TOURNAI

VIDÉO | Un hélico de Coxyde pour un plongeur en perdition à Tournai

L’armée est intervenue avec un nouvel hélicoptère de sauvetage, ce mardi, à Barges, afin d’évacuer un plongeur en perdition dans les profondeurs de la carrière de Barges. Une opération qui s’inscrit dans les missions SAR (Search and rescue) de la base de Coxyde, bien connue pour ses interventions en mer du Nord.

Rassurez-vous, le sauvetage opéré ce mardi à Tournai, était en réalité un exercice imposé dans le cadre de l’écolage dispensé aux aspirants plongeurs militaires. Le jeune candidat, David, 23 ans, ignorait cependant qu’il s’agissait d’une épreuve s’inscrivant dans son cursus, la gestion du stress en situation réelle faisant partie de la formation.

Dans un premier temps, le sauvetage était prévu lundi; la ministre de la Défense était d’ailleurs présente sur le site de la carrière de Barges où devait se dérouler cet examen. L’occasion pour Ludivine Dedonder de rappeler combien «il est important que l’armée conserve son rôle d’aide à la nation, notamment dans le cadre de ces missions SAR (Search and Rescue). Ce qui est le cas lorsque les sauveteurs de la 40e escadrille de la base de Coxyde sont appelés à intervenir en mer pour sauver des nageurs en perdition en collaboration avec les secours civils, la police et les pompiers. L’escadrille effectue également pas mal d’autres missions comme le transport de grands brûlés et d’organes. Elle intervient aussi dans le cadre d’opérations plus spécifiques liées à la Marine.»

VIDÉO | Un hélico de Coxyde pour un plongeur en perdition à Tournai
La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, était présente sur le site de la carrière de Barges, lundi, au côté du bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois, du commandant de la base de Coxyde, le colonel Stéphane Roobroek, et du commandant de l’escadrille, le major Steven Boxberger. ÉdA

Que cette épreuve se soit déroulée à Tournai n’a rien d’étonnant; la carrière de Barges est un centre de plongée réputé sur lequel se croisent régulièrement les adeptes de la plongée sportive ou de loisir, une discipline gérée par l’Association tournaisienne de plongée (ATP), et les «pros», comme des militaires, mais aussi des plongeurs des services spéciaux, de la protection civile et des pompiers. Comme le soulignait le bourgmestre, Paul-Olivier Delannois, «c’est une fierté pour la Ville d’accueillir ce type de formation dans des espaces lui appartenant. Entre Tournai et l’armée, c’est une histoire d’amour qui dure depuis bien longtemps…»

VIDÉO | Un hélico de Coxyde pour un plongeur en perdition à Tournai
La carrière de Barges est un site idéal pour l’entraînement à la plongée. Que ce soit pour des amateurs ou des professionnels. Philippe Demeyer

Pour la ministre Ludivine Dedonder, la médiatisation de ce type de démonstration est aussi une manière de susciter des vocations, sachant que l’armée recrute et ce, au sein d’une centaine de corps de métiers différents. Sachez toutefois que si vous souhaitez intégrer l’équipe des plongeurs (qui seront bientôt 9), vous devrez suivre une formation d’environ deux ans, dont 35 heures de vol en tant que sauveteur. Une qualité qui exige une condition physique à toute épreuve et une grande rapidité d’intervention, tout en respectant une sécurité maximale.

Les interventions ont diminué en 2020 grâce ou à cause du Covid

Jusqu’il y a peu, les appareils emblématiques de la base de Coxyde étaient les 5 Seakings. Ceux-ci sont désormais remplacés par 4 NH90 NFH tel que celui que l’on a pu voir évoluer au-dessus de Tournai ce mardi. Soit le lendemain du jour prévu pour l’épreuve, le commandant (mouscronnois) de la base, le colonel, Stéphane Roobroek, en concertation avec le commandant de l’escadrille, le major Steven Boxberger, a en effet pris la sage décision d’annuler l’épreuve lundi en raison des conditions climatiques exécrables.

VIDÉO | Un hélico de Coxyde pour un plongeur en perdition à Tournai
Le NH90 NFH remplace l’emblématique Seaking… Philippe Demeyer

Éviter le suraccident, c’est le B.a.- ba en matière de sauvetage et, dans le cas d’espèce, le plafond était bien trop bas que pour permettre l’intervention sans risque de l’hélico.

Les hélicos de la base de Coxyde sont appelés à sortir entre 80 et 90 fois par an en intervention.

«Cette année, nous ne comptons qu’une cinquantaine de sorties, précise le commandant Roobroek. Ceci s’explique principalement par les mesures de confinement. Il y avait moins de monde sur les plages, donc forcément moins de risque que des nageurs ou autres se retrouvent en difficulté…»

L’escadrille doit cependant faire face à un nouveau type d’intervention, lorsque des bateaux transportant des migrants quittent la côte pour rejoindre Dunkerque, notamment. La 40e escadrille est récemment intervenue dans ce cadre pour éviter la noyade à une migrante tombée à l’eau…

Une petite devinette avant de conclure: savez-vous ce que sont devenus nos bons vieux Seakings? L’un a été cédé au musée de l’armée, un autre à la ville de Coxyde qui devrait le placer en vue dans un avenir proche, un est parti dans une école technique (civile) et deux ont été revendus à la société anglaise Historic hélicopters qui devrait en refaire un correct pour des meetings.

Un exercice (un peu trop) réaliste…

L’exercice de ce mardi consistait, pour le candidat sauveteur, à remonter un plongeur en perdition à une trentaine de mètres de profondeur.

Entre le moment où le sauveteur s’est jeté à l’eau et celui où le plongeur a été évacué vers un centre de soins, il ne pouvait pas s’écouler plus de 15 minutes. Un laps de temps durant lequel le candidat sauveteur a dû prendre un maximum de renseignements auprès du second plongeur de la palanquée resté en surface avant de plonger à la recherche du binôme en difficulté dans les profondeurs, le remonter à la surface de manière sécurisée et lui placer le harnais pour le hisser dans l’hélico où l’attendaient les quatre autres membres de l’équipage (en plus du sauveteur lui-même): deux pilotes, un ambulancier et un ingénieur de cabine. Et pour la petite histoire, 15 minutes, c’est aussi le temps que met cet hélico pour rejoindre Tournai depuis la base de Coxyde…

On l’imagine, cette épreuve exige une sacrée dose de sang-froid ainsi qu’une excellente forme physique.

VIDÉO | Un hélico de Coxyde pour un plongeur en perdition à Tournai
Les remous provoqués par les pales de l’hélico étaient impressionnants… Philippe Demeyer

D’autant que le souffle dégagé par l’hélico – un engin de 11 tonnes tout de même – est impressionnant et provoque de nombreux remous à la surface de l’eau. C’est d’ailleurs ce qui a été à l’origine, ce mardi, d’un incident que n’avaient pas prévu les formateurs. À savoir, la rupture de certains ancrages du ponton de mise à l’eau ainsi que ceux de l’escalier principal permettant de descendre sur la plateforme.

Cette dernière, installée par l’ATP (Association tournaisienne de plongée) qui gère la plongée sportive et de loisir sur le site, permet aux hommes-grenouilles de rejoindre le plan d’eau en toute sécurité.

Le ponton s’est déplacé de plusieurs mètres sous l’effet du souffle provoqué par les pales de l’hélico. Un scénario imprévu qui incitera peut être l’armée à prévoir une autre pour un jeune candidat militaire, mais plutôt dans le domaine logistique cette fois…

VIDÉO | Un hélico de Coxyde pour un plongeur en perdition à Tournai
Soius l’effet du souffle, les point d’ancrage de l’escalier du ponton ont été arrachés et la plateforme s’est déplacée de quelques mètres... Philippe Demeyer