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L’OTAN classe les années Trump et attend Joe Biden

L’OTAN classe les années Trump et attend Joe Biden

Donald Trump Photo News

L’OTAN tourne mardi la page des années Trump avec la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de l’année et attend avec impatience la prise de fonction du président américain Joe Biden pour resserrer les liens avec les États-Unis.

Le secrétaire général de l’Alliance, le Norvégien Jens Stoltenberg, attend M. Biden à Bruxelles pour un sommet début 2021 -–sans doute couplé à un sommet Union européenne/EÉats-Unis -–et ne cache pas sa satisfaction après l’élection de l’ancien vice-président de Barack Obama.

«C’est une bonne chose pour nous tous. Joe Biden est un fervent partisan de l’OtTAN Nous pouvons espérer resserrer les liens transatlantiques», a-t-il confié lundi lors de la présentation de la réunion des ministres des Affaires étrangères.

Elle sera le dernier rendez-vous avec le secrétaire d’EÉat Mike Pompeo, qui dirige la diplomatie américaine depuis avril 2018. Les discussions se feront en visio-conférence. Elles ont débuté à 14h00 et vont durer deux jours.

La réunion sera consacrée à l’avenir de l’Alliance, mise à mal par la défiance qu’elle inspirait au président Donald Trump, et à sa capacité de s’adapter pour faire face au changement de rapport de force avec le réarmement de la Russie et la montée en puissance de la Chine comme puissance économique et militaire.

«L’OtTANaura l’avenir que ses membres vont lui donner. Il va dépendre du réengagement des EÉats-Unis, de l’engagement des Européens et de la capacité de l’Alliance de traiter les problèmes posés par la Turquie, membre de l’alliance mais en rupture de ban», a commenté un responsable de l’Alliance atlantique.

«Ankara bloque beaucoup de décisions, notamment le partenariat entre l’OtTANet l’Union européenne, mais aussi d’autres partenariats qui ne lui conviennent pas», a-t-il souligné. Les problèmes rencontrés avec la Turquie étaient jusqu’à présent traités bilatéralement par Washington, mais la situation a changé avec le refus de Donald Trump de s’impliquer et «une clarification s’impose sur le rôle que la Turquie veut jouer», insistent plusieurs pays européens.

Un rapport commandé à une dizaine d’experts sur les réformes à envisager pour un meilleur fonctionnement de l’Alliance sera rendu public mardi.

Il formule 138 recommandations et M. Stoltenberg va les utiliser pour nourrir sa propre réflexion et les propositions qu’il va soumettre aux EÉats membres lors du sommet de l’Alliance.

La date n’a pas encore été fixée, mais la tradition veut qu’il suive l’entrée en fonction du nouveau président américain.

Une modification des règles pour les prises de décision est évoquée dans ce rapport, mais elle n’a aucune chance d’être approuvée.

«L’unanimité est requise et il ne faut pas attendre une remise en cause du consensus», a affirmé le représentant d’un pays membre. «Tout le monde a la Turquie à l’esprit lorsque le sujet est abordé, et l’adoption d’un code de conduite qui s’imposera aux alliés est une formule de compromis», a-t-il expliqué.

La Turquie est et doit rester membre de l’OtTAN L’Alliance ne prévoit pas de procédure d’exclusion et personne ne veut cela, a-t-il souligné. «Il faut la volonté politique de dire les choses à la Turquie et de lui demander des clarifications», a-t-il affirmé.

«La meilleure solution pour traiter les différends et les divergences est une discussion franche et l’OtTANle permet», soutient M. Stoltenberg.

Les Alliés attendent du président élu Joe Biden qu’il rende aux EÉats-Unis leur rôle de leader au sein de l’Alliance, mais ils se disent «réalistes».

«Nous savons tous qu’il n’y aura probablement pas beaucoup de changement. Une administration Biden aura une vue précise sur la Chine, sur la Russie et continuera à exiger des efforts des Européens», a commenté un responsable européen.

«Je n’attends pas de changements fondamentaux majeurs dans la stratégie», a-t-il confié.

Le désengagement militaire américain va se poursuivre et les Européens vont être appelés à prendre davantage de responsabilités au sein des missions de l’Alliance en Afghanistan et en Irak, a souligné M. Stoltenberg.

«Des décisions difficiles vont devoir être prises en février 2021 pour la mission en Afghanistan si le processus de paix échoue», a-t-il averti.