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Allemagne: le chef de la diplomatie dénonce les comparaisons des «anti-masques» avec le nazisme

Allemagne: le chef de la diplomatie dénonce les comparaisons des «anti-masques» avec le nazisme

Image d’illustration InkheartX – stock.adobe.com

Le ministre allemand des Affaires étrangères a stigmatisé dimanche les manifestants «anti-masques» qui se comparent aux victimes du nazisme, les accusant de banaliser l’Holocauste et de «se moquer» du courage dont ont fait preuve les résistants.

Lors d’un rassemblement samedi à Hanovre d’opposants aux mesures restrictives imposées pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, une jeune manifestante avait affirmé qu’elle se sentait «comme Sophie Scholl», étudiante allemande exécutée par les nazis en 1943 pour son rôle dans la résistance.

Une vidéo de son intervention a été vue plus d’un million de fois sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se déclarant indignés par ses propos.

«Quiconque aujourd’hui se compare à Sophie Scholl ou Anne Frank se moque du courage dont il a fallu faire preuve pour tenir tête aux nazis», a déclaré M. Maas dans un tweet.

Une telle attitude «banalise l’Holocauste et révèle un oubli inadmissible de l’histoire. Il n’y a aucun rapport entre les manifestations (contre les restrictions anti) coronavirus et les combattants de la résistance. Aucun!», s’est indigné le ministre.

Sur la vidéo, on peut voir un membre du service d’ordre interrompant la manifestante juchée sur une tribune, et dénonçant ses propos qui reviennent à «minimiser l’Holocauste».

«Je ne travaille pas pour la sécurité pour (entendre) de telles absurdités», s’exclame-t-il avant d’être escorté à l’écart.

La jeune femme, qui s’est présentée comme étant Jana, 22 ans, éclate alors en sanglots et laisse tomber son micro avant de quitter l’estrade.

La semaine dernière, une fillette de onze ans s’était adressée à des manifestants «anti-masques» à Karlsruhe (Ouest), en se comparant à l’adolescente juive Anne Frank parce qu’elle avait dû fêter son anniversaire au calme.

Anne Frank, dont le journal rédigé pendant qu’elle vivait cachée aux Pays-Bas sous l’occupation nazie, a été lu par des millions de personnes, a péri dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en 1945.

La comparaison avec Anne Franck a suscité des réactions indignées. La police de Karlsruhe a estimé qu’elle était «inappropriée et de mauvais goût».

L’Allemagne a pendant longtemps mis un point d’honneur à faire face à son passé nazi et à reconnaître «sa responsabilité éternelle» dans l’extermination des juifs.

Le parti d’extrême droite AfD a au cours des dernières années contesté cette culture de la mémoire historique, ses dirigeants appelant à cesser d’expier les crimes du nazisme.

Les mesures prises par le gouvernement pour endiguer l’épidémie ont suscité d’importantes manifestations en Allemagne, rassemblant militants de la gauche radicale, conspirationnistes et extrémistes de droite.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Berlin pour une nouvelle manifestation contre les restrictions anti-Covid.

L’Allemagne a renforcé les restrictions depuis début novembre pour tenter d’endiguer la deuxième vague de contaminations: les restaurants, bars, lieux culturels et centres de loisirs ont été contraints de fermer tandis que les commerces et établissements scolaires ont été autorisés à rester ouverts.

Mercredi, la chancelière Angela Merkel et les seize lands devront décider si des mesures encore plus strictes doivent être adoptées d’ici Noël.

Le ministre des Finances Olaf Scholz a déclaré dimanche au quotidien Bild que les restrictions actuelles «devront sans doute être prolongées pendant un certin temps».