À L’HEURE LOCALE

De plus en plus d’éthique et de local dans leur frigo

Les Belges sont nombreux à s’intéresser aux circuits courts, mais l’adaptation n’est pas toujours facile. Charlotte, jeune convertie, nous livre quelques astuces pour un frigo plus local et éthique.

En collaboration avec l’Apaq-W

Charlotte a 27 ans, elle est éducatrice spécialisée, et elle a radicalement modifié ses habitudes alimentaires. Son frigo, elle le remplit plusieurs fois par semaine, mais différemment. Car en faisant ses courses, en mangeant ou en cuisinant, la jeune éducatrice revendique déjà des choix politiques, citoyens et sociaux clairement marqués.

Si tout le monde s’intéressait à la manière dont il remplit son frigo, ça irait déjà mieux pour l’économie, pour la planète et pour les gens.

Depuis plusieurs années maintenant, Charlotte n’achète sa nourriture que chez des producteurs locaux, tout près de chez elle. Un choix qui s’est imposé par la force des choses et qui résonne chaque jour en elle. « Il s’agit simplement de retourner à ce que nos mères et nos grands-mères faisaient autrefois. »

N’acheter que le nécessaire, des produits frais, non transformés et de saison, une logique qui semble s’être perdue avec le temps pour de nombreux Belges.

Si la pratique demande un peu d’adaptation, elle est accessible à tous. «C’est une question de priorités, il faut avoir envie de le faire mais ce n’est pas si compliqué.»

Une question de priorités

Charlotte a la chance d’habiter à la campagne, dans la commune hennuyère des Bons Villers, au milieu d’un réseau relativement dense de producteurs locaux. Cette situation lui permet de passer régulièrement chez ses producteurs préférés pour acheter des produits frais, plutôt que de faire de grosses courses hebdomadaires.

Il n’est pas obligatoire d’habiter à la campagne pour manger local!

De plus en plus d’éthique et de local dans leur frigo
La Ferme Aux Légumes
En se rendant au travail, Charlotte croise par exemple la route de «La ferme Aux Légumes», une petite ferme familiale qui cultive des fruits et légumes de saison sans pesticides. Les exploitants vendent leur production en self-service, à moins de cinq kilomètres de chez elle.

Cette situation est idéale, mais selon Charlotte, elle n’est pas nécessaire pour modifier ses habitudes alimentaires. De nombreuses plateformes existent aujourd’hui pour permettre à chacun d’acheter sa nourriture en circuit court. Parmi ces nouveaux intermédiaires, eFarmz propose par exemple la livraison de produits bio, de saison et issus d’exploitations locales en un clic sur leur site internet. La Ruche qui dit Oui, ou encore Eat’s Local proposent également le même type de services.

La démarche est globale

De plus en plus d’éthique et de local dans leur frigo
C.VB
En consommant des produits frais et sans conservateurs, la Bonsvillersoise s’est habituée à faire ses courses plus souvent pour éviter que les produits ne pourrissent dans son frigo. Charlotte rationalise ses achats et ne prend que ce qu’elle est certaine de consommer pour limiter ses dépenses, mais surtout pour éviter le gaspillage.

Dans la même démarche, elle récupère un maximum de déchets organiques pour en faire un nouvel usage. Les vieilles peaux de banane de sa colocataire conservées avec de l’eau produiront un engrais naturel et super efficace pour ses plantes. Les peaux des légumes achetés à la ferme sont également surgelées dans une boîte avant d’être recyclées en bouillon de légume.

Mon entourage sait que je déteste le gaspillage, alors on m’apporte parfois du pain sec pour que j’en fasse de la chapelure, c’est génial.

En faisant ses courses chez les producteurs locaux, la jeune femme a dû s’adapter car la conversion demande un peu d’organisation. Une réflexion qu’elle juge pourtant nécessaire: «Si tout le monde s’intéressait à la manière dont il remplit son frigo, ça irait déjà mieux pour l’économie, pour la planète et pour les gens.»

Bien manger, une préoccupation générale

Lors du premier confinement, les Belges ont été nombreux à découvrir les trésors des producteurs locaux près de chez eux. Si les circonstances exceptionnelles ont poussé le phénomène, la tendance s’observait déjà depuis plusieurs années. En 2017, une étude Ipsos indiquait qu’un Belge sur deux accordait de l’importance aux circuits courts pour s’alimenter, avec pour principales motivations la santé, l’environnement et la solidarité envers les producteurs.

Pour toutes les bonnes raisons

En interrogeant certains convertis comme Charlotte, on constate encore d’autres bonnes raisons de remplir son frigo de façon plus locale et éthique.

Par exemple, le goût des aliments de saison, cultivés dans un rapport plus authentique à la nature. «Il ne faut pas attendre beaucoup de goût d’une courgette achetée au mois de décembre. Par contre, en l’achetant en juillet, la saveur du repas sera incomparable.»

Un rapport simplifié

Les «circuits courts» sont définis par les autorités wallonnes comme un mode de commercialisation où intervient au maximum un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Mais ce concept très théorique définit surtout le contexte d’un échange plus humain et plus proche entre les passionnés qui nous nourrissent, et ceux qui remplissent leur frigo en pleine conscience de ce que tout cela implique. La finalité: un rapport plus simple et naturel à ce qui nous fait vivre.


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