GREZ-DOICEAU

Le cri de détresse du directeur du Home Renard à Grez-Doiceau

Le cri de détresse du directeur du Home Renard à Grez-Doiceau

Le directeur du Home Renard plaide pour qu’aboutisse le projet du home sur le site de la ruelle des Foins. Le permis d’urbanisme pour ce projet a essuyé un refus, fin 2020, de la part de la fonctionnaire déléguée de la Région. EdA

Xavier De Cleyre craint la fermeture définitive de la maison de repos publique faute d’un accord sur le projet de la ruelle des Foins.

Le directeur du Home Renard, Xavier De Cleyre, sort de sa réserve, s’exprime à titre personnel et sollicite le soutien des citoyens de Grez-Doiceau pour qu’aboutisse le dossier. Il lance un appel de la dernière chance en rappelant que le bâtiment actuel ne respecte plus les normes imposées aux maisons de repos.

«Le bâtiment est arrivé au terme de ses capacités pratiques et techniques, bien que convivial sur le plan architectural. Une nouvelle perspective d’avenir est dès lors une des priorités majeures.»

Xavier De Cleyre souligne que le projet lancé en 2016, avec comme option de maintenir le Home Renard rue du Stampia, nécessitant des travaux en plusieurs phases, avec une démolition et reconstruction sur site «n’a finalement pu aboutir. Le chantier était en effet considéré par l’Aviq (Agence pour une vie de qualité) comme “à très haut risque” pour les résidents et le personnel.»

Avec la nouvelle majorité, un autre projet a été imaginé en 2019, sur un terrain communal de deux hectares à la ruelle des Foins. «La réflexion s’est donc poursuivie, compte tenu des nouvelles conditions architecturales liées au changement d’implantation. Une collaboration transparente et franche a également été menée avec les riverains les plus proches pour leur présenter ce nouveau projet, écouter les avis divergents et apaiser leurs craintes légitimes (incidences sur le trafic, risques d’inondations…), afin de travailler tous ensemble à cette réalisation commune.»

Mais au final, la fonctionnaire déléguée a refusé le permis d’urbanisme, début décembre 2020.

«C’est regrettable pour différentes raisons. La population grézienne va inexorablement augmenter d’année en année du fait du “papy-boom”, avec une population du 4e âge en croissance constante, nécessitant une offre de places supplémentaires. Les personnes vieillissantes sont souvent mises “à l’écart” de la vie sociale et économique. La proposition en faveur d’autres lieux d’implantation, loin du centre de Grez (Gastuche, Archennes) ne favoriserait donc pas les interactions intergénérationnelles et l’intégration dans la vie sociale.»

Autre raison évoquée par le directeur, les offres d’hébergement ne seraient plus variées et surtout ne seraient plus accessibles financièrement pour tous, ne proposant plus à la population âgée des établissements de types et de coûts différents pour ceux et celles qui souhaitent rester dans leur commune.

«Mettre en péril le projet actuel risque de mener à terme à la fermeture du Home Jean Renard pour non-conformité ainsi qu’à des pertes d’emplois. Reporter sans cesse les échéances, plutôt que de développer des conciliations constructives et solidaires, mettrait en péril ce projet social essentiel pour la population âgée de Grez-Doiceau et des environs. L’implantation d’une maison de repos publique à la ruelle des Foins est une opportunité unique de maintenir un lien intergénérationnel avec le quartier, les magasins, les écoles et les crèches de Grez-Doiceau, en vue de promouvoir le “vivre ensemble”, tous âges confondus.»

Oui pour le home, mais dans le respect des lois

Sarah van Zeebroeck (Alliance Communale) tient à mettre les points sur les i. « Nous soutenons le projet du nouveau home, c’est notre intérêt à tous, mais nous voulons que l’avis des riverains soit pris en compte. Le CPAS n’est pas au-dessus des lois ! » Concernant le projet qui n’a pas pu aboutir en raison de l’Aviq, évoqué par Xavier De Cleyre, Sarah van Zeebroeck réagit. « À l’Aviq, l’administration a donné son feu vert moyennant des rectifications architecturales non contraignantes. La dernière version des plans proposés ne présente pas de points de blocage. Ces points peuvent être facilement levés moyennant une légère adaptation des plans, a indiqué l’Aviq au CPAS, tout en prévenant qu’il était possible qu’il faille diminuer l’occupation du home si les résidents devaient se plaindre du bruit ou des travaux. Ce projet avait ses lacunes et ses inconvénients mais ils étaient surmontables. » Et d’ajouter : « C’est ici que la nouvelle majorité a décidé de prendre un risque disproportionné de changer d’endroit et de tout recommencer à zéro. Nous demandons de considérer à nouveau sérieusement le projet sur le site du Stampia, tout en intégrant les éléments nouveaux mis en avant sur le site des Cinq Bonniers. Cette solution rapide est possible. »  

La démarche du directeur est légale

La sortie du directeur du Home Renard a interpellé plus d’un Grézien. Cette sortie est-elle bien légale ? « Oui, répond le président du CPAS. Il le fait à titre personnel après avoir sollicité notre avis. Le collège a trouvé sa lettre très neutre et correcte. Il prend du recul sur les maisons de repos. Ce n’est pas polémique et il n’y a aucune attaque personnelle. » Mais où en est le recours ? « La commission d’avis se réunira le 3 février et l’avis sera soumis au ministre Borsus qui devrait revenir vers nous pour fin mars. » En attendant, l’étude de mobilité va démarrer avec la mise à sens unique du sentier des 5?Bonniers. « Nous allons d’abord expliquer la démarche aux riverains à qui nous allons aussi faire parvenir l’avis complet de la fonctionnaire déléguée par souci de transparence. »