BELGIQUE

PHOTOS | Le premier A400M belge rejoint sa base d’attache… 19 ans après la commande

Ce gros appareil de transport militaire, un quadrimoteur revêtu d’une livre grise, s’est posé à Melsbroek vers 13h45.

Le premier des sept avions de transport Airbus A400M Atlas belges destinés à remplacer les C-130H Hercules quasi cinquantenaires s’est posé mardi après-midi sur sa base d’attache, l’aéroport militaire de Melsbroek, en provenance directe de l’usine en Espagne où il a été assemblé, a constaté sur place l’agence Belga.

Ce gros appareil de transport militaire, un quadrimoteur revêtu d’une livre grise, s’est posé vers 13h45 en utilisant la piste 25G (gauche) de l’aéroport de Bruxelles-National, contigu à la base militaire après un passage à basse altitude et un impressionnant virage.

Deux camions de pompiers de l’aéroport l’ont copieusement arrosé, comme il est de tradition, dans le monde aéronautique, pour des événements marquants.

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, a assisté à l’arrivée de cet avion, issu d’une commande passée par l’un de ses prédécesseurs, André Flahaut, en décembre 2001 pour huit pays européens (le Portugal s’est ensuite retiré du programme).

L’avion, immatriculé CT-02 et porteur de l’inscription «Belgian Air Force», rejoint ainsi l’unique A400M luxembourgeois, livré le 8 octobre dernier à son client et arrivé le lendemain à Melsbroek. Les sept Atlas belge et l’avion grand-ducal équiperont la 20e escadrille, qui se muera en une unité binationale.

La Belgique et le Grand-Duché avaient décidé dès 2001 d’acquérir et d’opérer conjointement ces huit avions de nouvelle génération.

Le premier avion belge, le numéro de série MSN 106 (le 106e construit, sur les 174 commandés à ce jour par sept pays européens et la Malaisie), avait effectué son premier vol fin juillet à Séville, en pleine crise sanitaire du coronavirus qui avait affecté les activités d’Airbus.

L’arrivée de cet Airbus, «c’est vraiment un grand pas en avant pour la composante Air», a souligné Mme Dedonder (PS) à l’agence Belga. «Cela va nous permettre de développer encore davantage notre capacité pour les opérations militaires et humanitaires également. C’est une très bonne chose, ils sont très heureux ici les pilotes que j’ai pu rencontrer», a-t-elle ajouté.

«C’est aussi un bel exemple de coopération européenne», a poursuivi la ministre, qui était accompagnée du chef de la Défense (Chod), l’amiral Michel Hofman, pour effectuer un tour de l’intérieur de l’appareil.

L’A400M, fruit d’une coopération entre sept pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Turquie), est en effet capable de transporter jusqu’à 37 tonnes de fret sur 4.500 km ou 17 tonnes sur 5.800 km et de larguer 116 parachutistes en un seul passage. Le coût total du programme est toutefois passé, au gré des retards et des difficultés techniques, de vingt à plus de trente milliards d’euros.

Les six autres appareils belges seront livrés d’ici 2022, alors que les derniers C-130 – il en reste six sur une flotte qui a compté jusqu’à douze avions – seront progressivement retirés du service d’ici la fin de l’année prochaine.

L’A400M, un «game changer» qui entre en service après des retards et des surcoûts

L’Airbus A400M Atlas, dont le premier exemplaire belge d’une commande de sept avions – plus un huitième pour le Luxembourg – est arrivé mardi après-midi à l’aéroport militaire de Melsbroek, est un programme emblématique de la défense européenne qui a peiné à trouver son rythme de croisière, après des années de retards et des milliards d’euros de surcoûts.

Cet avion quadrimoteur, qui est capable d’effectuer à la fois des missions tactiques et des vols stratégiques à 5.400 km de distance, est censé compenser des lacunes des armées européennes maintes fois constatées en matière de transport aérien.

D’une envergure de 42,4 mètres pour une longueur de 45,1 m, il est capable de transporter, avec un équipage de trois ou quatre personnes, matériels lourds et personnel ainsi que de larguer des parachutistes et des véhicules dans un environnement hostile. Il doit aussi assurer des missions d’évacuation sanitaire et de ravitaillement en vol.

L’A400M dispose à la fois d’une vitesse de croisière élevée (780 km/h) à haute altitude (8.800 m) pour assurer ses missions logistiques rapidement et à grande distance, et d’une capacité à utiliser des terrains sommaires une fois arrivé sur un théâtre d’opération.

Les capacités de l’appareil lui permettent de transporter jusqu’à 37 tonnes de fret sur 4.500 km ou 17 tonnes sur 5.800 km et de larguer 116 parachutistes en un seul passage.

«C’est un avion de transport ‘state of the art’(de pointe, NDLR) mais aussi un ‘game changer’(changeur de donne)», avait commenté vendredi le commandant de la composante Air, le général-major Thierry Dupont, lors de l’arrivée de l’avion luxembourgeois, le CT-01.

Mais le programme a été marqué par de nombreux retards et des difficultés techniques, qui ont fait passer son coût total de vingt à plus de trente milliards d’euros.

Le premier prototype de l’A400 avait effectué sa sortie d’usine en grande pompe, en présence du roi d’Espagne de l’époque, Juan Carlos, le 26 juin 2008 à Séville (sud de l’Espagne), où se trouve la chaîne d’assemblage final.

Il n’avait réalisé son premier vol qu’en décembre 2009, avec près de deux ans de retard sur le calendrier initial.

À l’époque, le Luxembourg et la Belgique, clients de lancement de cet avion de nouvelle génération avec l’Allemagne, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni et la Turquie, espéraient recevoir leur premier exemplaire en 2017 et 2018 respectivement.

À ce jour, 93 appareils sont en service, selon le directeur des ventes et du marketing d’Airbus Defence and Space, Bernhard Brenner. Quatre ont été livrés à la Malaisie, qui reste à ce jour le seul client à l’exportation.

Le programme est mené en coopération par sept pays (Allemagne, Belgique, France, Espagne, Luxembourg, Royaume-Uni et Turquie). La gestion du programme est confiée à l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAr) et sa réalisation à Airbus Defence and Space Espagne. Le moteur est réalisé par EPI (le britannique Rolls-Royce, le français Snecma, l’allemand MTU et l’espagnol ITP).