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Province de Hainaut: le budget 2021 en équilibre mais plombé par le coût des zones de secours

Province de Hainaut: le budget 2021 en équilibre mais plombé par le coût des zones de secours

Serge Hustache (PS), le président du collège provincial de Hainaut. EdA

Budget de la province de Hainaut pour 2021: les chiffres annoncent un léger bonus, malgré les conséquences de la pandémie du Covid-19 et le financement de plus en plus lourd des zones de secours.

Les instances du Hainaut ont présenté ce mardi le budget provincial pour 2021. Les chiffres annoncent un léger bonus, malgré les conséquences de la pandémie du Covid-19 et le financement de plus en plus lourd des zones de secours. Une révision de la stratégie provinciale pour un plan d’action triennal 2022-2024 est à l’ordre du jour en 2021.

«2021 un an pour se réinventer». Voilà l’objectif mis sur la table par les instances provinciales du Hainaut qui voient dans le prochain exercice «un tournant dans l’histoire récente de la province». Le budget 2021 annoncé de 662.465.928 euros est en léger boni de 61.486 euros après prélèvements.

Nous consacrons en 2021 30 millions d’euros qui sont dédiés au financement des communes dans le cadre des zones de secours

Trouver l’équilibre n’a pas été chose facile, avec les répercussions de la pandémie et, surtout, avec le poids croissant du financement des zones de secours, soit 30% de la dotation communale. «Nous consacrons en 2021 30 millions d’euros qui sont dédiés au financement des communes dans le cadre des zones de secours», a indiqué Serge Hustache, président du Collège provincial et député en charge du budget et des finances.

«Nous avons dû trouver ces 25 millions en 8 mois, à ajouter aux 5 millions déjà prévus, après la demande du gouvernement wallon de consacrer 30% du financement des zones. Cela se fait forcément au détriment d’un certain nombre d’activités que la province mène.» L’augmentation du précompte immobilier, de près de 9 millions d’euros, et le crédit sur les dépenses non-affectées, entre autres, ont permis de trouver le budget nécessaire pour les zones de secours. «Nous avons pu atténuer les choses pour 2021 mais nous avons de très grandes craintes pour l’avenir car nous devrons intervenir dans le financement jusqu’à 60% en 2024.»

À cette problématique s’ajouter l’évolution inquiétante du pourcentage du fonds des provinces dans les dépenses ordinaires, qui est passé de 18% en 2012 à 12% en 2021. «Nous tirons donc la sonnette d’alarme pour ravoir une discussion avec les communes, les Régions sur les disponibilités réelles des provinces et non pas nos moyens supposés.»

Pour Serge Hustache, la province devient le «premier contributeur dans le financement des zones de secours, soit plus d’un tiers, et cela, sans être représentés dans les zones, ce qui est une revendication forte de notre part.» «Ce qui nous inquiète, c’est que les responsables des zones de secours n’ont pas la garantie que leurs budgets ne vont pas exploser à l’avenir», a souligné Serge Hustache, alors que la dotation provinciale à l’horizon 2024 est annoncée à 59,2 millions d’euros, soit le double par rapport à 2021. «On se rend compte que personne ne sait vraiment maîtriser les dépenses des zones, il y a, en fait, une myriade d’incertitudes qui pèse sur la réforme du financement des zones. Je n’ai certes pas été favorable à cette réforme mais nous voulons néanmoins tout mettre en œuvre pour aller le plus loin possible. Toutes les provinces sont confrontées au même problème.»

293 millions pour l’enseignement

Les instances du Hainaut ont annoncé un «aggiornamento» en 2021, soit une révision approfondie du plan stratégique provincial. «Tous les niveaux de la province seront concernés. Ce sera l’occasion de se remettre complètement en question, de tout mettre sur la table, d’envisager une discussion réelle sur nos actions. Le but est de dresser un plan budgétaire triennal 2022-2024 pour répondre ou non à l’évolution du financement des zones de secours Mais il ne sera pas question de toucher à l’emploi provincial.»

On compte en Hainaut près de 8.000 Equivalents Temps Plein (ETP) dont quelque 3.700 dans l’enseignement provincial. Le coût du personnel représente en 2021 67,45% du budget ordinaire (293.210.600 euros).