WOLUWE-SAINT-LAMBERT

Woluwe-St-Lambert conteste des permis pour plusieurs antennes GSM récemment autorisées

Woluwe-St-Lambert conteste des permis pour plusieurs antennes GSM récemment autorisées

Au-delà du manque de transparence, le collège de Woluwe-Saint-Lambert s’inquiète de la multiplication des antennes émettrices sur un même site. Belga (Illustration)

Le collège de Woluwe-Saint-Lambert a décidé d’introduire auprès du collège régional d’environnement plusieurs recours contre les derniers permis délivrés par Bruxelles-Environnement autorisant l’exploitation d’antennes émettrices en différents sites de la commune.

L’initiative a été lancée par le bourgmestre Olivier Maingain, ainsi que les échevins de l’urbanisme et de l’environnement, Delphine De Valkeneer et de Gregory Matgen.

La commune a indiqué ce jeudi avoir relevé des contradictions et des incohérences dans la procédure de délivrance de plusieurs permis par Bruxelles Environnement.

Selon elle, Bruxelles-Environnement a récemment délivré de nouvelles autorisations pour l’exploitation d’antennes émettrices alors que plusieurs autorisations sont toujours en cours pour la même adresse et le même opérateur. Bruxelles Environnement s’abstient d’indiquer dans sa décision si ces nouvelles autorisations se substituent aux premières ou si elles se cumulent ce qui, par exemple, pour l’église de la Sainte-Famille, porterait à 56 le nombre d’antennes présentes dans son clocher.

En outre, la commune pointe la discordance entre les informations contenues dans les récents permis délivrés et celles reprises sur la carte des antennes émettrices de Bruxelles-Environnement.

De la «transparence»

«Ce manque de lisibilité, de motivation et de transparence dans l’octroi des permis d’environnement entrave le droit d’information du public, le contrôle du respect des normes d’émissions et, plus fondamentalement, l’exercice du contrôle démocratique sur les décisions adoptées par Bruxelles Environnement. Or, il incombe à Bruxelles Environnement d’assurer la transparence dans un domaine aussi controversé que celui des ondes électromagnétiques», a souligné le collège échevinal, par voie de communiqué.

Selon celui-ci, le droit d’information du public et des autorités communales est déjà mis à mal depuis 2014, à la suite d’une modification de la législation régionale, qui a abouti à la suppression des enquêtes publiques préalables à la délivrance d’un permis pour les antennes GSM. Les autorités communales ne sont donc plus consultées, mais uniquement informées par la Région, après la décision d’octroi du permis.

Au-delà du manque de transparence, le collège de Woluwe-Saint-Lambert s’inquiète de la multiplication des antennes émettrices sur un même site et de leur proximité par rapport à des établissements sensibles, tels des écoles.

La commune s’est déjà prononcée en 2014, par le biais d’une motion adoptée par le conseil communal, pour l’interdiction du placement d’antennes émettrices à moins de 100 mètres d’établissements sensibles (écoles, crèches, hôpitaux,…).

MISE À JOUR | Les précisions de Bruxelles Environnement

Bruxelles Environnement a tenu à réagir à cet article: «Nous comprenons l’inquiétude qu’il peut y avoir mais il est très important de rappeler que nous avons un système unique au monde avec une double obligation pour les opérateurs: les antennes d’un seul opérateur ne peuvent à aucun moment dépasser une certaine norme d’exposition, à savoir 6 volts par mètre. Et il y a la même obligation pour les antennes de tous les opérateurs réunis. Ce n’est donc pas le nombre d’antennes qui est important, mais leur puissance. C’est comme un gâteau. Qu’on soit 4 ou 8, sa taille reste la même mais les portions pour chacun seront plus petites. Par ailleurs, nous contrôlons régulièrement les niveaux d’expositions notamment sur base de plaintes», tient à préciser la porte-parole, Pascale Hourman, qui ajoute: «Informer le grand public et être transparent font partie de nos missions, de nos valeurs aussi . Mais c’est parfois plus difficile quand les sujets sont complexes et liée à une technologie qui évolue très vite. Nous invitons la commune de Woluwe-Saint-Lambert à nous contacter si la situation n’est pas claire. Les citoyens eux peuvent aller consulter notre cartographie et le cadastre des antennes sur notre site où toute l’info est disponible. Ils peuvent voir où se trouvent les antennes, à quel stade de régularisation elles se trouvent ainsi que télécharger les permis et les dossiers techniques.»