BRUXELLES

Toilettes, allaitement, éclairage: comment Bruxelles veut concevoir des rues plus sûres et confortables pour les femmes

Toilettes, allaitement, éclairage: comment Bruxelles veut concevoir des rues plus sûres et confortables pour les femmes

Bruxelles pouvait compter auparavant sur cette toilette publique située place de la Bourse. Mais elle a disparu. EdA - Julien RENSONNET

Le conseil communal de la Ville de Bruxelles a approuvé lundi soir à l’unanimité une motion demandant au collège d’intégrer davantage la sécurité et le bien-être des femmes en Ville au rang des paramètres à prendre en compte dans les politiques mises en œuvre, notamment en matière d’aménagements de l’espace public.

Baptisée «Safe in the City», la motion avait été proposée par les conseillers communaux d’opposition Bianca Debaets (CD&V) et David Weytsman (MR) et cosignée par des membres de la majorité communale.

Proposer davantage de toilettes publiques pour femmes, renforcer la féminisation de l’espace public (parcs, places, noms de rues¿), contribuer à faciliter l’allaitement dans des lieux publics, agir sur le sentiment d’insécurité en installant par exemple de l’éclairage intelligent figurent en bonne place parmi les demandes adressées au collège dans la motion approuvée par le conseil.

«Il est essentiel de concevoir l’espace public en pensant beaucoup plus aux femmes et à leurs différents besoins. Lutter pour une sécurité maximale et contre l’insécurité et le sentiment d’insécurité, c’est tout aussi fondamental», ont commenté Bianca Debaets et David Weytsman. Ceux-ci se sont félicités de l’engagement de l’échevine à l’Egalité des chances Lydia Mutyebele (PS), et son prédécesseur Khalid Zian (PS) qui se sont associés à la démarche et de l’ouverture de la majorité à cette thématique sans lui donner de couleur politique.

Pour Bianca Debaets (CD&V), comme d’autres grandes villes, la Ville de Bruxelles n’est pas suffisamment ‘women friendly’. Il y a trop d’endroits où de nombreuses femmes n’osent pas s’aventurer car elles ne s’y sentent pas en sécurité. Il en va de même pour les zones de confort. «Pour trouver des toilettes publiques ou un endroit pour pouvoir allaiter son enfant tranquillement, par exemple, c’est la croix et la bannière alors qu’on parle ici de besoins naturels. Bien sûr, pour certains aspects, la Ville doit travailler avec d’autres acteurs comme la Région ou la STIB, mais il est vraiment essentiel de pouvoir agir au plus vite», a-t-elle commenté.

David Weytsman a quant à lui souligné que selon diverses études, 98% des femmes déclarent avoir déjà vécu du sexisme dans l’espace public, ce qui est «inadmissible» et rend le combat pour rendre la ville beaucoup plus sûre, prioritaire.

À ses yeux, cela passe notamment par une identification plus claire des zones problématiques, via des outils digitaux ou les rapports de police, afin de les adapter en conséquence ou d’y prévoir davantage de personnel de prévention et de sécurité. Le plan éclairage et le plan caméras doivent également être repensés. Les améliorations apportées profiteront aux femmes, mais également à d’autres publics vulnérables, comme les personnes âgées ou les LGBTQI +.