demande?

S’ensuit alors une déstabilisation du réseau avec à la clé, une taxe à payer, soit le coût d’ «imbalance»,. Il s’agit des frais liés à l’écart de production d’énergie électrique entre les prévisions de la veille et les productions/consommations du jour J. Quand le marché électrique (offre-demande) correspond aux prévisions, on évite le coût «imbalance». Par contre, quand la production/consommation est différente de la prévision transmise la veille, un coût d’imbalance est imputé par le gestionnaire de réseau (Elia) aux fournisseurs et répercuté aux producteurs.

il arrive que la production se trouve inférieure aux besoins. C’est là que pourront intervenir les batteries usagées des véhicules électriques, dans lesquelles on aura chargé l’excès de production précédent, qui pourra alors compléter l’alimentation du réseau. Bref, c’est un peu le principe des vases communicants qui est appliqué ici, avec un triple avantage: l’évitement, pour l’intercommunale, de la taxe, la stabilisation du réseau électrique et une nouvelle contribution à l’économie circulaire avec le réemploi de batteries de véhicules électriques usagées, d’autant plus qu’elles seront de plus en plus nombreuses avec l’essor de ce marché en Europe.

En effet, les batteries qui équipent ces voitures perdent en performance au fur et à mesure de leur utilisation. Selon les constructeurs automobiles, une fois les deux tiers de leur capacité atteints, elles doivent être remplacées car elles ne pourront plus assurer une autonomie optimale pour le véhicule.

Associée à la jeune start-up bruxelloise Octave,. le pôle Recherche et Développement de l’intercommunale a planché sur le sujet et ce lundi, une première phase test du projet était mise en œuvre au Centre de valorisation des déchets de Thumaide, premier producteur d’électricité de Wallonie picarde

La batterie «pilote» utilisée ici a 1,5 fois la capacité d’une batterie d’une petite voiture électrique de type citadine. À l’heure où l’on envisage le démantèlement des centrales nucléaires, le stockage des surplus de production d’électricité est un enjeu fondamental. À terme, une réutilisation systématique des batteries usagées de véhicules électriques permettra de multiplier les capacités de stockage, nécessaires à la gestion des variations sur le réseau électrique.