BELGIQUE

L’Oréal supprime 125 emplois à Bruxelles, mais en crée 100 autres aux Pays-Bas

L’Oréal supprime 125 emplois à Bruxelles, mais en crée 100 autres aux Pays-Bas

(Photo prétexte - L'Oreal Libramont) BELGA

L’Oréal a annoncé jeudi, lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, une réorganisation de ses activités au Benelux avec un impact sur 125 collaborateurs à Bruxelles, à qui 100 postes créés aux Pays-Bas seront proposés.

«Dans un contexte de marché en évolution rapide», la division Belgique et Luxembourg du groupe industriel français de produits cosmétiques souhaite créer une nouvelle organisation pour le Benelux «qui répondra aux besoins de ses consommateurs et à ses ambitions de développement».

L’Oréal Belgilux, dont le siège social se trouve à Berchem-Sainte-Agathe, et L’Oréal Nederland, qui emploie également plus de 400 personnes, seront rassemblés dans un nouveau siège commun, proche d’Amsterdam. Cette nouvelle organisation aura pour mission de définir la stratégie de chacune des divisions et des marques du groupe, afin de leur assurer un soutien optimal, explique le groupe.

«Ce ‘pôle’ Benelux serait constitué de sorte à garantir une organisation multiculturelle, intégrant les diversités rencontrées dans chacun des pays, assurant ainsi une parfaite compréhension culturelle des consommateurs et des circuits de distribution», assure Jean-Charles Bondy, CEO L’Oréal Belgilux et L’Oréal Nederland, cité dans un communiqué.

Chacun des pays continuera à disposer de ses propres équipes proches du terrain afin de soutenir la croissance de ses marques et d’assurer la proximité avec ses clients et consommateurs, affirme encore L’Oréal.

La nouvelle organisation aura un impact sur 125 collaborateurs à Bruxelles, en tenant compte de mouvements internes. Mais, dans le cadre de la création du pôle Benelux, environ 100 postes basés aux Pays-Bas seront proposés à ces travailleurs, ce qui pourrait permettre de réduire le nombre de licenciements, espère l’entreprise.

L’Oréal Belgilux s’engage à maximiser les possibilités de reclassement et accompagner ses collaborateurs et à veiller à un dialogue ouvert et constructif avec les représentants du personnel.

La procédure de la loi Renault, d’application en cas de licenciement collectif, a d’ailleurs été lancée jeudi, marquant le début de la procédure d’information et de consultation au sein du conseil d’entreprise.

L’usine de Libramont, où sont fabriqués des produits de coloration et de soins des cheveux, n’est pas concernée par cette annonce.

Au total, L’Oréal emploie 800 personnes en Belgique.

«L’Oréal offre un cadeau de nouvel an très désagréable à ses travailleurs»

L’annonce, jeudi, par la direction de l’entreprise de cosmétiques française L’Oréal de son intention de licencier 125 collaborateurs de son siège bruxellois représente «un cadeau de nouvel an très désagréable» pour les travailleurs, ont réagi la CSC et la CNE, pour qui cette annonce est «totalement inattendue.»

«Les travailleurs sont choqués car la direction annonce ce licenciement de masse comme une première étape dans son intention de fusionner et de déménager. Par le passé, la CSC bâtiment - industrie & énergie (CSCBIE) et la Centrale Nationale des Employés (CNE) ont assisté l’entreprise dans ses transitions afin d’éviter tout licenciement», soulignent dans un communiqué les deux syndicats chrétiens.

Ces derniers s’interrogent sur les motifs de la direction de l’entreprise mais estiment que les raisons de cette décision «ne sont certainement pas» économiques.

«L’Oréal est et reste le leader du marché en Belgique. La valeur des actions a augmenté de façon continue jusqu’à 300% en 15 ans, et le dividende en 2020 est resté au même niveau qu’en 2019», constatent encore la CSC et la CNE.