FEDERGON

Ma société de titres-services me réclame des frais

Ma société de titres-services me réclame des frais

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Ce matin, Benoît M. de Charleroi nous a contacté pour s’indigner de coûts supplémentaires facturés pour la remise de chaque chèque par l’entreprise auprès de laquelle il dépose son linge pour repassage, et auprès de laquelle il a obtenu les services d’une excellente aide-ménagère pour entretenir sa maison.

Est-ce légal ?

Oui, Benoît, la pratique est bien prévue par la loi. Et ce dans les trois régions du pays. Même si cela semble un peu étonnant à première vue, le législateur autorise bien une société de titres-services à facturer des frais supplémentaires à ses clients. Si, dans un premier temps, ces frais étaient strictement limités à des frais administratifs bien identifiés, ils sont aujourd’hui autorisés pour tout type de frais (excepté en Flandre).

Pourquoi dois-je payer plus de 9 euros ?

La rentabilité des entreprises du secteur étant très faible, en raison de l’absence d’augmentation du prix du titre ou d’une révision substantielle du financement public, le recours à la facturation de frais est la seule voie possible d’amélioration de la rentabilité à court terme. Elle introduit une dose de concurrence entre opérateurs et doit inciter le consommateur à comparer les offres.

Il faut reconnaître que la comparaison n’est pas aisée. Si le législateur autorise les frais, il ne définit pas le mode de calcul, et chaque entreprise établit le système qui lui est le plus adapté. Certaines facturent ainsi une somme par titre, d’autres un forfait par période de temps sans tenir compte du nombre de chèques, etc. Il convient d’analyser les offres en fonction de l’usage et du volume de chacun.

Si c’est comme ça, je retourne « au noir »

Cette réflexion, nous l’entendons beaucoup et elle doit être bien réfléchie. D’abord, rappelons que la pratique est bien illégale et sanctionnable. Ensuite, si le travail au noir reste une tentation pour le client comme pour l’aide-ménagère, la différence de prix ne sera pas toujours très intéressante financièrement (sans compter le risque de poursuites et de sanctions). Enfin, le système des titres-services continue d’avoir pour but d’offrir un statut aux aides-ménagères qui auraient, sinon, des difficultés à rejoindre le circuit du travail. Leur offrir un salaire, une protection sociale, en cas de maladie ou d’accident, et une pension, c’est tout ce à quoi vous contribuez, Benoît, en payant le prix du chèque et quelques frais supplémentaires. Pensez-y. Merci pour elles.

 

Arnaud le Grelle,

Directeur régional FEDERGON

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