TOURNAI

«Pas question d’un Ramdam au rabais»

«Pas question d’un Ramdam au rabais»

Le nouveau Bucquoy, «La dernière tentation des Belges» , avec Wim Willaert, Alice on the roof et Alex Vizorek devait être projeté en avant-première au Ramdam 2021. Cédric Bourgeois

Le 11e Ramdam n’aura pas lieu, en janvier: on s’y attendait! Lesfestivaliers se consoleront avec un cadeau de Noël et cinq «rendez-vous» en 2021.

Après la menace terroriste, la pandémie mondiale n’aura pas raison du Festival du film qui dérange. Mais les conditions nécessaires à son déroulement, du 16 au 26 janvier prochain, n’étant pas réunies, tant s’en faut, les organisateurs n’ont eu d’autre choix que de reporter la onzième édition du Ramdam à 2022.

L’impasse, la rage au cœur

Mercredi, les représentants du conseil d’administration l’ont annoncé, la mort dans l’âme, tant la manifestation attendue par un public de plus en plus nombreux (34 000 spectateurs en 2020) s’annonçait prometteuse: « Nous sommes contraints d’annuler en fonction de divers éléments dont l’impact des dispositions sanitaires que le gouvernement nous a obligés de prendre», justifie le président Jean-Pierre Winberg. Car «l’ADN du Ramdam, c’est la vision de films en salle, devant un large public, invité à participer à un débat avec les équipes à l’issue de la projection

Les échanges, les rencontres, les discussions entre festivaliers pendant dix jours, «cette convivialité intelligence qui fait partie intégrante de l’événement nous apparaît essentielle.» C’est la raison pour laquelle une alternative numérique au festival, un moment envisagée et étudiée, a ainsi été écartée.

Pas question de dénaturer le Ramdam, «de proposer un festival ou même la sauvette». On ajoutera que contrairement à la France, il n’y a vraiment aucune certitude que les salles de cinéma ne rouvrent en Belgique avant le mois de février!

De quoi nourrir des regrets, d’autant que « la sélection des films s’avérait extrêmement riche… » Néanmoins, souligne le commissaire Éric Derwael, cette (nouvelle) épreuve aura permis aux partenaires fondateurs de la manifestation de se recentrer sur l’idée de ce qu’est le Ramdam Festival, sur ses fondamentaux, et de se remettre en question. La tristesse fait place à l’espoir – «On va rebondir!», assure le président – et des nouvelles positives peuvent aussi être annoncées.

Ainsi, Lubna Azabal, l’actrice belge marraine du festival a accepté de soutenir à nouveau l’événement durant les dix prochaines années. Un certain nombre de films estampillés Ramdam se retrouveront par ailleurs dans la programmation «Art et Essai» tout au long de l’année 2021.

Dans l’esprit du festival

En outre, le comité organisateur fixe cinq rendez-vous aux cinéphiles: ceux-ci se présenteront sous la forme d’une journée (soirée comprise) complète, en s’étalant sur cinq ou six mois. Ce sera probablement à partir de mars, et en correspondant dans la mesure du possible à la date de sortie en salle des films, « afin de les accompagner. » En cette période de Noël, les accros du festival bénéficieront encore d’une surprise: le meilleur des dix premières éditions, soit vingt-cinq films (dix documentaires et dix fictions ayant marqué la décennie précédente, mais aussi cinq pépites jamais montrées au festival) seront proposés en streaming sur internet, à un prix très accessible, du 20 décembre au 10 janvier. Même s’il s’agit d’œuvres déjà diffusées, pour ne pas concurrencer Imagix, «techniquement, ce n’est pas évident à mettre en œuvre» précise Éric Derwael. Des activités et animations liées au Ramdam, comme l’exposition de l’artiste belgo-congolais Aimé Mpané, l’auteur de l’affiche, à la galerie Rasson ou les projections de films par les ciné-clubs de Wapi resteront programmées. Jusqu’au bout, soit la dernière réunion du comité de concertation, le conseil d’administration du Ramdam avait gardé espoir d’organiser le festival en janvier. «Il fallait aussi tenir compte que l’espace festivalier, point central et lieu essentiel, est accueilli par Le Magritte et que là non plus, on ne sait pas quand le secteur Horeca reprendra ses activités et pourra recevoir les gens dans de bonnes conditions». La capacité limitée des salles n’aurait pas permis d’accueillir tout le monde, «ce qui aurait été très pénible».

Quant aux personnalités invitées, si les équipes belges ou françaises avaient marqué leur accord pour se déplacer jusqu’à Tournai, au niveau «international», cela s’avérait beaucoup plus délicat.