COURSE À PIED

Vincent Mottoul, le diesel du peloton

Vincent Mottoul, le diesel du peloton

Il ne faut jamais enterrer ce diable de Vincent Mottoul! Léva

Impeccable dans sa gestion de l’effort, Vincent Mottoul s’est forgé un joli palmarès sur des parcours longue distance.

 

Avant de lire

Malgré le fait qu’ils soient les seuls ou presque à pouvoir continuer à s’entraîner, les joggeurs sont privés de compétition depuis le mois de mars. Nous avons donc décidé de partir à la rencontre de ces forçats de la route, histoire d’en savoir un peu plus sur eux et les méthodes d’entraînement.

 

Retour dans la vallée mosane pour ce quatrième épisode de la série qui nous occupe depuis le début de l’année. C’est à Wanze que Vincent Mottoul s’est installé après avoir vécu sa jeunesse dans la province de Namur. «C’est d’ailleurs là-bas que j’ai un peu touché à tout, jouant même deux ans au football, se souvient l’athlète de la team «Vinothèque». Mais j’ai surtout pratiqué l’athlétisme, au SMAC à Jambes, jusqu’à mes 20 ans. J’ai alors arrêté le sport pour me consacrer à mes études. »

Ce n’est que dix ans plus tard que ce formateur à la police a repris goût au jogging, un sport qui ne l’a plus lâché depuis lors. «Je pense que, morphologiquement, je suis formé pour courir. J’ai des aptitudes pour ça alors qu’en natation, c’est une catastrophe, rigole Vincent Mottoul. Ce que j’apprécie, c’est que c’est simple, basique. Je peux comprendre qu’on ne trouve pas ça passionnant, mais cela me procure une sensation de bien-être. »

Vainqueur du Challenge hesbignon en 2013 après un superbe duel face à Geoffray Gillet, l’athlète de 42 ans a, depuis lors, décidé de s’orienter vers les parcours plus longs, qui dépassent souvent les 15 kilomètres. «C’est là que j’ai les meilleures sensations, reconnaît Vincent Mottoul. Surtout si le parcours est relativement plat car, par rapport à d’autres, je perds du temps s’il y a des côtes. Être calé sur un même rythme pendant 21 kilomètres ne me dérange pas. C’est même dans ce genre d’effort que je suis le plus fort. »

La gestion de l’effort, voilà justement le gros point fort de Vincent Mottoul, lui qui prend souvent des départs prudents avant de pointer le bout de son nez dans la deuxième partie de course. «Ce n’est pas spécialement voulu, mais j’ai souvent fonctionné comme ça, avoue le Wanzois. Je n’aime pas cette sensation de flancher en cours de route. Cela fait aussi partie de mon caractère, je suis assez prudent, j’ai tendance à gérer mon effort. D’ailleurs, cela m’arrive parfois de rallier l’arrivée avec encore quelques réserves parce que j’aurais pu y aller plus fort (rires).»

Les adversaires de Vincent Mottoul sont d’ores et déjà prévenus. Dès que les courses pourront reprendre, ce n’est pas parce qu’il est lâché que le Namurois est hors course. Loin de là même!

 

Philippe et Noël comme modèles

Comme beaucoup de sportifs, Vincent Mottoul a vécu une année 2020 compliquée puisqu’il n’a plus pris part à la moindre course depuis début mars. «Par rapport à d’autres, j’ai vraiment besoin d’échéances afin de m’entraîner de manière structurée, insiste celui qui a remporté le Challenge Delhalle en 2018. Je continue à m’entraîner, mais bon, ça ressemble plus à de l’entretien qu’autre chose. »

Et pourtant, n’allez pas parler de fin de carrière au Wanzois, lui qui se voit encore continuer des années. «J’espère pouvoir imiter des gars comme Patrick Philippe ou Dominique Noël, confirme celui qui affiche désormais 42 ans au compteur. Même si les performances sont moins bonnes. C’est normal, il faut l’accepter. D’ailleurs, je vois déjà que je ne récupère plus comme avant. Je m’octroierai alors plus de repos. Mais l’envie est toujours là, plus que jamais. »

D’ailleurs, même s’il s’est autorisé quelques excès supplémentaires depuis quelques mois, Vincent Mottoul continue de surveiller son alimentation en vue de performer sur le semi-marathon de Namur en 2021. «Et puis, comme chaque année, j’irai aux 20 kilomètres de Bruxelles. Sans oublier que mon inscription sur le Delhalle est automatique puisque j’ai participé aux deux premières épreuves l’année dernière. Je vais y aller dans le but de viser quelque chose au classement général. » Tout un programme.

 

 

«Les distances du Delhalle me conviennent bien»

Votre course préférée?

Je vais citer La Descente de la Lesse et le Semi-Vert d’Amay, deux épreuves du Delhalle. Et puis, j’apprécie aussi les Foulées de Tihange.

Votre plus belle victoire?

Les Vallons de la Mehaigne en 2013. Un succès qui m’a permis de gagner le Hesbignon.

L’épreuve que vous rêvez de remporter un jour?

La Huy Night Run, mais le niveau y est très relevé.

Qui est votre idole dans le monde de la course à pied?

Je n’en ai pas vraiment.

Pour ou contre les chaussures avec une semelle en carbone?

J’étais plutôt contre, je trouvais que la technologie allait un peu trop loin. Mais si tout le monde s’y met, je risque aussi de craquer.

Votre challenge préféré?

Le Delhalle car les distances me conviennent. Et le programme n’est pas trop chargé.

Après la course, êtes-vous adepte d’une bonne bière ou optez-vous pour un coca?

Une bonne petite bière, ça fait partie du plaisir.

Les entraînements, plutôt sur la piste ou sur route?

Plutôt sur route. Je vais assez rarement à la piste, une fois par semaine en temps normal.