CORONAVIRUS

Nouvelles mesures: les organisations d’indépendants saluent la réouverture des commerces

Nouvelles mesures: les organisations d’indépendants saluent la réouverture des commerces

Image d’illustration BELGA

Le comité de concertation a décidé de rouvrir les magasins non essentiels dès ce 1er décembre. Si cela ne se fera pas sans condition, la nouvelle a tout de même été accueillie avec soulagement auprès des indépendants et travailleurs du secteur.

 

 

Les indépendants satisfaits de la réouverture des commerces non-essentiels

Les organisations d’indépendants ont salué la décision du Comité de concertation d’autoriser la réouverture des commerces non-essentiels le 1er décembre. Le Syndicat neutre pour indépendants et l’Union des Classes moyennes déplorent cependant le maintien de la fermeture des professions de contact.

Le SNI craint que la fermeture des coiffeurs, esthéticiens ou les autres professions de contact n’engendre un tourisme frontalier aux Pays-Bas et en France. «Le virus ne connaît pas de frontières et cela lui donnera la possibilité de circuler davantage. Nous voulons que les entrepreneurs ayant un métier de contact en Belgique aient très rapidement une perspective», commente Christine Mattheeuws, présidente du SNI.

L’UCM déplore aussi le maintien de la fermeture des métiers dits de contact, «synonyme de catastrophe», selon elle. «Ce sont des centaines d’emplois qui sont concernés. Ne parlons pas du secteur de l’horeca pour qui aucune perspective n’est possible… ou encore les secteurs du voyage, de la culture, de l’évènementiel.»

L’organisation demande la prolongation de mesures de soutien comme le chômage temporaire pour force majeure, le droit passerelle… Un maintien promis par le Premier ministre lors de la conférence de presse consécutive au Comité de concertation.

UCM et SNI saluent tout de même la décision de rouvrir les commerces non-essentiels. Tout comme le Syndicat des indépendants (SDI), dont les membres «à bout de souffle» - – et particulièrement les petits commerces - – ont absolument besoin de relancer leurs activités pour assurer leur survie économique, relève-t-on.

«Alors que la période des fêtes de fin d’année se rapproche à grands pas, des milliers d’indépendants et de commerçants exsangues reçoivent enfin des perspectives concrètes de sortie de crise», commente Daniel Cauwel, président de la fédération patronale.

«Tous les experts reconnaissent aujourd’hui que le virus ne se propage pas dans les commerces. Leur fermeture a handicapé notre économie de manière aussi grave qu’inutile», dénonce-t-il.

La FEB demande de garantir l’assise financière des entreprises

La Fédération des entreprises de Belgique se réjouit de la décision du Comité de concertation de rouvrir les commerces non essentiels à partir de mardi. Elle demande dans le même temps au gouvernement de garantir l’assise financière des entreprises pour les prochaines années.

«La réouverture des commerces non essentiels est une décision extrêmement bienvenue pour les quelque 20.000 magasins et au moins autant de travailleurs indépendants qui peuvent rouvrir leurs portes. Environ 100.000 à 150.000 travailleurs pourront ainsi également reprendre le travail», situe la FEB dans un communiqué envoyé vendredi soir dans la foulée du Comité de concertation.

«La situation économique reste cependant très précaire», rappelle la FEB. Craignant une crise des faillites, elle appelle le gouvernement à élaborer d’urgence un plan de solvabilité. «Ce plan doit contenir des mesures qui renforcent durablement l’assise financière de nos entreprises pour les prochaines années.»

«De nombreux entrepreneurs et entreprises sont au bord du gouffre et c’est d’ailleurs de plus en plus souvent le cas d’entreprises qui étaient saines avant la crise. Nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir afin d’éviter les faillites et les licenciements qui en découlent. Cela nécessite d’urgence un plan ambitieux de mesures structurelles afin de renforcer la solvabilité de nos entreprises», commente Pieter Timmermans, CEO de la FEB.

L’Union wallonne des entreprises a également salué la réouverture des commerces non-essentiels. «Les mesures annoncées aujourd’hui offrent un fameux bol d’air à de très nombreuses entreprises au bord de la rupture, ainsi qu’à leur personnel», estime Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’UWE.

La fédération patronale wallonne déplore que la situation sanitaire ne permette pas encore la réouverture de la totalité des secteurs. Mais elle promet qu’elle fera tout pour les aider et appelle aussi les autorités à les soutenir pour leur «permettre de passer le cap de cette période très délicate et de relancer leur activité lorsque les conditions le permettront».

Comeos se félicite de la réouverture des commerces

La fédération du commerce et des services (Comeos) se réjouit de la réouverture des commerces non-essentiels décidée par le Comité de concertation vendredi. «Ce n’est pas trop tôt. Chaque jour de fermeture représentait une perte de 100 millions d’euros. Je suis heureux que les virologues aient reconnu nos efforts pour permettre aux clients de faire leurs achats en toute sécurité», a commenté le CEO de Comeos, Dominque Michel.

La fédération a toujours martelé que toutes les mesures étaient prises pour garantir la sécurité du personnel et des clients, comme la limitation du nombre de personnes présentes en même temps et l’obligation du port du masque, rappelle-t-elle.

«La jauge fixée à un client par 10 m2 est la plus stricte d’Europe (en France, par exemple, elle est d’un par 8 m2, NDLR) et il sera obligatoire de faire ses achats seul à partir de la réouverture mardi», souligne M. Michel.

Comeos avait mis en garde quant au fait qu’un maintien de la fermeture entraînerait une explosion du shopping transfrontalier. «Selon nos chiffres, des commerces très proches au Luxembourg et aux Pays-Bas ont enregistré, grâce aux clients belges, des chiffres d’affaires en hausse de 50 à 200% par rapport à l’an passé», certains n’hésitant pas à faire de la publicité au-delà de la frontière, relève le CEO de la fédération.