DÉCÈS

Valéry Giscard d’Estaing: 10 moments marquants de sa légende

Valéry Giscard d’Estaing: 10 moments marquants de sa légende

Son incroyable «au revoir»…resté dans toutes les mémoires! -

De son petit-déjeuner avec des éboueurs à sa relation fictive avec Lady Di, Valery Giscard d’Estaing a créé un singulier personnage de James Bond campagnard, plus déroutant qu’on ne pourrait le croire. Il avait le sens du coup médiatique!

1. Le plus célèbre «Au revoir» de l’histoire de la Télévision (1981)

Un grand silence. Un président sortant battu qui reste figé, tel un sphynx. Et puis un «au revoir» comme pour meubler le silence. Et un interminable départ vers la sortie d’un décor qu’il ne semble pas trouver…

Cette séquence est restée… un grand classique. C’était le 19 mai 1981, en direct, sur les principales chaînes françaises, TF1 et Antenne 2, juste avant les JT. On vous la livre en intégralité.

 

Cette sortie est restée mémorable aussi par l’impression d’amertume qu’elle dégageait et ce long départ qui donnait l’impression d’un président déchu (Mitterrand l’avait cette fois battu) qui se détournait de ses citoyens.

 

Il la commente ainsi dans ses mémoires, parues en 2006: «En ai-je trop fait dans ce mot de la fin? Sûrement ni le décor ni le texte qui n’avaient rien de mélodramatique! Peut-être le court ballet de la fin me sera-t-il reproché? Peut-être aura-t-il causé de la peine à certains de ceux qui m’ont regardé? Peut-être n’aurais-je pas dû leur tourner le dos après les avoir regardés dans les yeux en 1974? »

 

Mais voilà, il avait mal évalué…: «La porte était loin. J’avais l’idée d’être assis, de dire mon texte, de me lever et de partir. Je pensais que la porte était à trois mètres, pas à 10 ou 15 mètres»!

 

2. Son «Vous n’avez pas le monopole du cœur» ébranle Mitterrand (1974)

 

C’était un peu plus de 7 ans avant… l’«Au revoir » mythique. C’est le débat «au sommet» entre les deux candidats à la Présidentielle de 1974, où il faut succéder à feu Georges Pompidou.

On appréciera la modestie du décor, quasi une table de café, loin des studios démesurés d’aujourd’hui.

 

Et dans ce débat, Giscard réplique à la phrase de François Mitterrand, qui évoquait une nécessaire plus juste répartition des richesses (de ce point de vue rien n’a changé): «c’est presque une question d’intelligence, c’est aussi une affaire de cœur ».

 

L’autre réplique: «Tout d’abord je trouve toujours choquant et blessant de s’arroger le monopole du cœur. Vous n’avez pas Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur! Vous ne l’avez pas… J’ai un cœur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien. Vous n’avez pas le monopole du cœur

 

On dira que cette phrase restée célèbre lui a conféré un avantage. Il faut dire aussi qu’il n’y avait pas encore eu de président de gauche jusque-là en France. « Je crois que j’ai été élu président de la République, grâce à une phrase de dix mots: “Mais, Monsieur Mitterrand, vous n’avez pas le monopole du cœur!», écrira-t-il dans ses mémoires.

 

Mais en 1981, Mitterrand aura sa revanche.

 

3. Sa liaison imaginaire avec Lady Di a fait jaser pendant 10 ans

 

Malgré son allure guindée et son style hautain, Valéry Giscard d’Estaing a traîné durant toute sa vie (tout comme Chirac, puis Hollande, sans parler de la double vie familiale de Mitterrand) une réputation de séducteur insatiable, ce dont aurait beaucoup souffert son épouse Anne-Aymone.

 

On lui a prêté des tas de liaisons, notamment avec Marlène Jobert, la comédienne, qui a totalement nié. Et puis bizarrement aussi avec Lady Diana, la rumeur d’une aventure qui a perduré et fait partie des plaisanteries qui tournent en boucle à son sujet. Rumeur lancée par un livre de l’ex-président « La Princesse et le Président», sorti en 2009 aux éditions Fallois.

Il y parlait d’une certaine Patricia, princesse de Cardiff, et d’un homme d’État, Henry Lambertye. Tout le monde y voyait lui-même et Lady Di et les ventes décollent.«J’ai inventé les faits, mais pas les lieux ni les décors, que j’essaie de peindre avec une écriture très visuelle», dira-t-il plus tard pour clore le débat.

 

Quel sens du marketing quand même!

 

4. Les diamants de Bokassa n’ont pas fait briller sa présidence

 

Autre affaire qui aura «collé à la peau» de VGE, l’affaire «des diamants de Bokassa» dans les années 70.

 

Elle fait suite à la remise confidentielle de diamants, en 1973, par le président (et futur empereur) de la République centrafricaine Bokassa à Giscard d’Estaing, qui était alors ministre français de l’Économie et des Finances.

 

Le Canard enchaîné révèle cette attribution en octobre 1979, alors que Giscard d’Estaing est devenu président de la République en 1974 et que Bokassa a été renversé du pouvoir, avec la complicité de la France.

Il est considéré que ce scandale contribue à l’échec de Giscard d’Estaing (qui contestait) à l’élection présidentielle de 1981 face à François Mitterrand.

 

5. Pour la télévision, VGE a plusieurs fois joué de l’accordéon

 

En 1973 (un an avant son élection), VGE est interviewé par une des animatrices légendaires des années 70, Danièle Gilbert, reine des émissions du temps de midi.

Et cette fois-là, il sort son accordéon chromatique. Et joue un petit morceau pour la télé. Il paraît que la bande-son fut refaite, car pour des raisons techniques, l’accordéon de Giscard avait été mal enregistré.

 

Qu’importe car cela fait partie de la légende. Il rejouera même quelques notes en 2011, dans le Grand Journal de Canal +.

 

6. Anne-Aymone, son épouse, a parfois fait des gaffes

 

L’Histoire n’a pas toujours été tendre avec celle qui restée depuis 1952 l’épouse de Valéry Giscard d’Estaing: Anne-Aymone Sauvage de Brantes.

Apparemment, le couple s’était rencontré grâce à l’entremise de la mère de VGE, laquelle recherchait un excellent parti pour son fils. Elle avait alors dix-huit ans tandis que lui en avait vingt-six. Ils se sont mariés civilement le 17 décembre 1952 à la mairie du 8e arrondissement de Paris, puis religieusement le 23 à la chapelle du château du Fresne, à Authon dans le Loir-et-Cher.

 

Ils ont eu quatre enfants: Valérie-Anne (1 953), Henri (1 956), Louis (1 958) et Jacinthe (1960, décédée en 2018 d’une longue maladie).

 

Anne-Aymone Giscard était très spontanée et n’aimait pas la vie mondaine et durant la présidence de son mari vivait très peu à l’Élysée.

 

D’où une réputation de gaffeuse liée à quelques anecdotes. Elle n’avait pas forcément le feeling diplomatique qu’il fallait.

 

7. Un matin de Noël, il avait invité trois éboueurs au petit-déjeuner

 

Sous des dehors un peu austères, VGE avait pourtant le sens… du buzz avant la lettre.

 

Ainsi décide-t-il seul, le matin de la Noël 1974, alors qu’il est depuis quelques mois président de la République, d’inviter les éboueurs de l’avenue Marigny (un Français, deux Maliens et un Sénégalais) à abandonner leur benne à 6 heures et à venir prendre à l’improviste un petit-déjeuner à l’Élysée.

La télé les interrogera après coup sur la façon dont tout ça s’est passé.

 

8. Le couple présidentiel s’invitait à dîner chez les Français moyens

 

Comme il n’a que 48 ans (il est le plus jeune président de la Ve République), Giscard veut paraître « innovant ».

 

Fort de son invitation aux éboueurs, il invente peu après le concept du… «Dîner presque parfait» en débarquant avec Anne-Aymone au soir du 22 janvier 1975 chez un couple d’encadreurs.

 

 

L’histoire a retenu que Madame avait préparé en dessert une charlotte aux fraises accompagnée de crème anglaise.

 

9. Il lui a fallu 16 ans pour revendre château familial des Giscard

 

Ce n’est qu’en février de cette année qu’au bout de… 16 ans d’efforts, VGE a réussi à vendre le château de sa famille situé à Chanonat (Puy-de-Dôme).

Il était en vente depuis… 16 ans et a été cédé à un acquéreur auvergnat, selon l’agence immobilière de Clermont-Ferrand qui a réalisé la transaction.

 

Le château de Varvasse, environ 1 000 mètres habitables sur un terrain de près de 14 hectares, a été vendu entre 1 et 1,5 million d’euros, soit la… moitié de son prix initial fixé à 2,9 millions d’euros en 2004,

 

Affaire conclue!

 

10. Giscard d’Estaing, ça rimait aussi avec radin

 

Dans son livre intitulé «VGE, une vie», Georges Valence taxe l’ancien président de radinerie extrême, liée à sa nature de grand bourgeois auvergnat, paraît-il.

 

Il raconte que Valery Giscard d’Estaing n’avait jamais d’argent sur lui et qu’il demandait régulièrement à de jeunes administrateurs de lui prêter quelques francs pour de petits achats, mais qu’il ne les remboursait jamais.

 

Il paraît que quand on était invité chez les Giscard d’Estaing, il fallait regarder les dates de péremption. « La rigueur peut parfois tourner à la pingrerie, écrit Georges Valence. Les jus de fruits servis à la famille de son collaborateur et ami Claude Pierre-Brossolette sont si éventés que Mme Pierre-Brossolette fait signe à ses enfants de ne pas en boire ».