MONS

Mons n’est plus la deuxième ville la plus embouteillée de Belgique, mais…

Mons n’est plus la deuxième ville la plus embouteillée de Belgique, mais…

Un matin ordinaire, au boulevard Kennedy (avant les travaux de la nouvelle bretelle). Cyclistes Gonflés à Bloc

Le podium de Mons dans le Tom Tom Traffic Index l’an dernier était bien un accident… Mais la 4e position montre que la mobilité est loin d’y être idyllique.

Le Tom Tom Traffic Index, soit le classement de l’état du trafic routier dans 416 villes réparties dans 57 pays, avait fait beaucoup parler de lui l’an dernier à Mons: soudainement, la cité du Doudou grimpait à la deuxième place des villes belges les plus embouteillées. Le taux de congestion, de la Ville de Mons était, selon les données de Tom Tom, de 34% en 2019 alors qu’il était de 18% en 2018.

Cela signifiait que les trajets à Mons étaient en moyenne 34% plus longs en 2019 que si les rues n’étaient pas encombrées. La ville hennuyère devançait même Anvers, deuxième agglomération de Belgique en taille, et bien connue pour ses problèmes de mobilité.

Cela avait entraîné un débat sur le piètre état de la mobilité montoise entre majorité et opposition, cette dernière soulignant l’écart existant entre Mons et Anvers, en termes d’activité économique notamment.

Travaux d’une ampleur exceptionnelle

Or, ces chiffres étaient biaisés par les importants travaux de rénovation menés sur l’autoroute E19/E42, où la moitié des bandes de circulation étaient hors-service sur une dizaine de kilomètres durant toute l’année.

«Il faut relativiser les chiffres de Tom Tom, qui globalisent tant les encombrements liés aux autoroutes que ceux des voiries communales et régionales. Or, c’est sur autoroute que l’évolution est frappante: on est passé de 9 à 46% [de taux de congestion], tandis que sur les voiries communales, c’est passé de 22 à 26%», nuançait l’an dernier l’échevine de la Mobilité Charlotte De Jaer.

De fait, dans l’index Tom Tom Traffic présentant les chiffres de 2020, Mons n’est plus sur ce podium et connaît la plus grande baisse de trafic, selon Tom Tom. «Nous constatons qu’en 2020 les conducteurs y perdent 20% de temps de route supplémentaire. Cela correspond à un recul de 41%. Il convient de rappeler que la ville de Mons a connu un score exceptionnellement élevé (34%) en 2019, suite à de grands travaux routiers cette année-là», indique l’organisme.

Mauvaise mobilité, même en confinement

Une baisse bien plus importante que celle observée dans tout le pays, où le premier confinement a provoqué une forte chute du trafic automobile, surtout en avril. En Belgique, la circulation a diminué de 18% en 2020 comparé à 2019.

Si Mons quitte ce podium peu enviable, le chef-lieu hennuyer ne s’en éloigne pas beaucoup, puisqu’il pointe à une triste quatrième place, ce qui en fait la ville la plus embouteillée de Wallonie, devant Liège, Namur et Charleroi.

Mons réussit la «performance» d’être moins fluide que toute une série d’agglomérations bien plus importantes en nombre d’habitants (classement ci-dessous). Le chantier de la mobilité reste donc brûlant, même sans travaux autoroutiers.

Le classement belge

1. Bruxelles (+29% de temps de parcours)

2. Anvers (+24%)

3. Louvain (+21%)

4. Mons (+20%)

5. Gand (+18%)

6. Liège (+16%)

7. Namur (+16%)

8. Courtrai (+15%)

9. Bruges (+12%)

10. Charleroi (+12%)

Source: Tom Tom Traffic Index Ranking