C’est la crise (COVID), il n’y a pas de travail !

Ferdergon

C’est aussi vrai que la terre est plate. Voilà une réflexion que j’entends beaucoup parmi les personnes sans emploi, les jeunes, … Je suis toujours frappé par la difficulté de bien interpréter les informations diffusées dans les médias.Car, la bonne nouvelle est, au contraire, qu’il y a du travail.

Nous sommes encore marqués par le travail à la chaîne

Le film de Chaplin « Les temps modernes » nous paraît désuet mais, par bien des aspects, le marché du travail ressemble encore à cela. Et, bien à regret, certaines pratiques contribuent à ce que cette image du travail reste vivace.

Par exemple : la logique sectorielle. On peut se réjouir que dans nombre de secteurs, employeurs et travailleurs cotisent pour s’offrir des possibilités de formation… dans le secteur. Et certains secteurs, de grande tradition, sont fort bien organisés.

Mais la logique de secteur peut devenir un enfermement. Nombre de métiers, nombre de fonctions, nombre de compétences peuvent trouver à s’épanouir en dehors du secteur d’origine.

Et s’il y a bien une différence par rapport à l’époque de Chaplin, c’est que la logique métier tend à disparaître. Logiquement, la transférabilité des compétences devrait grandir d’autant. Hélas, ce n’est pas encore le cas. Et ceci constitue un véritable frein à la mobilité sur le marché du travail.

La crise a ceci de positif qu’elle nous montre un chemin possible

Depuis le début de la crise COVID, les médias ont relayé d’intéressantes initiatives. Les magasins Décathlon, fermés, ont trouvé le moyen de renforcer les magasins Colruyt en mettant des compétences, immédiatement transférables, à disposition de cette enseigne très visitée. La mécanique du transfert, qui n’est pas une mince affaire, était assurée par une entreprise de travail intérimaire afin de s’assurer que les droits des travailleurs, de l’employeur d’origine et de l’employeur remplaçant soient parfaitement respectés.
Depuis lors, les exemples fleurissent.

Brussels Airlines, diverses banques, des restaurateurs, … ont rejoint des secteurs, le plus souvent aux antipodes de leur secteur et métier d’origine. Pour reprendre le cas de Brussels Airlines, le multilinguisme, l’orientation client des stewards et hôtesses a été une qualité prépondérante pour leur recrutement dans les centres de tracing COVID où ils font merveille. Il en va de même pour le personnel de l’HORECA, souvent bilingue, habitué aux horaires coupés, à une clientèle parfois difficile, … et que l’on retrouve aussi bien dans des institutions de soins, des hôpitaux que des centres de tracing.

Temporaire ?

Ne s’agit-il que d’emplois temporaires ? Pas du tout. Ces exemples montrent juste une voie.

Nombre de postes de travail vont disparaître avec la crise. Les réorientations vont devenir presque incontournables pour beaucoup de travailleurs qui perdront leur emploi. Loin de devoir être considéré comme un échec, une tristesse, il faut s’en féliciter. Le secteur est mort, vive le secteur !

On peut même espérer que bientôt, le Gouvernement mettra en œuvre sa promesse de compte individuel formation, qui permettra à un travailleur de quitter son poste de travail, son secteur, en emportant avec lui les montants auxquels il a droit en matière de formation et qu’il pourra utiliser, pour se requalifier, intégrer un nouveau secteur et poursuivre sa carrière.

Il paraît qu’en chinois, le mot « crise » et le mot « opportunité » s’écrivent de la même manière. Les chinois auraient-ils raison ?

Arnaud le Grelle / Federgon

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