TOURNAI

VIDÉO | Les cartes à plier de Fred Dedeycker revisitent l’histoire de Tournai

Peintre, illustrateur, graphiste, Fred Dedeycker a imaginé une collection de cartes à déplier au nom évocateur: «déTournai».

Quand il ne crée pas des visuels ou du «packaching» pour des brasseries, banques, magasins ou autres clients de la société Labelpages pour laquelle il travaille comme graphiste depuis plus de 20 ans, Fred Dedeycker s’octroie du temps pour croquer, dessiner et (re)peindre le monde qui l’entoure.

Un exercice pour lequel il s’aménage désormais du temps par le biais d’une activité artistique complémentaire inspirée par l’opération «One sketch a day» (un croquis par jour), à laquelle il participa en 2015 en proposant quotidiennement une illustration représentant généralement un coin de la cité des Cinq clochers. Dans la foulée, le graphiste, diplômé de l’école Saint-Luc de Gand, a créé une série de cartes postales que peuvent acquérir les touristes de passage mais aussi les collectionneurs et amateurs de patrimoine local et d’art, au sein de l’Office du tourisme ainsi qu’à la Procure et chez Decallonne. On retrouve, dans chacun de ces tableaux – car il s’agit bien d’aquarelles à l’origine réduites ensuite au format de cartes postales – ce qui fait la particularité de l’artiste tournaisien: ce regard décalé qu’il pose sur un monde où le réel côtoie l’imaginaire avec, en sus, une pointe d’humour teintée de poésie.

VIDÉO | Les cartes à plier de Fred Dedeycker revisitent l’histoire de Tournai
En renommant cette péniche «Les ballons de Tournai», l’artiste évoque l’histoire d’une friandise typiquement tournaisienne tout en mettant le focus sur le quai Marché au poisson qu’il affectionne. ÉdA

On ne prendra pour exemple que ces maisons aux façades très étroites de la place Paul-Émile Janson repositionnées comme s’il s’agissait de livres posés sur une bibliothèque.

Dans le même esprit, Fred Dedeycker propose une première série de quatre cartes postales qui se déplient comme des soufflets d’accordéon pour apparaître en trois dimensions.

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L’histoire transcrite au verso de la carte vous dira pourquoi la tour Brunin est recouverte d’or. Fred Dedeycker

«Je préfère parler de cartes à déplier plutôt que de pop-ups car pour ces derniers, le relief apparaît lorsque l’on ouvre la carte. Ici, il faut déplier les différents tableaux et encocher une patte de carton pour maintenir l’ensemble», explique-t-il.

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Chaque carte se lit un peu comme une BD en trois dimensions. ÉdA

Si les différents sujets qui ont inspiré l’artiste pour la réalisation de ces premières cartes sont bien réels – la cathédrale, le quai Marché au poisson, Childéric, la maison Favot (torréfacteur) – il y ajoute une touche personnelle, décalée, en se basant sur des histoires sorties de son imagination et retranscrites au verso de chaque carte. C’est, par exemple, l’histoire de ce prisonnier enfermé dans la tour Brunin dont la peine consistait à dorer divers ornements au sommet du clocher de sa tour.

Celui-ci utilisa une telle quantité de dorure que, sous le poids, cette dernière se mit à pencher vers l’extérieur. D’où cette carte qui, une fois dépliée, fait apparaître la tour Brunin, couleur d’or, présentant un penchant digne de la tour de Pise.

Une grande exposition au MuFim en septembre

Pour réaliser ses cartes à déplier, Fred Dedeycker commence toujours par réaliser un dessin, généralement sur le terrain, «car on a un meilleur ressenti sur place», précise-t-il.

Il conçoit ensuite le relief sur une tablette avant de passer à une première mise en couleur succincte du projet pour finir par la réalisation d’une véritable aquarelle de l’œuvre finale.

Pour la réalisation pratique des cartes postales, c’est la société Labelpages qui s’en charge car elle dispose d’une machine à impression prévue pour cette technique de pliage. Pour l’heure, la série «déTournai» comprend déjà les quatre cartes évoquées plus haut, «mais le travail se poursuit, explique Fred Dedeycker, mon intention étant de réaliser une vingtaine d’aquarelles selon ce principe même si toutes ne seront peut-être pas déclinées sous forme de cartes postales…»

VIDÉO | Les cartes à plier de Fred Dedeycker revisitent l’histoire de Tournai
Les cartes peuvent s’acheter à la pièce ou en série, dans un petit coffret. Fred Dedeycker

Cela, également dans le but d’exposer ces œuvres originales aux cimaises du Musée du Folklore et de l’Imaginaire de Tournai. Une exposition qui était déjà programmée pour le mois de mai dans un premier temps mais qui a finalement été reportée en septembre, avec l’espoir que la crise sanitaire, du moins les mesures prises par les autorités dans ce cadre ne viennent une fois de plus mettre à mal cette programmation.

Fred profitera également de l’occasion pour présenter son agenda s’inscrivant lui aussi dans la collection décalée, «détournai».

Allez, les gars de la marine. Tonnerre de Brest!

Si vous souhaitez découvrir une autre facette des nombreuses activités artistiques de Fred Dedeycker, un livre tout à fait original, illustré par ses soins, va prochainement sortir de presse; «Amers en presqu’île de Crozon», c’est le titre de cet ouvrage étonnant, publié par les éditions Invenit à Lille.

Un ouvrage auquel ont notamment contribué deux autres Tournaisiens, ou plutôt Tournaisiennes: les auteures Colette Nys-Masure et Françoise Lison-Leroy.

Initié par Mathieu Gimenez, professeur de lettres et responsable du département des sciences humaines à l’École navale de Brest, ce livre est le fruit d’une aventure littéraire rassemblant cinq élèves officiers et trois écrivains chevronnés; il s’articule autour de récits illustrés par ce que les marins appellent des amers, soit des points de repère (en mer ou sur la cote) visibles depuis le large et leur permettant de réaliser des triangulations destinées à guider leur trajet.