JUDICIAIRE

Trafic de cannabis: le procès d’une grosse filière albanaise a débuté à Mons

Trafic de cannabis: le procès d’une grosse filière albanaise a débuté à Mons

Du 3 au 5 avril 2019, une opération de police internationale permettait de démanteler un réseau international de plantations et de trafic de cannabis. Le procès a commencé ce mercredi à Mons. BELGA

Le tribunal correctionnel de Mons a entamé mercredi l’examen du vaste dossier impliquant une quarantaine de ressortissants albanais poursuivis pour trafic de cannabis en Belgique et en France.

En avril 2019, une opération policière internationale baptisée «Per-Peco» a débouché sur la découverte de plantations de cannabis. En Belgique, 15 plantations de cannabis ont été localisées à Mons, Jurbise, Braine-le-Château, Blaugies, Charleroi, Tarciennes, Herstal, Fléron, Soumagne, Juprelle, Rochefort, Genk, Bruxelles, Affligem et Anvers.

Une plantation de 2 000 plants a aussi été découverte à Revin dans les Ardennes françaises ainsi qu’une petite plantation aux Pays-Bas.

Durant cette opération, 8 255 plants de cannabis, 200 grammes de cocaïne, 86 000 euros et 1 000 dollars en cash ont été saisis, de même que six véhicules dont quatre voitures de luxe (Ferrari, Porsche, Mercedes), de nombreux faux documents d’identité et photos diverses devant servir à leur confection.

Une cinquantaine de GSM et GPS, 10 ordinateurs, des montres et bijoux de luxe ainsi que quelques petits lingots d’or ont également été trouvés.

Un clan du sud de l’Albanie

Cinquante-quatre personnes ont été arrêtées dont dix-sept placés sous mandat d’arrêt.

Cette filière venant du sud de l’Albanie «familiale, clanique et régionale» multipliait ses activités illégales dans toute l’Europe. Dans son réquisitoire, le substitut du procureur du roi a détaillé les faits, évoquant des actifs illégaux évalués à des centaines de milliers d’euros.

«On a quatre dirigeants qui financent les plantations et qui perçoivent l’argent. Il y a aussi trois décideurs qui exercent une autorité réelle sur les jardiniers. Les autres prévenus interviennent avec des spécificités propres comme l’installation électrique, la cueillette, le jardinage», a commenté le représentant du ministère public.

Des peines de six ans de prison ferme et des amendes de 25 000 euros ont été réclamées contre les quatre dirigeants présumés de cette association criminelle. Des peines de cinq ans de prison ferme et des amendes de 12 000 euros ont été requises contre les trois personnes qui géraient le trafic pour le compte des quatre premiers.

Des dirigeants sans scrupule

L’accusation a critiqué le «manque de scrupules» des dirigeants qui n’ont pas hésité à recruter des pauvres Albanais dans leur pays en leur promettant du travail alors que leur seul but était de s’enrichir.

Au niveau des confiscations, le réquisitoire est lourd car ce trafic a rapporté énormément d’argent aux dirigeants.

Deux journées sont consacrées à ce procès qui a lieu au palais des congrès de Mons en raison du nombre important de prévenus. Mercredi, les avocats de la défense ont commencé les plaidoiries. La suite aura lieu le 20 janvier.