BRUXELLES

L’horeca bruxellois se mobilise au Mont des Arts pour réclamer plus d’aides de la Région

Autour du Collectif «Union Horeca Bruxelles», ils ont déployé une bâche géante «Commerces à remettre» au nom des quelque 600 brasseries et cafés signatairesBelga

Des représentants de l’horeca bruxellois - cinquante maximum, mesures sanitaires obligent - se sont rassemblés vendredi à 15h00 au Mont des Arts pour dénoncer l’insuffisance des aides financières de la Région-capitale.

Autour du Collectif «Union Horeca Bruxelles», ils ont déployé une bâche géante «Commerces à remettre» au nom des quelque 600 brasseries et cafés signataires, pour attirer l’attention des politiques.

Des pancartes mentionnant chaque nom de restaurant pendaient en outre tout autour de la statue du roi Albert Ier.

Les différences d’indemnisations financières entre Régions sont particulièrement pointées du doigt. Si elles s’élèvent à 12.000 euros en Wallonie et à près de 20.000 euros en Flandre, les primes sont de 7.000 euros à Bruxelles depuis mars, pour un restaurant moyen, dénonce le collectif qui parle d’»épuisement moral complet». Certains restaurateurs n’auraient même pas encore vu la couleur de ces primes, souffle-t-il.

«Vu les montants payés en TVA, cotisations sociales... qui servent entre autres à subventionner la sécurité sociale, un commerce qui ferme, c’est un médecin ou une infirmière en moins», selon les calculs du collectif.

Si la situation est déjà difficile aujourd’hui, le collectif s’interroge aussi sur «l’effet boule de neige monstrueux» à venir lors de la reprise, avec notamment de nouvelles pertes d’emplois et des rentrées moindres dans les caisses de l’Etat avec les faillites futures (suspendues grâce au moratoire), qui pourraient s’élever à 20-25% du secteur si rien ne change, prévient son porte-parole David Debin.

Aujourd’hui, il reste encore les frais fixes à payer, comme les loyers, les leasings, les remboursements de prêts, les assurances, les taxes, etc. Le représentant du secteur estime pourtant qu’»il existe beaucoup de possibilités» sur la table, comme des arrangements avec les propriétaires, la suspension, voire l’annulation, du paiement du précompte immobilier ou encore un prêt à 0% à destination des restaurateurs pour les trois ou cinq années à venir, avance M. Debin comme pistes.

Les acteurs horeca qui ont dû observer une première fermeture de mars à mai l’an dernier, sont à nouveau fermés depuis octobre, sans perspective concrète de réouverture.

«Les politiques n’ont aucune réalité de ce qu’est un entrepreneur. Nous sommes bien conscients que la situation sanitaire est difficile à gérer mais il faut nous donner une perspective et arrêter de dire que la Région bruxelloise n’a plus d’argent; elle dispose de milliards pour la mobilité», dénonce Thierry Goor, l’un des responsables du food market «Wolf». Celui-ci a intégré le collectif à son lancement, l’estimant plus actif en faveur des acteurs de la petite restauration et de la «street food» que la fédération horeca Bruxelles.