TOURNAI

Le Tournai d’avant: tour des boulevards avec des architectures méconnues

Durant deux millénaires, la ville a subi de nombreux bouleversements structuraux qui émergent aujourd’hui et content son histoire.

Cinq kilomètres de murailles ont fait place, dès 1963, à cet anneau qui cercle la vieille cité: ce sont les boulevards extérieurs de l’échevin des travaux de l’époque, Louis Delwart, une ceinture achevée en 1892..

Cet anneau serait pour les architectes un terrain de jeux, de recherches, d’innovations toujours et encore très visible bien que si peu observé alors que chaque tronçon porte sa particularité, le goût différent des propriétaires, l’intérêt du site.

Un petit tour

Non exhaustif, l’accent est mis sur certaines demeures, surtout des surprises devant ce patrimoine méconnu..

Avec en face un immense espace vert, on aurait cru que le boulevard Bara intéresserait les plus nantis. Pas vraiment. Ses habitations, fin XIXe et début XXe, sont classiques. En cause, le chantier des mines de fer exploitées entre muraille et plaine d’où le recul des constructions serrées entre voirie et rue As-poids. Du logis mais aussi une dizaine de commerces jusque dans les années 1950-60. Depuis, l’artère a sacrifié aux grands ensembles..

Le long de sa déclivité, le boulevard Léopold (au 22 10 1870) s’est attiré trois écoles. Leur fleuron est celle de la Porte de Lille, le n° 3 devenue «Jean Noté» (1878) dont le buste malingre (par manque de fonds) de Fortuné Deroubaix surgit là depuis 1929. Cette école des filles jouit d’une architecture que Janlet associe à la mode nouvelle; même soin, identique harmonie, multiplicité des détails, le tout retrouvé dans l’école des garçons voisine.

Don Bosco, en 1895, s’est établi en face et n’a cessé de s’étendre; quelques bonnes constructions méritent le regard, ne serait-ce que par l’emploi judicieux des matériaux dans une régularité de son temps.

Du côté des numéros pairs se rencontrent des demeures très diversifiées, d’une sobriété sans attraits ou bourgeoises, jouant avec des matériaux de couleurs, des bow-windows, des formes néo avec parfois une tour, des retraits de volumes, des toitures tarabiscotées. Plaisir de se singulariser? D’étaler son aisance?. En face, c’est plutôt tristounet, affaire de goût.

L’utile d’abord

Le côté Nord des boulevards est nettement moins recherché, les propriétaires semblant ne s’intéresser qu’aux grands volumes en oubliant généralement (encore que ici et là., de les enjoliver. Arrivent des artères qui souffriront d’un environnement peu favorable à l’art. Le bloulevard Delwart (le 11 09 1892) se serre entre le jardin de la Reine, (1872) puis le chemin de fer, et n’a guère développé d’édifices attrayants.

Le boulevard des Nerviens se faisait l’écho de la tribu qui, jadis, s’y serait établie.. L’école n° 5 à l’agencement complexe est suivie de hauts édifices dont de nombreux cafés, proximité de la gare oblige. Une ou deux demeures valent le coup d’œil dont le 28, au-dessus d’une façade sans relief, un oculus domine un parchemin roulé..

Peu d’espace au sol, le boulevard es Déportés s’érige en hauteur; à signaler le 34 – 36 œuvre de l’architecte Strauven, émule de Victor Horta et de son Art Nouveau, ce qu’illustrent les jolis détails de la façade.

L’enceinte communale est, devenue plaine de jeux et parc, la nature s’y invite et fait oublier le long cordon fait d’uniformité du boulevard des Combattants, imité par le blboulevard Walter de Marvis (1887) bloqué en son extension par les Bastions. Ils se sont habillés de demeures, sinon modestes, du moins peu susceptibles d’enthousiasmer, il faut un regard aiguisé pour distinguer quelques arcs colorés. La classe moyenne y avait trouvé son bonheur.

Il reste à gravir le boulevard Roi Albert, la gent aisée de Tournai s’y est donné rendez-vous.