CORONAVIRUS

Coronavirus: un comité de concertation très attendu pour baliser la fin de l’année

Coronavirus: un comité de concertation très attendu pour baliser la fin de l’année

Tenant d’une ligne stricte avec le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, le Premier ministre, Alexander De Croo, a répété son message de prudence ce jeudi après-midi à la Chambre. BELGA

Covid-19: que faut-il attendre de ce nouveau comité de concertation prévu ce vendredi?

Le comité de concertation se réunira ce vendredi après-midi pour évaluer les mesures sanitaires prises jusqu’au 13 décembre pour endiguer la deuxième vague de Covid-19 et organiser la fin de l’année. Des assouplissements sont attendus pour les commerces non essentiels ainsi que la mise au point d’un «instrument de navigation» à plus long terme. Des voix s’élèvent aussi afin de desserrer un peu l’étau pour les fêtes de Noël.

Des personnes mourront alors qu’elles auraient pu rester en vie

Tenant d’une ligne stricte avec le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, le Premier ministre, Alexander De Croo, a répété son message de prudence ce jeudi après-midi à la Chambre. «Soyons clairs, il y aura encore un long chemin à parcourir. Si demain, nous prenons des décisions erronées, nous en payerons les conséquences après-demain. Des personnes mourront alors qu’elles auraient pu rester en vie», a-t-il déclaré avant de parler de «fêtes de Noël à petite échelle».

Dans un courrier cité par la RTBF, Paul Pardon, président du Risk Management Group (RMG), l’un des organes qui suit la crise, a mis en garde les autorités contre «un assouplissement prématuré des mesures restrictives». «Les chiffres restent élevés», fait-il remarquer. Et d’ajouter: «la situation des hôpitaux reste précaire».

Fêtes de fin d’année, commerces, professions de contact… Quid?

Une possibilité d’ouverture des commerces sur rendez-vous est évoquée même si sa mise en œuvre s’avérera sans doute moins évidente qu’il n’y paraît.

Qu’en sera-t-il des professions de contact (coiffure, salons de beauté, etc.)? Rien ne semblait clair ce jeudi en début de soirée.

Quid des fêtes de fin d’année? Dans les rangs politiques francophones, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, plaide depuis plusieurs jours pour un assouplissement mais, jusqu’à présent, le Premier ministre n’a pas fait de pas dans cette direction. Jeudi soir, le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), a en revanche fait savoir qu’il envisageait un assouplissement du couvre-feu la nuit du réveillon de Noël et un élargissement de la bulle sociale à 2, 3 voire 4 personnes pour l’occasion.

La dernière avant la fin de l’année?

La question se posera aussi de savoir si cette réunion du comité de concertation sera la dernière avant la fin de l’année, et dès lors si un phasage sera mis en place.

Le comité de concertation associe le gouvernement fédéral, les Communautés et les Régions. Jeudi soir, un comité ministériel restreint fédéral était prévu pour préparer la réunion. Les différentes entités du pays et leurs diverses sensibilités politiques devront s’accorder sur un ensemble de mesures, en sachant que des règles différentes s’appliquent déjà de l’une à l’autre pour ce qui est des couvre-feux et du port du masque.

Vers une réouverture sous conditions des commerces non-essentiels

Le comité de concertation, qui rassemblera ce vendredi après-midi les principaux ministres du gouvernement fédéral, les ministres-présidents des entités fédérées et les experts sanitaires, devrait autoriser la réouverture sous conditions des commerces non-essentiels, ont laissé entendre deux de ses membres en matinée, alors que le Premier ministre, Alexander De Croo, a répété son message de prudence ce jeudi à la Chambre.

«En tout cas, cela figure à l’ordre du jour du comité de concertation de cette après-midi», a affirmé le vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), au micro de la radio privée Bel-RTL.

«Pour autant qu’elle (cette réouverture) soit bien encadrée, par des règles strictes», a toutefois précisé Dermagne.

«C’est ce à quoi nous travaillons depuis lundi avec les représentants des commerçants, avec les représentants des travailleurs, les syndicats, avec les experts, pour mettre en place des protocoles stricts qui devraient permettre la réouverture des commerces dits non-essenteils dans les prochains jours, a-t-il dit.

«Un consensus s’est dégagé rapidement et il n’y a eu aucune opposition autour de la table»

Le vice-Premier ministre socialiste a souligné qu’un consensus sur la réouverture des commerces non-essentiels existait entre les principaux membres du gouvernement fédéral.

«La question de la possible réouverture des commerces non essentiels, on en a débattu moins d’une demi-heure en kern (comité ministériel restreint, NDLR) lundi, sur une réunion de plusieurs heures. Un consensus s’est dégagé rapidement et il n’y a eu aucune opposition autour de la table. Tout le monde était d’avis qu’il fallait faire quelque chose pour permettre une réouverture strictement encadrée. […] Mais on a été plusieurs à dire: on doit le faire en garantissant les conditions sanitaires à la fois pour les clients, les commerçants et leurs travailleurs», a-t-il affirmé au journal ‘La Dernière Heure’.

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR), a pour sa part qualifié d’»indispensable» la réouverture de ces commerces moyennant des conditions strictes, lors de l’émission Matin Première dont il était l’invité ce vendredi matin.

«Parce que si on ne le fait pas, les risques sont bien plus grands, y compris sur le volet psychologique et mental des gens et y compris sur le volet économique», a-t-il dit, en soulignant combien les indépendants, les commerçants et les PME «galèrent», «souffrent» et «meurent».

M. Jeholet a aussi insisté sur le risque sanitaire que présenterait selon lui le fait de se rendre à l’étranger pour effectuer des achats, dans les pays voisins qui rouvrent leur commerce. «Dites-vous bien que tous les Belges feront les déplacements pour aller chercher des cadeaux, pour aller faire leurs courses. Et ça, en termes de contaminations, cela va être pire que de ne pas les ouvrir», a-t-il lancé.

La fermeture des commerces non-essentiels, dans le cadre de mesures destinées à lutter contre la résurgence du coronavirus en Belgique, avait été décidée le 30 octobre dernier pour une durée de plus d’un mois (du lundi 2 novembre jusqu’au dimanche 13 décembre inclus). Le comité de concertation avait toutefois décidé de laisser le loisir aux clients de commander et d’aller chercher des achats par le biais du système de «click & collect».