EMPLOI – ÉCONOMIE

Ryanair menace d’autres suppressions d’emplois en Belgique d’ici fin janvier

Ryanair menace d’autres suppressions d’emplois en Belgique d’ici fin janvier

Ryanair menace la Belgique de suppressions d’emplois supplémentaires d’ici la fin janvier. AFP

La compagnie aérienne Ryanair menace la Belgique, ainsi que d’autres pays, de suppressions d’emplois supplémentaires d’ici la fin janvier, a prévenu ce jeudi son CEO Eddie Wilson dans un courrier interne.

Confrontée à la crise sanitaire et aux nombreuses restrictions de déplacement qui y sont liées, la compagnie aérienne s’emploie depuis des mois à réduire ses coûts, notamment ceux du personnel. Elle a dès lors licencié environ 3.000 personnes à travers l’Europe et, dans plusieurs pays, elle est parvenue à des accords avec les syndicats sur des baisses de salaire pour le personnel restant.

Mais ces négociations n’ont pas pu aboutir à un accord en Belgique (ni en Espagne et au Portugal) en ce qui concerne le personnel de cabine, contrairement aux pilotes. Au total, 176 emplois permanents sont actuellement menacés. Mais ce chiffre pourrait donc encore augmenter.

«Dans le petit nombre de pays (couvrant moins de 5% de notre personnel de cabine) où aucun accord n’a été conclu, on peut malheureusement s’attendre à de nouvelles réductions d’emplois avant la fin du mois de janvier», écrit ainsi le patron de la compagnie dans ce courrier envoyé au personnel volant.

Le sujet pourrait être abordé lors de la prochaine rencontre entre direction et représentants des travailleurs belges, prévue ce vendredi pour les réunions d’installation du conseil d’entreprise et du comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT), indique Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE.

Licenciements possibles

Le syndicat chrétien francophone et son équivalent flamand ACV Puls étaient les seuls à avoir des affiliés chez Ryanair et donc des candidats lors des élections sociales de novembre, les premières dans l’histoire de la compagnie en Belgique. Le taux de participation y a été de 80%, «ce qui montre un fort support des travailleurs», analyse Didier Lebbe.

Fin novembre, la conciliation avec la compagnie aérienne engagée dans une procédure Renault de restructuration avait échoué après que Ryanair eut mis fin à la phase 1 de manière unilatérale.

Mi-décembre, les syndicats chrétiens ACV Puls et CNE avaient ensuite mandaté un avocat dans ce litige. Une plainte a été déposée à l’auditorat du travail et une action introduite au pénal pour non-respect de la loi Renault.

Trente jours après la clôture unilatérale de la phase 1 de la procédure Renault, signifiée le 23 novembre, la compagnie aérienne pourrait théoriquement procéder à des licenciements. «Elle peut le faire à Zaventem depuis le 23 décembre», confirme Didier Lebbe. A Charleroi, le Forem a demandé de prolonger de 30 jours la période avant laquelle Ryanair peut commencer à licencier. Celle-ci prendra donc fin le 22 janvier prochain.