BRUXELLES

PHOTOS | Le nouveau bâtiment de justice Justitia peut accueillir 730 personnes

Le nouveau bâtiment de justice, le Justitia, aménagé dans les bâtiments qui étaient occupés par l’OTAN, avenue du Bourget à Haren, est composé d’une grande salle d’audience, de deux salles «relais» et d’une salle de presse. Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne et la presse ont pu visiter jeudi les locaux, où se tiendront dès lundi les audiences de la chambre du conseil dans le dossier des attentats de Bruxelles.

L’État a alloué un budget d’environ 20 millions d’euros pour les travaux d’adaptation du bâtiment.

Une grande salle d’audience, avec une régie, a été aménagée dans une ancienne cafétéria, pouvant contenir 180 personnes avec la distance de sécurité sanitaire indispensable. C’est dans cette salle que siégera la chambre du conseil, avec juges, greffiers, magistrats du parquet fédéral et avocats des inculpés et de la partie civile.

Deux autres salles ont également été installées à côté, appelées «salles relais», dans lesquelles les personnes constituées partie civile pourront suivre les débats grâce aux écrans et rétroprojecteurs installés, sans être confrontés aux inculpés. Ces deux salles ont une capacité de 550 personnes, en tenant compte de la distance de sécurité sanitaire, selon Filip Heyndrickx, directeur à la Direction Infrastructure du Directorat général Organisation judiciaire du SPF Justice.

Quelque 650 victimes et proches de victimes sont actuellement constituées partie civile, mais d’autres personnes pourraient encore se constituer dès lundi.

Le Justitia contient également une salle de presse où les médias pourront, non pas suivre les débats sur écran car les audiences de la chambre du conseil se tiennent à huis clos, mais y attendre les avocats et autres parties qui souhaiteraient être interviewés après les débats.

Pour le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, le palais de Justice de Bruxelles, bien qu’il soit le plus grand du monde, n’était pas adapté pour tenir de telles audiences impliquant la présence de centaines de personnes et nécessitant une très haute sécurité. «C’est un bâtiment qui a ses mérites mais qui a été construit il y a longtemps, donc quand on parle d’épidémie de coronavirus et de sécurité celui-ci n’est pas adapté. Il fallait trouver une autre solution. Il est question de 1.000 personnes qui seront présentes ici sur le site dès lundi, en comptant les personnes constituées partie civile, les avocats, les inculpés, les policiers et le personnel de justice», a-t-il déclaré à l’issue de la visite, à laquelle étaient également présents le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw, et le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, Haren faisant partie de la commune de Bruxelles.

«C’est une grande responsabilité pour la Belgique de tenir ce procès. J’en suis très conscient», a poursuivi le ministre. «J’en ai beaucoup parlé avec le procureur fédéral et avec la police. Il y a aussi encore cette décision qui doit être prise au Parlement afin de savoir si le procès devra se tenir devant les assises ‘classiques’ou devant des assises avec des juges professionnels. J’ai expliqué hier en commission de la Constitution qu’il fallait prendre une décision le plus rapidement possible. Rendez-vous mardi prochain au Parlement pour voir quelle sera la procédure à suivre. Cette décision, elle est urgente, parce que le procès commence et je ne veux pas prendre de risques juridiques».

Concernant les mesures de sécurité, le bourgmestre Philippe Close a indiqué que la cinquantaine de policiers de la zone locale Bruxelles-Capitale/Ixelles, mobilisés pour ce procès, seront appuyés par la police fédérale. «Ce site, anciennement occupé par l’OTAN, deviendra à terme une nouvelle école européenne», a-t-il aussi annoncé.

Il n’est en effet pas prévu que ces anciens bâtiments de l’OTAN soient utilisés de manière permanente pour les grands procès. «La justice utilisera ces bâtiments pendant quatre ans, mais ils appartiennent au ministère de la Défense et reviendront ensuite au ministère de la Défense», a déclaré Vincent Van Quickenborne.

Une fois les débats au fond des attentats à Bruxelles terminés, le bâtiment ne servira donc normalement plus à la justice. Mais d’ici là, il sera utilisé pour d’autres grands procès, notamment un dossier concernant 79 personnes prévenues pour une vaste escroquerie dans le milieu automobile, fixé en avril prochain, ainsi que pour le procès dans le dossier «Paris bis», dossier périphérique de l’enquête menée en France sur les attentats à Paris de novembre 2015.

Il est par ailleurs à préciser que les débats au fond des attentats à Bruxelles (probablement devant une cour d’assises), estimés pour fin 2021, voire 2022, se tiendront dans une autre salle encore que celle prévue pour les débats en chambre du conseil. Il s’agira également d’une très grande salle, qui n’est pas encore aménagée, et qui le sera dans une autre aile de ces anciens bâtiments de l’OTAN.

Pour les débats au fond, la question d’un suivi des audiences à distance, pour les personnes constituées partie civile, est étudiée. «Un certain nombre de victimes peuvent ne pas pouvoir ou ne pas vouloir se rendre dans la salle d’audience, notamment pour ne pas êtres confrontées aux prévenus», a déclaré le ministre Vincent Van Quickenborne. «Il y a aussi beaucoup de victimes d’autres nationalités que belge, qui pourraient ne pas pouvoir se déplacer. On parle de plus de 30 nationalités différentes. Je veux donc vérifier s’il est juridiquement et technologiquement possible qu’elles puissent suivre le procès en ligne».