JUDICIAIRE

PHOTOS & VIDÉO | Le décès du jeune Ibrahima arrêté à Schaerbeek mis à l’instruction pour homicide involontaire, la manif dégénère

La désignation d’un juge d’instruction a été requise dans le cadre de l’enquête sur le décès du jeune Ibrahima (23 ans), survenu samedi soir à la suite de son interpellation par la police. Environ 500 manifestants se sont rassemblés ce mercredi près du commissariat de police. La manif a dégénéré. Les mots de l'avocat de la famille sont très durs envers la police.

Le parquet de Bruxelles a requis ce mercredi la désignation d’un juge d’instruction afin de poursuivre l’enquête sur le décès du jeune Ibrahima B. (23 ans), survenu samedi soir à la suite de son interpellation par la police, pour homicide involontaire, a indiqué ce mercredi le parquet de Bruxelles. Au Commissariat du quartier Nord, la manifestation en souvenir du jeune homme et contre les violences policières a dégénéré (lire ci-dessous) et s'est déplacée vers la place Liedts où les autopompes se sont déployées jusque dans la soirée.

Le jeune homme est décédé à l’hôpital samedi soir vers 20h20, après avoir fait un malaise à son arrivée dans un commissariat de la police de Bruxelles-Nord. Le Comité P est descendu sur place. Une autopsie et une analyse toxicologique ont été demandées pour établir la cause de sa mort.

 

Tous les moyens sont et seront mis en œuvre pour faire la lumière sur ce qu’il s’est passé

 

Des membres de la famille de la victime et leur avocat ont été reçus ce mercredi matin par le procureur du roi de Bruxelles pour répondre à leurs premières questions sur l’affaire. Cette rencontre visait également à «leur garantir que tous les moyens sont et seront mis en œuvre pour faire la lumière sur ce qu’il s’est passé», a précisé le parquet de Bruxelles dans son communiqué. Une instruction judiciaire est en cours.

Le parquet a demandé de saisir et d’analyser toutes les images de vidéo-surveillance

Des policiers de la zone de police Bruxelles-Nord ont procédé, samedi peu avant 19h, au contrôle d’un groupe de personnes rassemblées place du Nord, près de la gare du Nord, en raison des mesures sanitaires. Selon Sudinfo, le jeune homme de 23 ans filmait l’intervention de police avec son smartphone quand des policiers ont voulu procéder à son contrôle. Il a alors pris la fuite. Cette information n’est pour l’instant pas précisée par le parquet de Bruxelles.

Selon ce dernier, le jeune Ibrahima a pris la fuite à pied et a été interpellé par la police après une poursuite. Il a été privé de sa liberté et a été emmené au commissariat pour y être entendu. Lors de son arrivée au commissariat, il a perdu connaissance. Les policiers présents ont fait appel aux services de secours. Une ambulance et un Smur (Service mobile d’Urgence et de Réanimation) ont été mobilisés sur place. Ibrahima a été emmené par les services de secours, avant de décéder à l’hôpital à 20h22.

Le parquet de Bruxelles a instauré un périmètre d’exclusion judiciaire et l’enquête a immédiatement été transmise au Comité P, la police des polices, qui est descendue sur place. Un médecin légiste a été désigné pour l’autopsie et la toxicologie. Le parquet a également demandé de saisir et d’analyser toutes les images de vidéo-surveillance, tant au commissariat que sur les lieux de l’interpellation.

 

Aucun policier ne s’est inquiété de le voir inconscient au sol. Ils l’ont laissé mourir

 

«Il a exercé son droit à filmer la police et les choses ont mal tourné», a déclaré Alexis Deswaef, l’avocat de la famille d’Ibrahima, en début de rassemblement. «Ibrahima n’aurait jamais dû être arrêté parce qu’il filmait la police. Ensuite, au commissariat, dans le local de fouille, il s’est senti mal. Il est tombé de sa chaise inconscient. Pendant de très longues minutes, rien ne s’est passé. Aucun policier ne s’est inquiété de le voir inconscient au sol. Ils l’ont laissé mourir. Il y a au moins un délai, selon nos informations, de cinq à sept minutes».

Selon l’avocat, les examens toxicologiques n’ont pas relevé de présence de drogue.

 

500 manifestants près du commissariat rue de Brabant

Environ 500 manifestants, selon l’estimation définitive de la police de Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode et Evere), se sont rassemblés ce mercredi 13 janvier à partir de 15h près du commissariat de police situé rue de Brabant, non loin de la gare de Bruxelles-Nord, en réaction à ce décès du jeune Ibrahima B. (23 ans).

Plusieurs arrestations administratives ont eu cours en fin de journée, place Liedts et dans le quartier de la rue des Coteaux et du parc Josaphat à Schaerbeek, a indiqué en soirée Audrey Dereymaeker, la porte-parole de la police de Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode et Evere). Le bourgmestre de St-Josse-ten-Noode Emir Kir déclare qu'elles seraient déjà au nombre de 70 à 80. Selon la police, deux policiers ont été transportés à l'hôpital, entre 18h00 et 18h30, depuis le lieu initial de la manifestation, mais après celle-ci. Leurs jours ne sont pas en danger. Par la suite, une personne qui manifestait place Liedts a également été hospitalisée.

Vers 15h45, une centaine de personnes se sont désolidarisées de la manifestation et se sont engouffrées dans le tunnel débouchant sur la place du Nord, devant la gare. Ces manifestants ont été repoussés par un barrage de policiers à la sortie du tunnel. Le groupe a alors scandé «Police, Assassins». Des fumigènes ont été allumés. Certains ont voulu avancer vers la police, mais ont été contenus, notamment par des organisateurs. Les policiers ont ensuite avancé dans le tunnel pour ramener les manifestants sur la place du rassemblement initial. Les forces de police étaient présentes en grand nombre.

Il y a eu des jets de projectiles contre la police. La porte-parole de la police Audrey Dereymaeker note également qu’il y a eu des dégradations de mobilier urbain et que deux véhicules de police ont été endommagés. La majorité des manifestants a quitté les lieux vers 17h.

Un début d'incendie a peu après été signalé à l'antenne de la police de la place Liedts. Le feu a rapidement été éteint. Les heurts se sont poursuivis sur cette place. Des policiers ont sécurisé une voie pour le cortège du roi, qui passait par la place. L'autopompe a de nouveau été employée. Le calme était revenu sur la place à 19h30.

La police continuait mercredi soir de poursuivre une cinquantaine de personnes dans le quartier de la rue des Coteaux et du parc Josaphat. Elle a encore fait usage d'autopompes. Un bilan définitif est attendu en fin de soirée ou jeudi matin.

 

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