CORONAVIRUS

Les livraisons pour l’UE du vaccin Pfizer retardées pour «3 à 4 semaines»

Les livraisons pour l’UE du vaccin Pfizer retardées pour «3 à 4 semaines»

Un institut norvégien de la santé a appris ce vendredi que Pfizer ralentissait à partir de la semaine prochaine les livraisons de son vaccin contre le Covid-19 développé avec BioNtech, car l’entreprise veut pouvoir augmenter sa capacité de production. AFP

Les livraisons aux pays de l’UE des quantités prévues de vaccins Pfizer/BioNTech contre le Covid-19 vont connaître des retards dans les trois à quatre prochaines semaines en raison de travaux dans l’usine où ils sont fabriqués, a indiqué vendredi le ministère allemand de la Santé.

« a Commission européenne et, par son intermédiaire, les Etats membres de l’UE ont été informés que Pfizer ne serait pas en mesure de respecter pleinement les quantités de livraison promises pour les trois à quatre prochaines semaines en raison de rénovations à l’usine de Puurs , en Belgique, explique un communiqué du ministère.

Ce dernier ne précise pas sur quelle quantité de doses vont porter ces retards.

La Norvège avait plus tôt dans la journée annoncé qu’elle avait été avertie par Pfizer d’une réduction temporaire des livraisons. Le pays table sur une baisse de 17,8% des volumes de doses par rapport à ses prévisions.

Le ministère allemand dit « rendre note avec regret de cette communication inattendue et à très court terme de la Commission européenne et de Pfizer, alors qu’un calendrier de livraison avait été établi jusqu’à mi-février.

Parallèlement, les ministres de la Santé de six autres pays de l’Union européenne ont exprimé vendredi leur « érieuse préoccupation quant à ces retards de livraison.

Dans une lettre commune, les ministres du Danemark, de l’Estonie, de la Finlande, de la Lituanie, de la Lettonie et de la Suède dénoncent une situation «inacceptable» portant préjudice à la «crédibilité du processus de vaccination».

Berlin dit cependant avoir la garantie que les quantités promises pour l’ensemble du premier trimestre seront livrées avant l’échéance de celui-ci.

L’Allemagne dit encore «attendre de la Commission européenne qu’elle crée la clarté et la sécurité pour les livraisons futures et les dates de livraison aussi rapidement que possible dans les négociations avec Pfizer».

Toutes les doses du 1er trimestre seront livrées au 1er trimestre

En dépit d’un ralentissement de production du vaccin anti-Covid Pfizer-BioNTech, l’américain Pfizer a assuré que les doses attendues par l’UE au 1er trimestre seront bien livrées comme prévu, a indiqué vendredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Après l’annonce de prochains retards de production, «j’ai immédiatement appelé le directeur-général de Pfizer […] Il m’a assuré que toutes les doses garanties pour le 1er trimestre (à destination de pays de l’UE) seront bien livrées au 1er trimestre», a déclaré la cheffe de l’exécutif européen lors d’une conférence de presse à Lisbonne.

Le laboratoire américain Pfizer a confirmé vendredi que les livraisons du vaccin qu’il a développé avec l’allemand BioNTech allaient ralentir fin janvier et début février, le temps de faire des modifications dans le processus de production dans le but d’augmenter la cadence pour les semaines suivantes.

Ces modifications «nécessitent des approbations réglementaires supplémentaires» et pourront entraîner «des fluctuations dans les calendriers de commandes et de livraisons dans l’usine de Puurs (Belgique)», d’où sortent les doses destinées aux pays de l’UE, a précisé l’entreprise.

Le patron de Pfizer «est personnellement impliqué pour réduire cette période de retards et s’assurer que ces délais seront rattrapés aussi vite que possible. Il était essentiel de lui faire passer le message que nous avons un besoin urgent de ces doses promises, et ce au 1er trimestre», a affirmé Ursula von der Leyen.

Au total, les pré-commandes de Bruxelles à Pfizer-BioNTech représentent 500 millions de doses, assortis d’un option pour 100 millions supplémentaires.

Comme les deux doses du vaccin doivent être administrées à quelques semaines d’écart, «il y a une nécessité médicale à s’en tenir au calendrier sur lequel nous nous sommes mis d’accord et à assurer les livraisons» comme prévu, a-t-elle souligné.

Aux côtés du Premier ministre portugais Antonio Costa, dont le pays a pris au 1er janvier la présidence tournante de l’UE, Mme von der Leyen s’est par ailleurs efforcée d’apaiser les préoccupations de six Etats membres, qui ont dénoncé dans une lettre commune des retards «inacceptables» de Pfizer, accusés de miner «la crédibilité du processus de vaccination».

«Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise annonce des retards de livraison pour une brève période […] d’autres ont dû retarder la soumission de leur vaccin à l’Agence européenne des médicaments», a-t-elle observé.

«Donc, nous avons déjà rencontré ces problèmes, nous les reverrons à l’avenir mais n’oublions pas que c’est dans l’ensemble un immense succès», a estimé Mme von der Leyen, rappelant que le portefeuille de vaccins négocié par la Commission représentait plus de deux milliards de doses et que les deux vaccins autorisés à ce jour (Pfizer-BioNTech et Moderna) permettront de vacciner potentiellement plus de 80% de la population de l’UE.

L’impact du retard de Pfizer demeure incertain

L’effet concret en Begique du retard dans la livraison des vaccins de Pfizer demeure incertain, a indiqué vendredi le dirigeant de la taskforce vaccination, Dirk Ramaekers, sur les ondes de Radio 1. Si cela ne concerne que quelques milliers de doses, ce n’est «pas un drame», a-t-il assuré. Si l’impact était plus important, des adaptations seront sans doute nécessaires.

Un institut norvégien de la santé a appris vendredi que Pfizer ralentissait à partir de la semaine prochaine les livraisons de son vaccin contre le Covid-19 développé avec BioNtech, car l’entreprise veut pouvoir augmenter sa capacité de production. Ce retard temporaire affecte la Norvège, qui recevrait 8.000 doses de moins que prévu la semaine prochaine, mais aussi les pays de l’UE.

L’Agence fédérale des médicaments (AFMPS) et la Commission européenne ont pris immédiatement contact avec Pfizer, a indiqué M. Ramaekers.

«En soi, ce n’est pas une surprise: cela peut se produire dans un processus industriel et est lié à l’augmentation de la capacité de production. Mais nous voulons savoir le plus vite possible ce que cela signifie pour nous», a-t-il ajouté.

Si le retard est comparable à celui de la Norvège, il est «absorbable», selon lui.